October 31, 2017 / 8:29 AM / 9 months ago

LEAD 2-Airbus-Perspectives saluées, mais risques juridiques aux USA

* Inexactitudes constatées sur des contrats militaires US

* Résultats du T3 en ligne, prévisions confirmées

* L’action parmi les plus fortes hausses du CAC 40 (Actualisé avec conférence analystes, note, cours)

par Cyril Altmeyer et Tim Hepher

PARIS, 31 octobre (Reuters) - Airbus monte fortement en Bourse mardi après avoir confirmé ses objectifs annuels de bénéfice opérationnel, de trésorerie et de livraisons d’avions de ligne, tout en gardant en ligne de mire l’équilibre financier du programme A350 à la fin de la décennie.

Le marché ne tient pas compte de la révélation par le groupe d’inexactitudes sur des contrats d’exportations d’équipements militaires aux Etats-Unis, qui ouvre potentiellement un nouveau front judiciaire en plus des enquêtes anti-corruption dont il fait l’objet en France et au Royaume-Uni.

Le groupe européen d’aérospatiale et de défense affiche la deuxième plus forte hausse du CAC 40, s’adjugeant 4,01% à 88,11 euros à 12h43, après avoir touché un nouveau plus haut historique à 88,56 euros.

“Nous pensons que les perspectives d’Airbus sur les années à venir sont largement sous-évaluées dans le cours en Bourse”, estime Barclays, qui est à “surpondérer” avec un objectif de cours à 110 euros.

Airbus a confirmé prévoir cette année un bénéfice opérationnel et un bénéfice par action ajustés en hausse de “quelques pourcents” avant fusions-acquisitions, après avoir répondu aux attentes du marché au troisième trimestre.

Le groupe a également réaffirmé viser pour 2017 un flux de trésorerie disponible similaire à celui de 1,4 milliard d’euros dégagé en 2016 avant croissance externe et financements aux clients.

Airbus compte toujours se libérer en 2019 du fardeau que fait peser sur sa trésorerie l’avion de transport militaire A400M, a précisé le directeur financier Harald Wilhelm aux analystes.

Le groupe progresse dans l’amélioration des capacités de l’A400M, pour répondre aux spécifications promises aux clients avec lesquels il discutera à la fin de l’année, a-t-il précisé, au sujet de l’avion européen, confronté à de multiples retards.

L’A350 RENTABLE AU DÉBUT DES ANNÉES 2020

Dans l’aviation civile, de loin sa principale activité, Harald Wilhelm a dit qu’Airbus n’avait pas renoncé à son objectif non officiel de 720 livraisons cette année, comptant en tous cas dépasser le seuil des 700 sur lequel il communique encore.

Le groupe estime en particulier pouvoir s’approcher de son objectif de 200 A320neo livrés après des retards liés au moteur de Pratt & Whitney (United Technology).

Airbus peut aussi compter sur une montée en cadence qui se passe toujours en douceur pour l’A350, son programme le plus à risque, avec des étapes majeures à franchir en 2018 et surtout en 2019.

“Tant en termes de progrès industriel, de coûts récurrents et de positionnement commercial, nous sommes à l’aise avec l’objectif d’atteindre l’équilibre financier de l’A350 d’ici la fin de la décennie”, a-t-il dit aux analystes.

“Mais nous n’avons pas investi tant d’argent et tant d’efforts pour nous contenter de l’équilibre”, a-t-il ajouté.

L’A350 devrait devenir rentable à partir du début de la prochaine décennie, dégageant même à terme une marge supérieure à celle de l’A330, le précédent long-courrier d’Airbus, a estimé Harald Wilhelm.

Le groupe devrait en outre profiter de la montée en cadence de l’A320 soutenue par un carnet de commandes courant jusqu’en 2022 et de la prise de contrôle début octobre le CSeries du canadien Bombardier, qui renforce encore la position d’Airbus sur les monocouloirs.

Il n’en reste pas moins que l’horizon judiciaire s’obscurcit à nouveau avec la révélation aux autorités américaines d’inexactitudes sur des contrats militaires, même si Airbus continuer à demander des licences à l’exportation dans le cadre de la réglementation américaine sur la commercialisation d’armes (Itar).

Mais ce nouveau front s’ajoute aux enquêtes du Serious Fraud Office (SFO) britannique et du Parquet national financier (PNF) français pour lesquelles Airbus n’a passé aucune provision.

Tom Enders, président exécutif d’Airbus, avait prévenu début octobre le personnel que ces deux enquêtes pourraient cependant entraîner des “pénalités importantes” pour le groupe, qui devrait traverser une “période turbulente et déroutante”.

Le communiqué d’Airbus :

bit.ly/2gYxh1c

Lire aussi :

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Airbus met la main sur les avions CSeries de Bombardier

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Edité par Jean-Michel Bélot

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