October 31, 2017 / 12:36 PM / a year ago

LEAD 1-La reprise s'affirme, vers une croissance au plus haut depuis 2011

    * La croissance dépasse 0,5% par trimestre depuis fin 2016
    * Un rythme 2018 au moins comparable à 2017-économistes
    * Le commerce extérieur toujours problématique

 (Actualisé avec commentaires d'économistes, précisions
supplémentaires, graphique)
    par Myriam Rivet
    PARIS, 31 octobre (Reuters) - La croissance de l'économie
française a continué sur sa solide lancée cet été, enregistrant
un quatrième trimestre consécutif de forte hausse qui la met sur
de bons rails pour atteindre cette année son plus niveau depuis
2011.
    Selon les premiers résultats publiés mardi par l'Insee, la
progression du produit intérieur brut (PIB) s'est établie à 0,5%
au troisième trimestre, conformément à ses anticipations, ainsi
qu'aux attentes des 27 économistes interrogés par Reuters et aux
dernières prévisions de la Banque de France.
    L'institut a également relevé les chiffres pour le deuxième
trimestre 2017 et le quatrième trimestre 2016, évoquant
désormais une progression du PIB de 0,6% contre 0,5%
précédemment dans les deux cas. 
    L'économie française évolue depuis l'automne dernier à son
rythme le plus élevé depuis son rebond d'après-crise entamé fin
2009, qui s'était brutalement interrompu au printemps 2011.
        
    
    "Par rapport au même trimestre de l'année précédente, le PIB
est plus élevé de 2,2%, ce rythme de croissance n'avait pas été
constaté depuis 2011", souligne l'Insee.     
    Cette embellie devrait permettre à l'économie française de
redémarrer plus franchement en 2017 - après trois années autour
de 1,0% - pour atteindre un niveau inédit depuis six ans. 
    
    OBJECTIF 2017 PRESQUE ATTEINT
    L'acquis de croissance pour 2017 - à savoir l'évolution du
PIB si la croissance du dernier trimestre était nulle -
s'établit à 1,7% au 30 septembre, soit la croissance prévue pour
l'ensemble de l'année dans le scénario retenu pour construire le
budget 2018. 
    Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire a
déjà évoqué au début du mois une hypothèse plus optimiste de
1,8% cette année, confortée quelques jours plus tard dans le
point de conjoncture de l'Insee.
    "Pour atteindre 1,8% de croissance en moyenne sur 2017, il
faut 0,3% au quatrième trimestre. Au regard des enquêtes
optimistes, c'est presque fait", note sur Twitter Philippe
Waechter, chef économiste de Natixis AM. 
    Même s'il commence à s'effriter, le climat des affaires se
maintient en effet bien au-delà de la moyenne, ce qui est de bon
augure pour la croissance de la fin de l'année.
Sans compter que l'Insee anticipait dans son point de
conjoncture une croissance de 0,5% pour le quatrième trimestre.
    Cette accélération de la croissance - et la progression des
recettes fiscales qui en découle - devrait faciliter la tâche du
gouvernement, déterminé à contenir le déficit public sous le
seuil de 3% du produit intérieur brut (PIB) en 2017 et 2018 afin
de pouvoir sortir la France de la procédure de déficit excessif.
    
    "On reste sur une dynamique de croissance bien installée et
robuste", a déclaré à Reuters Hélène Baudchon, économiste de BNP
Paribas, qui juge que "c'est le bon moment pour continuer les
réformes".
    
    ACCÉLÉRATION EN 2018 ?
    A ses yeux, les premières mesures mises en place en ce début
de quinquennat d'Emmanuel Macron - qu'il s'agisse de la réforme
du Code du travail ou des mesures fiscales prévues dans le
projet de budget pour 2018 - devraient influer positivement sur
le climat des affaires. 
    Leur impact sur le moral des ménages étant plus incertain à
court terme, elle ne prévoit en revanche "pas d'accélération
supplémentaire de la croissance en 2018 par rapport à 2017".
    Philippe Waechter, chef économiste de Natixis AM, s'attend à
une tendance comparable. "L'année se terminera sur une
croissance de 1,8%", indique-t-il dans une note en ajoutant
qu'"on peut s'attendre à un chiffre proche pour 2018."
    Le chef économiste d'Allianz Ludovic Subran se montre plus
optimiste et n'exclut pas que la croissance 2018 atteigne 1,9%
voire 2,0%, les effets des premières réformes sur la demande
intérieure s'ajoutant à l'environnement plutôt porteur. 
    "Dès qu'on va commencer à voir sur les feuilles de salaire
les effets promis de pouvoir d'achat, on devrait retrouver un
peu de confiance et donc de consommation des ménages", a-t-il
dit à Reuters.      
    Il compte également sur la loi pour les entreprises en
gestation à Bercy et attendue au printemps "pour
avoir un vrai effet accélérateur sur l'investissement", sous
réserve qu'elle entraîne "un vrai choc de simplification".
    Mais il reste selon lui "un point noir majeur" : le commerce
extérieur, "grand absent de la croissance française et des
politiques publiques".
    Au troisième trimestre, la contribution du commerce
extérieur est repassée dans le rouge - amputant le PIB de 0,6
point après l'avoir soutenue de 0,6 point au trimestre précédent
- sous l'effet d'une accélération des importation (+2,5% après
+0,2%) et d'un ralentissement des exportations (+0,7% après
+2,3%).    
    La demande intérieure finale est restée le principal moteur
de la croissance française, avec une contribution positive de
0,6 point, tandis que la variation des stocks des entreprises,
très volatile, a contribué positivement de 0,5 point (après -0,5
au trimestre précédent). 
    Dans le détail, les dépenses de consommation des ménages ont
légèrement accéléré, augmentant de 0,5% après une progression de
0,3% au trimestre précédent. 
    L'investissement global est resté soutenu, affichant une
hausse de 0,8% après +1,0% au deuxième trimestre. 
    Malgré la fin du dispositif de suramortissement fiscal des
investissements productifs, l'investissement des entreprises n'a
que légèrement ralenti (+0,9% après +1,1%). Il reste orienté à
la hausse pour le onzième trimestre consécutif. 
     L'investissement des ménages a lui aussi légèrement ralenti
 (+1,1% après +1,4%) et l'investissement public s'est retourné
en baisse, reculant de 0,2% après avoir affiché une progression
de même ampleur au deuxième trimestre.    
        
    Statistiques détaillées sur le site de l'Insee :    
    bit.ly/2yhnAm4
      
 Le point sur la conjoncture française                   
 
    
 (Avec Michel Rose, édité par Yves Clarisse)
  
0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below