December 1, 2017 / 9:56 AM / 5 months ago

LEAD 1-Zimbabwe-Des officiers nommés aux postes clés du gouvernement

(Précisions, réactions)

par Emelia Sithole-Matarise

HARARE, 1er décembre (Reuters) - Le nouveau président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, a nommé vendredi plusieurs officiers de haut rang aux postes clés de son gouvernement et reconduit aux Finances un ancien ministre de son prédécesseur Robert Mugabe.

Mnangagwa a été investi à la tête de l’Etat d’Afrique australe vendredi dernier, après la démission de Robert Mugabe, 93 ans, sous la pression des militaires dont le rôle se voit aujourd’hui récompensé.

Il a nommé le général d’aviation (Air Marshal) Perrance Shiri au poste de ministre du Territoire et le général Sibusiso Moyo à celui de ministre des Affaires étrangères.

Patrick Chinamasa retrouve le portefeuille des Finances qu’il avait déjà détenu sous la présidence de Mugabe et où il n’avait pourtant guère brillé, aux yeux de nombreux observateurs. “La loyauté prime la compétence” dans ce cas, a commenté l’économiste Anthony Hawkins.

Il avait été nommé en octobre ministre de la Cybersécurité, un portefeuille nouvellement créé, et remplacé aux Finances par Ignatius Chombo, un proche de la première dame déchue Grace Mugabe, aujourd’hui poursuivi pour corruption.

L’éviction d’Emmerson Mnangagwa du poste de vice-président un mois plus tard, interprétée comme une manière de briser toute résistance à l’ascension politique de Grace Mugabe, a débouché sur la prise de pouvoir par les militaires le 15 novembre et le départ de Robert Mugabe le 21 novembre.

C’est le général Moyo qui avait annoncé à la télévision, aux premières heures du 15 novembre, l’intervention de l’armée.

“GOUVERNEMENT EN KAKI”

L’Air Marshal Shiri, lui, est l’ancien commandant de la “5 Brigade”, unité entraînée par les Coréens du Nord qui a joué un rôle central dans les massacres de Gukurahundi dans la Matabeleland en 1983, où 20.000 personnes avaient été tuées.

“Pour de nombreux observateurs, c’est l’armée qui reçoit aujourd’hui sa récompense - et affirme aussi son autorité”, a écrit sur Twitter l’analyste politique Alex Magaisa, basé à Londres.

Si les proches de Grace Mugabe ont été écartés par le nouveau pouvoir, de nombreux anciens alliés de l’ex-président, qui tenait les rênes du pays depuis l’indépendance en 1980, sont toujours en poste, une déception pour tous ceux qui espéraient une nette rupture avec le passé.

Chris Mutsvangwa, qui dirige la puissante association des anciens combattants de la guerre de libération, devient ministre de l’Information.

Les partisans de Grace Mugabe, regroupés au sein du groupe G40, ont dénoncé un “gouvernement en kaki”.

“Même le #Nigeria n’avait pas autant de chefs militaires au gouvernement à l’époque des coups d’Etat!”, a écrit sur Twitter l’ancien ministre de l’Information Jonathan Moyo, qui est entré dans la clandestinité.

Désormais à la tête du pays, Emmerson Mnangagwa est attendu sur ses résultats, notamment économiques, avant les élections de l’an prochain.

Il a déclaré mardi qu’il entendait constituer un gouvernement plus restreint en fusionnant plusieurs ministères pour améliorer l’efficacité de l’exécutif. Son équipe gouvernementale compte ainsi 22 membres, contre les 33 du gouvernement Mugabe. (Avec Ed Cropley; Jean-Stéphane Brosse et Guy Kerivel pour le service français)

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