December 14, 2017 / 4:26 PM / 4 months ago

Le marché parie sur un relèvement de l'offre d'Atos sur Gemalto

* L’action Gemalto se maintient malgré son refus de l’offre d’Atos

* Des analystes parient sur une offre relevée à 50-55 euros

* La famille Quandt, actionnaire de Gemalto, opposée à l’offre

par Cyril Altmeyer et Mathieu Rosemain

PARIS, 14 décembre (Reuters) - Les analystes parient jeudi majoritairement sur un relèvement de l’offre de 4,3 milliards d’euros d’Atos sur Gemalto au lendemain de son rejet par sa cible, qui la juge insuffisante.

L’action du spécialiste de la sécurité numérique cède juste 0,14% à 46,935 euros avant la clôture de la Bourse, au-dessus du prix de 46 euros, coupon attaché, proposé par la SSII dans son offre du 28 novembre révélée lundi soir et maintenue mercredi soir, en dépit de son rejet par Gemalto.

Le titre du groupe présidé par Thierry Breton perd de son côté 2,8% à 130 euros, après avoir fortement monté en réaction à son projet, qui lui permettrait de monter en puissance dans la protection des données et la cybersécurité.

“Comme l’opération pourrait être fortement relutive en termes de bénéfice par action, il est probable qu’Atos relève son prix, avec plus de garanties pour les actionnaires”, écrit dans une note Gregory Ramirez, analyste chez Bryan Garnier.

“Mais nous jugeons que les OPA hostiles ne sont pas dans la culture d’Atos et si Gemalto reste aussi peu coopératif, l’opération pourrait finalement ne pas se faire”, ajoute-t-il.

Même sans prendre en compte les synergies, l’opération pourrait être relutive d’au moins 25% pour le bénéfice par action et Atos pourrait proposer 50-55 euros par action, estime l’intermédiaire.

Pour Richard-Maxime Beaudoux, analyste chez Bryan Garnier, il n’est pas surprenant que le conseil d’administration de Gemalto rejette l’offre d’Atos, qui offre certes une confortable prime, mais seulement sur les deux ou trois derniers mois. Reste que le prix de 46 euros représente une décote de quelque 17% par rapport au cours affiché par Gemalto en début d’année.

Le timing est peu propice pour Gemalto, ajoute-t-il, puisque le groupe doit présenter son nouveau plan pluriannuel le 13 mars.

DES SYNDICATS DIVISÉS

La famille Quandt, premier actionnaire de Gemalto avec plus de 10% du capital, a approuvé jeudi publiquement le rejet de l’offre d’Atos voté mercredi soir à l’unanimité par le conseil d’administration du groupe enregistré aux Pays-Bas.

Atos n’a pas souhaité faire de commentaire sur ce point, ni sur le calendrier du dépôt de l’offre auprès de l’AFM, l’autorité réglementaire néerlandaise.

Bpifrance, deuxième actionnaire avec 8,3% mais sans siège au conseil, n’a pas souhaité faire de commentaire supplémentaire après avoir dit mercredi voir d’un bon oeil la consolidation entre deux acteurs français, en réponse à une question sur un mariage Atos-Gemalto.

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances, a indiqué que l’Etat serait dans ce dossier particulièrement vigilant sur les questions liées à l’emploi, aux investissements et à la préservation des technologies de pointe.

Gemalto, qui a réduit de moitié son objectif de bénéfice opérationnel pour 2017 après des difficultés dans les cartes SIM et les cartes bancaires aux Etats-Unis, a annoncé le 30 novembre un projet de 288 suppressions de postes en France, soit près de 10% de ses effectifs dans le pays.

Anthony Vella, représentant de la CFE-CGC, l’un des principaux syndicats de Gemalto en France, a dit souhaiter une rencontre entre les représentants du personnel et le patron d’Atos pour connaître sa position sur le plan social. “Le sujet de l’OPA de Thierry Breton sur Gemalto, c’est un élément qu’on aimerait introduire dans les discussions qu’on a avec la direction sur le plan social”, a-t-il dit à Reuters.

“On s’en sert parce qu’on y voit une opportunité de conserver l’emploi”, a-t-il ajouté.

Philippe Vallée, le PDG de Gemalto, a rencontré les syndicats français jeudi matin pour leur dire que l’offre d’Atos était hostile et qu’il n’était pas dans leur intérêt de la soutenir, a ajouté Anthony Vella.

“Philippe Vallée a clairement peur de perdre son job”, a déclaré de son côté Alexandre Benoit, délégué syndicat central de CFDT, à la suite de cette rencontre.

Il estime de son côté qu’un rachat par Atos serait encore pire pour les salariés, se basant sur les 190 millions d’euros de synergies promises mercredi par le directeur financier d’Atos, Elie Girard, qu’il évalue à 2.000 emplois supprimés.

“Nous serons perdants dans les deux cas”, a-t-il ajouté.

UBS estime que l’offre d’Atos ne reflète pas un partage équitable des synergies potentielles, faisant écho à un point soulevé par Gemalto, valorisé par la banque à 49 euros par action, voire 63 euros dans son scénario le plus favorable.

Invest Securities se montre, lui, sceptique sur un mariage de deux groupes aux métiers très différents dont la complémentarité semble “discutable”, citant notamment ses doutes sur l’intérêt pour Atos d’acquérir les cartes SIM et cartes bancaires de Gemalto.

Avec Blandine Hénault, Arno Schuetze à Francfort, édité par Jean-Michel Bélot

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