November 27, 2017 / 6:04 AM / 8 months ago

POINT HEBDO-Les marchés se tournent vers 2018, au-delà des incertitudes

(Répétition sans changement d’une dépêche diffusée vendredi)

* Les marchés ont déjà le regard tourné vers 2018

* Mais le débat sur la Fed va s’animer

* Le vote du Sénat sur la réforme fiscale très attendu

* L’Allemagne, moteur économique mais incertitude politique

* Le pétrole suspendu à la réunion de l’Opep jeudi

par Marc Angrand

PARIS, 27 novembre (Reuters) - Le scénario est sans surprise: une fois passée la fête de Thanksgiving aux Etats-Unis, les investisseurs se tournent déjà vers l’année suivante en survolant le mois de décembre.

Et cette année, la tentation de tirer dès la fin novembre le bilan des performances annuelles est d’autant plus grande que le cru 2017 s’annonce exceptionnel, avec des performances à deux chiffres pour de nombreux marchés actions: l’indice mondial MSCI , qui regroupe 47 places de pays développées ou émergents, évolue sur ses plus hauts historiques après une progression de 19% depuis le 1er janvier.

La hausse atteint plus de 16% pour le Standard & Poor’s 500 américain, près de 14% pour le Dax à Francfort et près de 11% pour le CAC 40 à Paris.

Des performances telles que certains mettent déjà en garde contre l’espoir de les voir se répéter: “Il semble évident que les rendements à deux chiffres en monnaie locale dont ont bénéficié les investisseurs indiciels sur les marchés développés ces dernières années ne peuvent pas se maintenir indéfiniment”, prévient ainsi UBS, tout en reconnaissant que “du point de vue macroéconomique, peu d’éléments suggèrent une probabilité élevée de recul majeur en 2018”.

Les banques et les sociétés de gestion qui ont déjà dévoilé leurs prévisions tablent de fait pour la plupart sur le maintien d’une croissance mondiale élevée, et sur une poursuite de la hausse des actions.

Mais elles intègrent dans leurs scénarios l’impact attendu du resserrement progressif des politiques monétaires, qui passe par la remontée des taux aux Etats-Unis ou la diminution des achats de titres de la banque centrale dans la zone euro.

Pour la Réserve fédérale comme pour la Banque centrale européenne (BCE), les modalités et le calendrier de l’évolution restent toutefois à préciser, et la succession à venir à la tête de la Fed ajoute à l’incertitude.

FED ET RÉFORME FISCALE AU MENU DU SÉNAT AMÉRICAIN

Les jours à venir devraient permettre d’en savoir plus, avec la publication du Livre beige de la Fed, mais surtout avec l’audition de confirmation de Jerome Powell au Sénat mardi à Washington, et le lendemain celle de Janet Yellen par la commission économique conjointe du Congrès.

Tous deux devraient être interrogés entre autres sur l’évolution de l’inflation, une inconnue persistante du paysage économique américain qui complique la tâche de la Fed.

Si ces interrogations ne semblent pas devoir remettre en cause la hausse de taux attendue le 13 décembre (jugée probable à près de 95% selon le baromètre FedWatch de CME Group), elles compliquent les anticipations pour la suite et contribuent à l’aplatissement de la courbe des rendements: l’écart entre les rendements à deux et dix ans américains est tombé à son plus bas niveau depuis dix ans.

Autre rendez-vous clé pour les sénateurs américains: celui de la réforme fiscale voulue par Donald Trump, qui a déjà franchi l’étape du vote initial de la Chambre des représentants.

A l’heure où les analystes cherchent à déterminer si l’hypothèse d’une réforme fiscale prochaine est ou non déjà intégrée dans les valorisations de Wall Street, l’attitude du Sénat sera scrutée de près, d’autant que le président y dispose d’une majorité (52 voix sur 100) bien plus serrée qu’à la Chambre.

“L’incertitude politique à Washington reste le risque prédominant, les investisseurs ne sachant pas quels changements - s’il y en a - seront apportés au code des impôts”, souligne AllianceBernstein. “Cette incertitude n’a pas handicapé la croissance cette année mais si elle persiste, elle pourrait limiter la capacité des entreprises à faire des prévisions.”

MERKEL AFFAIBLIE MAIS L’ÉCONOMIE ALLEMANDE EN PLEINE FORME

En zone euro aussi, l’incertitude politique obscurcit un tableau économique par ailleurs sans tâche, après la mauvaise surprise de l’échec des discussions pilotées par Angela Merkel pour tenter de former une coalition apte à gouverner.

Les espoirs des partenaires de Berlin et de certains investisseurs se tournent désormais vers le SPD, le Parti social-démocrate, qui avait choisi l’opposition après sa défaite cinglante aux législatives de fin septembre mais semble s’être laissé convaincre de revenir à la table des discussions.

Les dégâts sur les marchés sont toutefois limités: le Dax a bouclé vendredi une performance hebdomadaire positive et l’euro a moins souffert que le dollar ces derniers jours, grâce à d’excellents indicateurs économiques, indices PMI et Ifo en tête.

“La vigueur de l’économie de la zone euro empêchera l’incertitude politique allemande d’avoir un impact important sur la monnaie”, estiment les économistes d’Amundi. “Ceci dit, il est vrai qu’une position affaiblie d’Angela Merkel sur la scène politique allemande ralentirait les réformes européennes promues par le président français, Emmanuel Macron, et ralentirait donc le processus d’appréciation de l’euro.”

Autre frein potentiel pour l’Union européenne: le blocage apparent des discussions sur le Brexit, qu’aucune manifestation de bonne volonté, faute d’avancées concrètes, ne semble pouvoir lever.

La prochaine échéance clé sur ce dossier est la rencontre du 4 décembre à Bruxelles entre la Première ministre Theresa May, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, et le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier.

Au-delà des discussions politiques, les marchés surveilleront dans les jours à venir les premiers chiffres de l’inflation en Allemagne (mercredi) et dans la zone euro (jeudi) pour le mois de novembre.

Dernier facteur à surveiller: l’évolution du marché du pétrole, qui réagira forcément aux décisions que prendront jeudi à Vienne les pays membres de l’Opep et plusieurs autres gros producteurs de brut, appelés à se prononcer sur une prolongation en 2018 de l’accord d’encadrement de la production à l’oeuvre depuis le début de cette année.

Sans attendre, le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) a atteint vendredi son plus haut niveau depuis juillet 2015 pour se rapprocher des 59 dollars le baril.

Edité par Blandine Hénault

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