December 7, 2017 / 3:27 PM / 10 months ago

Zone euro-Vers des émissions souveraines nettes positives en 2018

* Le ralentissement des achats de la BCE influera sur l’équilibre du marché

* L’offre nette de dettes souveraines à +€3 mds en 2018-ABN Amro

* Elle a été négative au cours des trois années précédentes

* De fortes divergences entre Etats

par Dhara Ranasinghe

LONDRES, 7 décembre (Reuters) - Les émissions de dettes souveraines au sein de la zone euro pourraient dépasser l’année prochaine les montants achetés par la Banque centrale européenne (BCE) pour la première fois depuis le lancement de son programme d’assouplissement quantitatif en 2015 et ce sera entre autres le cas pour la France, qui prévoit d’augmenter ses appels au marché.

La BCE a annoncé qu’elle réduirait de moitié, à 30 milliards d’euros, le montant de ses achats mensuels d’actifs à compter du mois de janvier tout en les prolongeant jusqu’en septembre.

Au cours des trois années écoulées, les interventions de la BCE se sont traduites par une baisse du volume d’émissions souveraines nettes de ses achats pouvant atteindre jusqu’à 400 milliards d’euros, selon certains estimations. La pénurie de titres qui en a résulté a précipité une grande partie de la courbe des taux dans les différents pays de la zone euro en territoire négatif.

“Cette année, les achats de la BCE sont bien plus importants que les émissions nettes. L’année prochaine, les achats de la BCE seront à peu près équivalents aux émissions nettes”, a dit Seamus Mac Gorain, gérant obligataire chez JPMorgan Asset Management.

ABN Amro s’attend à des émissions souveraines nettes positives pour la première fois depuis le lancement du programme d’assouplissement quantitatif de la BCE, au printemps 2015.

La banque anticipe un montant d’émissions nettes ajusté en hausse de trois milliards l’année prochaine, contre un solde négatif de près de 300 milliards cette année.

Même les établissements qui anticipent que la demande de la BCE dépassera les nouvelles émissions prévoient une nette réduction de cet excédent.

DE FORTES DIVERGENCES

“Le marché de la dette souveraine de la zone euro sera bien soutenu en 2018 avec une BCE qui absorbera pratiquement tout le flux des nouvelles émissions”, a dit Kim Liu, stratégiste obligataire d’ABN Amro.

“Cela s’ajoutera au stock existant de dettes souveraines déjà au bilan de la BCE. Mais cela restera moins favorable qu’en 2017.”

Les stratégistes obligataires s’attendent aussi à de fortes divergences dans l’offre et par conséquent dans les conséquences des achats de la BCE au sein de la zone euro.

Les émissions souveraines de la France et de l’Italie devraient en particulier excéder les achats attendus de la BCE l’année prochaine.

Paris a d’ores et déjà expliqué, à l’occasion de la présentation du projet de loi de Finances pour 2018, que ses émissions de dette à moyen et long terme atteindraient 195 milliards d’euros l’année prochaine contre 185 milliards cette année en raison de la hausse des tombées et du déficit budgétaire..

L’Agence France Trésor (AFT), qui gère la dette de l’Etat, détaillera son programme d’émission le 14 décembre.

“Nous estimons que les émissions nettes des achats de la BCE devraient atteindre 32 milliards d’euros, le premier montant positif depuis 20134”, a dit Antoine Bouvet, stratégistes taux chez Mizuho.

En revanche, les émissions nettes de l’Allemagne ou des Pays-Bas devraient demeurer en territoire négatif.

Aux Pays-Bas, les rentrées fiscales liées à la reprise économique et les produits de cessions d’actifs devraient réduire le besoin de financement de l’Etat et se traduire par des émissions nettes négatives pour la troisième année consécutive.

La contraction du marché de la dette souveraine dans ces deux pays du “coeur” de la zone euro explique que les achats de la BCE favorisent le maintien des taux long à de très bas niveaux.

“En rapprochant nos prévisions d’émissions du montant anticipé des achats de la BCE, il devient clair que le flux des interventions ce cette dernière demeure un facteur important, même après une division par deux des montants”, a dit Benjamin Schroeder, stratégiste taux chez ING.

L’accélération de la reprise économique au sein de la zone euro devrait se traduire par une diminution globale du montant des émissions souveraines.

Commerzbank, ING et ABN Amro s’attendent ainsi à une diminution du montant des émissions brutes de 40 à 75 milliards à l’échelle de la zone euro l’année prochaine.

Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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