October 26, 2017 / 1:45 PM / a year ago

LEAD 6-Puigdemont exclut un scrutin anticipé en Catalogne

* Puigdemont a envisagé des élections anticipées

* Il a finalement renoncé à cette idée faute de garanties

* Le Sénat espagnol se prononce vendredi sur l’article 155 (Actualisé avec commentaires §9-17)

par Sam Edwards et Julien Toyer

BARCELONE/MADRID, 26 octobre (Reuters) - Le président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, a annoncé jeudi qu’il avait envisagé d’organiser des élections régionales anticipées mais avait finalement renoncé à cette idée faute de garanties suffisantes.

“J’étais prêt à appeler à des élections si des garanties étaient fournies. Aucune garantie ne justifie d’appeler aujourd’hui à des élections”, a-t-il déclaré dans une courte allocution au siège de la Generalitat.

Le chef de l’exécutif catalan a ajouté qu’il appartenait à présent au Parlement régional de continuer sur la voie du mandat en faveur de l’indépendance donné par les électeurs lors du référendum du 1er octobre.

Des membres de la coalition indépendantiste avaient annoncé dans la journée que le gouvernement autonome envisageait de convoquer des élections régionales anticipées pour calmer les tensions entre Barcelone et Madrid, provoquant une hausse de l’indice Ibex de la Bourse de Madrid. La Catalogne représente un cinquième du produit intérieur brut espagnol.

Le Sénat espagnol doit se prononcer vendredi sur la mise en oeuvre des mesures d’exception réclamées par le gouvernement de Mariano Rajoy dans le cadre de l’article 155 de la Constitution afin de mettre sous tutelle l’exécutif régional de Catalogne. Madrid veut organiser de nouvelles élections régionales dans un délai maximal de six mois.

L’organisation d’élections anticipées par le gouvernement régional aurait peut-être dissuadé le pouvoir central de suspendre l’autonomie catalane.

D’après le journal La Vanguardia, le gouvernement espagnol était dans cette hypothèse prêt à geler la mise sous tutelle de la Catalogne.

La crise entre Madrid et Barcelone à la suite du référendum d’autodétermination du 1er octobre, déclaré illégal par les autorités centrales, est à un point de bascule et aucun coup de théâtre n’est encore à exclure.

“DES RÊVES ET DES MENSONGES”

Réagissant aux déclarations de Puigdemont, la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, a estimé que les indépendantistes catalans avaient montré leur “vrai visage”.

“Ils n’ont pas apporté la terre promise, seulement des rêves et des mensonges”, a-t-elle dit.

Soraya Saenz de Santamaria s’exprimait devant une commission sénatoriale qui a commencé à débattre de la mise en oeuvre de l’article 155.

Elle a déclaré que l’objectif de cet article, qui permettrait à Madrid de reprendre l’administration directe de la Catalogne, est de garantir que des élections se dérouleront de manière normale et neutre.

Selon les médias espagnols, Puigdemont serait prêt à convoquer un scrutin régional anticipé si Madrid renonce à déclencher l’article 155, libère deux dirigeants indépendantistes placés en détention et retire les forces de police nationale de Catalogne.

Même si le Sénat vote pour la mise sous tutelle de la région vendredi, le président de la Généralité ne sera pas privé de ses prérogatives avant la publication de la décision au journal officiel le lendemain.

“Nous sommes dans les dernières heures de l’avant-dernier jour pendant lesquelles nous pouvons éviter ce que personne ne veut”, a déclaré Ander Gil Garcia, porte-parole du groupe socialiste au Sénat.

Il a appelé le chef de l’exécutif catalan à convoquer de nouvelles élections afin d’”éviter un désastre dont la Catalogne et l’Espagne mettront longtemps à se remettre”.

FISSURES

L’éventuelle organisation d’élections anticipées a provoqué des fissures au sein de la coalition indépendantiste catalane.

Plusieurs élus favorables à la sécession ont ainsi annoncé jeudi leur démission.

“Je n’approuve pas l’idée d’organiser des élections. Je démissionne de mon poste de député du Parlement de Catalogne et du Parti démocratique catalan”, a déclaré sur Twitter Jordi Cuminal. Le PdeCat est la formation de Carles Puigdemont.

La Gauche républicaine de Catalogne (ERC), qui participe à l’exécutif régional, menaçait de quitter le gouvernement en cas d’élections anticipées.

Le parti d’extrême gauche CUP (Candidature d’unité populaire), allié du PdeCat, s’était aussi déclaré hostile à un scrutin anticipé. “Jusqu’ici, les partisans de l’indépendance avaient un problème, l’Etat espagnol. Si on organise des élections anticipées, ils auront deux problèmes”, a estimé la CUP sur Twitter.

Jeudi en milieu de journée, plusieurs centaines de manifestants étaient rassemblés Placa Sant Jaume, devant le siège du gouvernement régional dans le centre de Barcelone. “Puigdemont traître”, pouvait-on lire sur une banderole, allusion aux rumeurs selon lesquelles il allait se prononcer pour des élections.

Selon un sondage publié dimanche dans El Periodico, un scrutin anticipé aboutirait au même résultat qu’en 2015, avec la coalition indépendantiste majoritaire en sièges mais minoritaire en voix.

Avec Juan Medina à Madrid et Marco Trujillo à Barcelone; Eric Faye, Henri-Pierre André, Guy Kerivel et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below