December 15, 2017 / 6:52 AM / 7 months ago

LEAD 4-Airbus remanie sa direction pour éviter une crise de succession

* Tom Enders ne briguera pas un troisième mandat en avril 2019

* Fabrice Brégier quittera le groupe en février

* Guillaume Faury prend la direction d’Airbus Commercial

* Le groupe cherchera son futur patron en interne et en externe

* Paris et Berlin prendront “les meilleurs” pour Airbus-Macron (Actualisé avec déclarations de Macron et Merkel, lettre d’Enders aux salariés)

par Cyril Altmeyer, Tim Hepher et Jean-Baptiste Vey

PARIS/BRUXELLES, 15 décembre (Reuters) - Airbus a confirmé vendredi le prochain départ de son numéro deux Fabrice Brégier, enclenchant un remaniement de sa direction qui laisse les coudées franches au président exécutif Tom Enders pour achever la transformation du groupe d’ici la fin de son mandat, qui ne sera pas renouvelé en avril 2019.

Airbus, qui fait l’objet d’enquêtes pour corruption présumée notamment en France, traverse l’une des plus graves crises de gouvernance de son histoire.

Son conseil d’administration a décidé de confier à Guillaume Faury, patron d’Airbus Helicopters, le soin de succéder en février prochain à Fabrice Brégier à la tête de la division des avions commerciaux, de loin la principale activité du leader européen de l’aérospatiale.

“Le conseil d’administration d’Airbus a décidé de remanier la direction de l’entreprise afin d’assurer une succession en bon ordre au sein du top management d’Airbus”, explique-t-il dans un communiqué.

“Au cours de l’année 2018, le conseil d’administration évaluera des candidats potentiels en interne et en externe pour le poste de CEO en vue de désigner le successeur de Tom Enders dans les délais requis pour une validation lors de l’AGM en 2019.”

Emmanuel Macron a promis d’être vigilant sur l’évolution de la gouvernance du groupe.

“J’attends du ‘board’ les clarifications nécessaires et indispensables et les évolutions sur le plan à la fois du management comme des règles de fonctionnement dans les prochaines semaines”, a déclaré le président français à Bruxelles, à l’issue du sommet européen.

“Pour Airbus, il y a des décisions de gouvernance qui sont à prendre au niveau du conseil d’administration, nous sommes vigilants car nous sommes actionnaires, clients, supports à l’export”, a-t-il poursuivi. “Nous prendrons donc les meilleurs en veillant à ce que les équilibres, comme l’a dit la chancelière (allemande Angela Merkel), des différentes nations soient respectés, en poursuivant l’intérêt de la compagnie.”

ENDERS ASSURERA UNE TRANSITION EN DOUCEUR

C’est le quatrième départ cette année au sein de la direction d’Airbus, après celui du responsable de la stratégie Marwan Lahoud en février et ceux bientôt effectifs du directeur commercial John Leahy et du directeur de la technologie Paul Eremenko.

Tom Enders a assuré qu’il garantirait une transition en douceur.

Le président exécutif d’Airbus a adressé un courrier aux salariés, que Reuters a pu consulter, les exhortant à laisser le conseil d’administration lui trouver un successeur sans être distraits par les spéculations.

Tom Enders a réorganisé le groupe en profondeur, renonçant à chercher à équilibrer les activités civiles et militaires face au poids grandissant des ventes d’avions commerciaux avec la croissance attendue du trafic, notamment en Asie.

L’Allemand, qui a fait le ménage dans les activités de défense et logé les activités de lanceurs spatiaux dans une coentreprise à parité avec Safran, Ariane Group, a cherché à réduire l’influence de la France et de l’Allemagne, qui ne détiennent plus chacune que 11% du capital d’Airbus.

Selon plusieurs sources, Fabrice Brégier n’a pas réussi à obtenir le soutien de l’Elysée ni celui de Denis Ranque, président du conseil d’administration, confortant le changement culturel voulu par Tom Enders.

UNE TRANSITION TRÈS SURVEILLÉE

En Bourse, l’action Airbus a peu réagi (-0,11%) aux dernières annonces du groupe, qui ouvrent une période d’incertitudes en matière de gouvernance, interviennent après de nombreux articles de presse annonçant la fin prochaine du tandem Enders-Brégier.

Pour Sandy Morris, analyste chez Jefferies, Airbus pourrait ainsi de plus en plus ressembler à son rival Boeing.

“Nous ne sommes pas naïfs au point de considérer que d’aussi grandes entreprises puissent être libérées de toute considération politique, mais un gouvernement surveillant Boeing est très différent de deux gouvernements européens, ou plus, surveillant Airbus”, écrit-il dans une note.

“Le plan de succession managérial d’aujourd’hui - annoncé plus tôt que nous l’anticipions - pourrait apaiser cette inquiétude.”

A 56 ans, Fabrice Brégier était présenté comme l’héritier naturel de Tom Enders après avoir orchestré la montée en cadence sans heurts du long-courrier A350, loin des déboires du très gros porteur A380 dans les années 2000, ainsi que la transition de l’A320 et de l’A330 vers leurs versions “neo” remotorisées.

Airbus doit encore sortir le programme d’avion de transport militaire A400M de l’ornière après de nouveaux retards.

“Le ‘timing’ paraît plutôt bon d’un point de vue des perspectives de risques : l’A350, la transition A320ceo/neo et, espérons-le, l’A400M devraient être dans le rétroviseur en 2019”, estime Barclays dans une note.

“La clé pour nous, à ce stade, c’est une transition en douceur dans le cadre du laps de temps jusqu’en 2019 annoncé aujourd’hui.” (Avec Blandine Hénault et Dominique Rodriguez)

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