December 14, 2017 / 1:36 PM / 9 months ago

LEAD 1-Zone euro-Le secteur privé démarrera 2018 en force

par Jonathan Cable

LONDRES, 14 décembre (Reuters) - Le secteur privé de la zone euro termine l’année sur un pic d’activité de près de sept ans à la faveur d’une hausse de la demande comme des pressions sur les prix, tandis que les composantes avancées des indices PMI laissent entrevoir une activité toujours aussi soutenue au début de 2018.

Les résultats des enquêtes préliminaires menées auprès des directeurs d’achats sont supérieurs aux attentes des économistes interrogés par Reuters, le secteur manufacturier ayant atteint en décembre son rythme de croissance le plus élevé depuis que ces enquêtes existent, soit une vingtaine d’années.

Ces solides statistiques de décembre tombent alors que la Banque centrale européenne (BCE) s’apprête, à partir de janvier, à réduire de moitié le montant mensuel de ses achats d’actifs, à 30 milliards d’euros.

La BCE, qui a laissé ses taux directeurs inchangés, devrait relever ce même jeudi certaines de ses prévisions économiques.

Malgré dix années de politique monétaire ultra-accommodante, la BCE n’a pas réussi à relancer l’inflation vers son objectif d’un taux inférieur à, mais proche de, 2%. Ce qui signifie que les signes de pressions à la hausse sur les prix, dans la dernière enquête PMI, seront bien accueillis, même si ces pressions sont légèrement moins fortes qu’en novembre.

L’indice PMI flash composite, qui regroupe les données des secteurs secondaire et tertiaire, s’est ainsi établi à 58,0, soit son niveau le plus élevé depuis février 2011, contre 57,5 en novembre et un consensus à 57,2.

Tout indice au-dessus de la barre des 50 dénote une activité en croissance.

“C’est une magnifique conclusion de l’année (...) Nous avons un tableau d’une croissance vigoureuse reposant sur une large assise”, a déclaré Chris Williamson, économiste chez IHS Markit.

Selon lui, ces données laissent entrevoir une croissance de 0,8% au quatrième trimestre, alors que la dernière enquête Reuters avait fait ressortir une prévision de croissance de 0,6% sur la période. Si ce taux de croissance est avéré, il atteindrait son plus haut niveau depuis le début de 2015.

“Le PIB du quatrième trimestre s’annonce de toute beauté”, renchérit Bert Colijn, économiste chez ING.

BELLES PERSPECTIVES

Les PMI en France et en Allemagne montrent que les deux premières économies du bloc sont toutes les deux en forte croissance.

En France, le PMI composite est resté à un niveau élevé en données préliminaires malgré un léger recul sur novembre, à 60,0 contre 60,3. Il dépasse les attentes des économistes qui étaient à 59,4 et le seuil de 50,0 pour le 18ème mois d’affilée.

L’optimisme des chefs d’entreprises français sur les douze mois à venir est en hausse dans l’industrie et les services.

“La France mène le bal en termes de taux de croissance global au quatrième trimestre”, a déclaré Chris Williamson.

“Le fait qu’(elle) soit sortie de son marasme et que la croissance de son économie ait accéléré tout au long de l’année pour finir sur une note aussi haute est un facteur clé dans la bonne santé de la zone euro dans son ensemble”, a-t-il ajouté.

En Allemagne, le secteur privé a enregistré en décembre son taux de croissance le plus soutenu en plus de six ans et demi. L’indice PMI flash composite s’est établi à 58,7 contre 57,3 en novembre, nettement au-dessus du consensus qui était à 57,2.

Les anticipations des entreprises allemandes sont au plus haut depuis que cette composante a commencé à être mesurée vers la mi-2012, malgré l’absence d’un nouveau gouvernement allemand trois mois après les élections législatives.

“Les entreprises semblent ignorer toute préoccupation politique pour se concentrer uniquement sur la demande, qui augmente de manière très soutenue aussi bien dans le pays qu’à l’international”, a dit l’économiste d’IHS Markit.

Dans la zone euro, la croissance des nouvelles commandes a atteint un niveau qu’elle n’avait pas connu depuis plus de dix ans - avec un sous-indice à 57,9 contre 57,3 en novembre - et un rythme d’embauche à son plus haut niveau depuis près de 20 ans.

L’indice PMI des services du bloc en données préliminaires a été meilleur que prévu en décembre, à 56,5 contre 56,2 en novembre et contre 56,0 attendu, et le PMI manufacturier a aussi été supérieur aux attentes, à un record de 60,6 contre 60,1 en novembre, alors que les économistes attendaient en moyenne 59,8.

Le sous-indice de la production, qui entre dans la composition de l’indice composite, a atteint 62,0, son plus haut niveau depuis avril 2000, contre 61,0 en novembre.

Le sous-indice des anticipations des entrepreneurs a atteint de son côté un pic de trois mois à 65,6 contre 64,8 en novembre.

De plus, le rythme d’augmentation des stocks de matières premières des usines en zone euro est à son troisième plus haut niveau historique, ce qui laisse entendre que les entreprises s’attendent pour l’avenir à une hausse de la demande. Son indice a atteint 52,3 contre 52,1, du jamais vu depuis début 1998.

“La demande actuelle est très forte (...) et les entreprises se préparent à une période faste”, dit Chris Williamson. (Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)

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