December 5, 2017 / 10:03 AM / 5 months ago

L'OCDE plaide pour une poursuite des réformes des retraites

* Ralentissement des réformes au cours des deux années écoulées

* Inquiétudes persistantes sur la soutenabilité financière

* L’emploi des seniors doit progresser

PARIS, 5 décembre (Reuters) - De nouvelles réformes des retraites, complétées par des mesures visant à favoriser l’emploi des seniors, sont indispensables dans les pays de l’OCDE pour assurer à la fois la pérennité financière des systèmes de retraites et un revenu suffisant aux populations âgées, estime l’Organisation de coopération et de développement économiques.

Dans son Panorama des pensions 2017 publié mardi, l’OCDE note que le rythme et l’ampleur des réformes des retraites ont diminué au cours de deux dernières années.

Une évolution reflétant le contrecoup des nombreuses réformes très importantes entreprises entre 2008 et 2015 à la suite de la crise financière mais aussi “le reflux des pressions budgétaires les plus aiguës dans un certain nombre de pays (qui avaient constitué) un aiguillon aux réformes visant à améliorer la viabilité financière des systèmes”, observe Hervé Boulhol, économiste à l’OCDE.

Entre septembre 2015 et septembre 2017, douze des 35 membres de l’organisation ont modifié le niveau des cotisations, principalement à la hausse (dont l’Australie et le Canada), douze pays ont changé le montant des pensions soit pour l’ensemble des retraités, soit pour certains groupes seulement (dont le Canada, la Finlande, la France et la Grèce) et trois pays (Danemark, Finlande, Pays-Bas) ont repoussé l’âge légal de la retraite.

Selon les législations en vigueur, d’ici à 2060-2070, l’âge de départ à la retraite (pour les personnes de 20 ans arrivées sur le marché du travail l’an dernier et ayant une carrière complète) va augmenter dans la moitié des pays de l’OCDE, d’un an et demi pour les femmes et de deux ans en moyenne pour les hommes, pour s’établir juste en dessous de 66 ans.

FAVORISER LES “RETRAITES FLEXIBLES”

Mais cette moyenne recouvre de fortes différences d’un pays à l’autre, de 60 ans au Luxembourg, en Slovénie et en Turquie à 74 ans au Danemark.

Pour les actifs ayant une carrière complète, l’âge futur de la retraite devrait ainsi dépasser 68 ans au Danemark, en Italie et aux Pays-Bas (où il est indexé sur l’espérance de vie).

En revanche il restera inférieur à 65 ans en France , en Grèce, au Luxembourg, en Slovénie et en Turquie.

Pour autant, “face à l’accélération du vieillissement de la population (avec des seniors à la fois plus nombreux et vivant plus longtemps), au creusement des inégalités pendant la vie active et aux mutations affectant la nature du travail”, ce recul de l’âge de la retraite ne dissipe pas totalement les inquiétudes concernant la viabilité financière des systèmes de retraites, notent les auteurs du rapport.

L’OCDE préconise donc des mesures visant à indexer automatiquement les prestations de retraite sur l’évolution démographique, une piste “prometteuse” déjà mise en oeuvre dans plusieurs pays.

Mais dans la mesure où ces différentes réformes vont se traduire par une diminution des pensions, des mesures visant à favoriser l’emploi des seniors en fonction de leur santé sont également indispensables pour garantir un revenu suffisant aux populations âgées.

La “hausse spectaculaire” du taux d’emploi des 55-64 ans - de 44,0% en 2000 à 58,4% en 2016, en moyenne doit “se poursuivre et s’étendre aux pays qui sont en retrait, comme l’Espagne, la Grèce, le Luxembourg et la Turquie par exemple.

L’OCDE suggère donc de favoriser les “retraites flexibles”, c’est-à-dire la possibilité de cumuler pension et travail rémunéré ou de choisir le moment du départ à la retraite.

RISQUES DE PENSION INSUFFISANTE

Cette option, déjà ouverte dans de nombreux pays, constitue toutefois “un instrument à double tranchant”, observe l’OCDE, en mettant en garde contre des départs en retraite prématurés se soldant par une pension insuffisante par rapport à des besoins financiers futurs sous-estimés.

Pour éviter de telles situations, des mesures “restreignant de fait les retraites flexibles anticipées” seront donc “sans doute nécessaire(s)”, avec une admission à la retraite anticipée fixée à un âge suffisamment tardif pour permettre un cumul de droits à pension suffisant.

Au-delà d’une information “claire et sincère”, pour avoir une réelle liberté de choix concernant leur départ à la retraite, “il faudrait que le report éventuel (...) soit suffisamment avantageux (...), qu’un départ anticipé de quelques années (...) ne soit pas pénalisant à l’excès” et que les possibilités de modulation “restent subordonnées à l’équilibre financier du système de retraite”, souligne l’organisation.

Au-delà des seules politiques des retraites, le soutien à l’emploi des seniors passe également par mesures concernant le marché du travail, par exemple en incitant les employeurs à les maintenir en poste ou à les recruter.

“Les pays de l’OCDE ne doivent pas attendre la prochaine crise pour mettre en oeuvre les réformes nécessaires”, qui doivent non seulement porter sur les politiques de retraites, en allant vers un dispositif de retraite unique pour tous les travailleurs, mais aussi lutter contre les inégalités tout au long des carrière, concluent les auteurs du rapport. (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse)

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