November 21, 2017 / 1:27 PM / 10 months ago

GRAPHES-La Bourse ne croit toujours pas à la hausse du pétrole

* L’indice MSCI World Energy a sous-performé l’ensemble du marché

* Potentiel de rattrapage de 15% à 17% si les prix du pétrole se maintiennent-gérant

* Le pétrole de schiste US alimente les doute sur la hausse des cours

* Des freins à la hausse de la production américaine-gérant

PARIS, 21 novembre (Reuters) - La récente accélération de la reprise des cours du pétrole n’est toujours pas parvenue à convaincre les investisseurs actions que la hausse dont ils doutent depuis le début de l’année puisse être durable.

Alors que les cours du pétrole ont rebondi de près de 15% depuis janvier, l’indice mondial des valeurs du secteur pétrolier exprimé en dollar, le MSCI World Energy , ne s’est octroyé que 1,5%, sous-performant nettement l’indice MSCI World des actions globales, en progression de près de 20% sur la période, relève Arnaud du Plessis, gérant spécialisé sur l’or et les ressources naturelles chez CPR Asset Management dans une note mensuelle.

La forte corrélation entre l’évolution des cours du pétrole et la performance relative du secteur pétrolier par rapport aux actions globale est rompue depuis le début de l’année.

“Un rattrapage relatif du secteur de 15%-17% fermerait le gap (...) mais force est de constater que le marché ne croit pas du tout à un maintien des cours du pétrole dans la zone actuelle et semble négliger que les compagnies pétrolières ont considérablement baissé leur point mort, grâce aux restructurations menées et aux progrès technologiques en matière de production”, observe Arnaud du Plessis.

Pourtant, les motifs de la récente accélération de la hausse des cours du pétrole ne manquent pas, de la perspective d’une prochaine prolongation de l’accord de réduction de la production entre pays Opep et non-Opep aux tensions entre l’Iran et l’Arabie saoudite, sans compter les craintes d’un défaut du Venezuela, pays qui représente environ 2% de la production mondiale.

La médiane des prévisions pour le cours moyen du baril de Brent des analystes spécialisés sur le pétrole interrogés mensuellement par Reuters ressort à 55 dollars pour l’année prochaine et à 59,50 dollars pour 2019, contre un cours d’un peu plus de 62 dollars actuellement et un plus haut de près de deux ans et demi atteint le 7 novembre à 65,65 dollars.

LES ETATS-UNIS, NOUVEAU “SWING PRODUCER”

Les doutes sur la poursuite de la hausse des cours du pétrole, voire leur maintien sur les niveaux actuels, sont entretenus par les anticipations d’une hausse de la production américaine. Les Etats-Unis, qui ne sont pas partie prenante de l’accord Opep-non Opep sur la réduction de la production, se sont en effet substitués à l’Arabie saoudite comme “swing producer”, le producteur à même d’équilibrer le marché mondial.

“Les attentes très optimistes quant à la capacité des compagnies nord-américaines à augmenter leur production maintiennent les prix de l’or noir sous pression”, constatait Benjamin Louvet, gérant matières premières chez Ofi Asset Management dans une note intitulée “Pétrole de schiste: le vernis craque”, publiée le mois dernier.

Il relevait que les derniers éléments disponibles sur la production outre-Atlantique soulevaient quelques interrogations sur les prévisions d’une production toujours plus abondante, sur lesquelles s’est appuyée l’Agence internationale de l’Energie pour dire dans son dernier rapport annuel que les Etats-Unis étaient en passe de devenir “le leader incontesté de la production de gaz et de pétrole.”

Benjamin Louvet souligne toutefois que le net redressement du nombre de foreuses en activité dans le secteur pétrolier américain marque le pas depuis plusieurs semaines en dépit du redressement des cours.

Certes, le cabinet de consultants spécialisé Westwood Global Energy a prévenu dans une étude publiée mardi que la production de pétrole de schiste pourrait croître plus rapidement que ne le laisse penser l’évolution du nombre de foreuses en activité, en raison d’une hausse de la productivité des puits.

Mais Benjamin Louvait relevait dans son étude que les difficultés techniques semblaient se multiplier avec l’augmentation du nombre de puits dans un même bassin.

“La fracturation d’un puits, en créant des fissures qui rejoignent celles déjà existantes de puits situés à proximité, crée une baisse de pression sur le nouveau puits mais aussi sur le puits voisin. Ce phénomène dit de ‘frac hit’, s’il est gérable, entraîne du retard et des coûts supplémentaires pour la mise en production, entamant la rentabilité des opérations.”

La reprise de l’activité a par ailleurs fait remonter le coût des services pétroliers tandis que le faible taux de chômage aux Etats-Unis rend les recrutements compliqués, ce qui pèse aussi sur la rentabilité, ajoutait-il.

Enfin, il soulignait que le ratio de récupération du gaz par rapport au pétrole augmentait, “ce qui peut-être un signe avant-coureur de baisse de production.”

“Tout ceci est en train d’entraîner une prise de conscience de la part des investisseurs, qui deviennent de plus en plus regardants sur le développement des sociétés d’exploitation de pétrole de schiste (...), leur demandant de se focaliser désormais sur la rentabilité et plus uniquement sur l’augmentation des volumes de production”, notait-il.

“L’enjeu est de taille car l’adoption d’une telle discipline obérerait forcément la capacité de production des compagnies américaines.”

Sources :

*Or, Mines & Ressources naturelles... bienvenue Monsieur Powell. Arnaud du Plessis. CPR AM. Novembre 2017

* The link between oil and the dollar is far less clear than during the past decade. Bastien Drut. Expert Talk. Amundi Asset Management. 17 novembre 2017

*Arabie saoudite. Affaires étrangères. France Culture. 18 novembre 2017. here

* Pétrole de schiste: Le vernis craque. Benjamin Louvet. Ofi AM. Octobre 2017

Marc Joanny, édité par Marc Angrand

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