October 30, 2017 / 11:13 AM / 10 months ago

RPT BOURSE-EDF plie, le marché partagé entre l'effet prix et volume

(Répétition pour raisons techniques)

PARIS, 30 octobre (Reuters) - EDF baisse lundi à la Bourse de Paris après l’avertissement sur résultats lancé par le groupe français d’électricité, confronté à des perturbations sur son parc de centrales nucléaires en France mais qui bénéficie par ailleurs de la hausse récente des prix de l’électricité.

A 12h19, l’action recule de 0,93% à 11,23 euros, après avoir perdu jusqu’à plus de 3% dans les premiers échanges. Au même moment, le SBF 120 et le Stoxx 600 des utilities sont quasiment inchangés.

EDF a abaissé vendredi soir son objectif 2017 de production d’électricité d’origine nucléaire, pour la deuxième fois cette année, et a ajusté à la baisse son objectif de résultat d’exploitation (Ebitda) à la suite du report du redémarrage de la centrale de Tricastin.

Cet avertissement a pour effet de relancer les avis très tranchés des analystes et investisseurs sur le titre. Certains s’inquiètent des risques pesant sur la production de la flotte nucléaire - la variable “volume” des résultats d’EDF - tandis que d’autres parient sur un rebond supplémentaire des prix de l’électricité.

Le titre a ainsi grimpé de plus de 27% depuis la fin août, en excluant la baisse du jour, porté par des espoirs autour d’une réforme du marché européen des quotas de CO2 (ETS) qui permettrait d’augmenter le prix de la tonne de carbone et donc de faire croître encore les prix de l’électricité.

“Le marché a depuis plusieurs semaines choisi de jouer EDF au travers de sa forte exposition aux prix de marché qui ont nettement rebondi. Aujourd’hui, j’imagine que certains ont souhaité prendre une partie de leurs profits”, résume Pierre-Antoine Chazal, analyste chez Bryan Garnier.

“D’autres se disent que la hausse récente des prix n’enlève en rien les incertitudes qui pèsent sur le dossier, dont celle sur l’évolution à court et moyen terme de la production nucléaire de la flotte d’EDF”, ajoute-il.

Pour Grégoire Laverne, gérant chez Roche-Brune AM, le dossier ne présente ainsi aucun argument en faveur de la création de valeur, citant notamment l’intensité capitalistique d’EDF, plus lourde que son secteur, et l’endettement très important du groupe.

“En France, dans le secteur des utilities, il faudra préférer Veolia qui a fait beaucoup d’efforts ces dernières années pour assainir son bilan et améliorer ses marges dans un contexte de croissance morose”, estime le gérant.

Pour Andréa Tueni, trader chez Saxo Banque, les annonces d’EDF ne sont pas faites pour améliorer la visibilité sur le titre, “au contraire”. “La reprise des réacteurs de Tricastin reste imprévisible en sachant que sur ce dossier, EDF est complètement dépendant de l’Etat”, indique-t-il.

“UN BON POINT D’ENTRÉE”

Pour 2017, EDF vise désormais une production nucléaire de 383-387 Th (térawatts/heure), contre un objectif précédent de 385-392 Th. Il avait déjà abaissé cet objectif en septembre, lorsque l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) lui avait imposé la mise à l’arrêt provisoire du Tricastin.

De son côté, l’objectif d’Ebitda est revu entre 13,4 milliards à 14 milliards d’euros, contre une précédente prévision comprise entre 13,7 milliards et 14,3 milliards.

Les analystes de Morningstar indiquent pour leur part avoir réduit de 2% leur prévision d’Ebitda pour 2017, à 13,7 milliards d’euros et avoir abaissé de 14% leur estimation de résultat net ajusté pour 2017, à 1,1 milliard d’euros.

Ils jugent en particulier “déroutante” la communication financière d’EDF. “Il est consternant de constater que le groupe a abaissé ses objectifs financiers pour 2017 un mois après les avoir confirmés”, relèvent-ils.

“L’absence d’indications sur les objectifs financiers pour 2018 soulève aussi quelques inquiétudes”, ajoutent les analystes.

Ils soulignent toutefois qu’EDF devrait grandement bénéficier de la hausse des prix de l’électricité sur la période 2018-2020. “Par conséquent, toute faiblesse de l’action constitue un bon point d’entrée selon nous”, indiquent-ils.

Un avis partagé par les analystes de Jefferies, qui ont maintenu leur recommandation à l’achat entamée au début du mois.

“Bien que l’abaissement des objectifs n’aide pas et implique un risque d’ajustement à la baisse de l’ordre de 3% sur le consensus, nous pensons que ce risque est contrebalancé par le potentiel haussier lié à la hausse des prix du carbone et à une réglementation plus favorable en France”, soulignent-ils.

Selon des données Thomson Reuters, sur les 21 analystes couvrant EDF, 10 sont positionnés à l’achat, 5 ont une position neutre et 6 conseillent de “vendre” le titre.

Blandine Hénault, édité par Cyril Altmeyer

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