October 30, 2017 / 11:28 AM / a year ago

SNCF et Systra responsables de l'accident d’Eckwersheim-Rapport

STRASBOURG, 30 octobre (Reuters) - Le rapport définitif des experts judiciaires sur l’accident d’une rame d’essai du TGV, qui avait fait onze morts le 14 novembre 2015 en Alsace, accable la SNCF et sa filiale Systra, une société d’ingénierie chargée de la réalisation des essais.

On savait déjà que l’accident d’Eckwersheim (Bas-Rhin), qui avait également fait 21 blessés graves, était dû à une vitesse excessive et à un freinage trop tardif.

Le rapport de 140 pages remis la semaine dernière aux juges et que Reuters a pu consulter, l’explique par une impréparation et une mauvaise évaluation du risque conjuguée à une expérience ou une formation insuffisante du personnel.

“Systra a confié la définition, l’organisation et la conduite des essais en survitesse à du personnel n’ayant pas l’expérience des essais en survitesse, et n’a pas compensé cette inexpérience par une formation appropriée et un accompagnement adapté à ce type d’essais”, dit le rapport qui reprend la même formulation pour le personnel de conduite de la SNCF.

Ses auteurs, Bernard Lerouge et Bernard Dumas, pointent du doigt “une méconnaissance de la part des équipes d’essais et de conduite des risques liés aux circulations en survitesse avec le contrôle de vitesse désactivé”.

La rame, qui effectuait un parcours d’essai sur le deuxième tronçon de la ligne à grande vitesse du TGV Est, était sortie des voies à l’entrée d’une courbe, située en amont de Strasbourg avant un passage de pont, alors qu’il roulait à 265 km/h au lieu des 176 théoriquement prescrits.

VERS UNE MISE EN EXAMEN

Le rapport reproche aux équipes présentes à bord du train d’avoir validé une vitesse de marche à 330 kilomètres heure, sur les trois kilomètres précédents le déraillement, qui n’était “pas réaliste” et ne pouvait que conduire à l’accident.

“Personne, parmi les membres de l’équipe de conduite, n’a fait de véritables calculs pour déterminer les points d’enclenchement du freinage”, relèvent les experts.

Trois membres de l’équipe de test, deux salariés de la SNCF, un de Systra, ont été mis en examen à ce jour pour homicides et blessures involontaires. Les conclusions du rapport devraient maintenant entraîner la mise en examen de la SNCF et de Systra, estiment les parties civiles.

“Le rapport est conforme à ce que nous en attendions sur les responsabilités ; il stigmatise les fautes commises par la SNCF et Systra. La logique est que cela aboutisse à la mise en examen des personnes morales”, a dit à Reuters Me Gérard Chemla, avocat de plusieurs parties civiles.

Même sentiment de la part de Me Claude Lienhard, avocat de la famille d’un chef de bord de Systra. “On a un sentiment de bricolage alors que Systra est quand même une structure dont le métier est de gérer le risque”, a-il dit à Reuters.

“Il y a un sentiment très fort de trahison chez les parties civiles”, a-t-il ajouté.

Arthur Mary, dont la sœur est morte dans l’accident, estime que tout n’a pas été éclairci dans les causes de l’accident, en particulier celle d’une éventuelle défaillance du système de freinage. Les parties civiles disposent de deux mois pour formuler leurs remarques et demander des actes complémentaires. (Gilbert Reilhac, avec Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)

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