October 25, 2017 / 1:54 PM / 8 months ago

Le président catalan attendu probablement jeudi au Sénat espagnol

MADRID, 25 octobre (Reuters) - Le président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, devrait s’exprimer jeudi devant le Sénat à Madrid pour exposer sa position sur l’indépendance de sa région et tenter d’empêcher que le gouvernement espagnol n’y impose son contrôle direct en suspendant l’autonomie.

Le Sénat espagnol doit voter vendredi la mise en oeuvre de l’article 155 de la Constitution espagnole qui permettra à Madrid d’administrer directement la Catalogne et à faire ainsi échec aux ambitions indépendantistes après le référendum d’autodétermination du 1er octobre, déclaré illégal par les autorités centrales.

Pour sa part, le parlement de Catalogne doit se réunir jeudi pour se mettre d’accord sur la réponse à apporter au gouvernement central.

Si Carles Puigdemont se rend devant le Sénat à Madrid, il est peu probable qu’il proclame officiellement jeudi l’indépendance de la Catalogne ou qu’il annonce de nouvelles élections locales, comme plusieurs analystes le prédisaient.

Il pourrait cependant annoncer l’une ou l’autre de ces décisions vendredi, avant que le Sénat ne vote l’article 155 qui le privera de ses prérogatives.

Pour le ministre espagnol de la Justice, Rafael Catala, la venue du président de la Généralité au Sénat sera un pas en avant vers la recherche d’une solution au conflit.

Un haut responsable du Sénat a estimé mardi que si Carles Puigdemont se présente devant la chambre haute du Parlement, le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, fera probablement de même, ce qui permettra l’ouverture d’un débat.

Le Sénat a fait savoir mardi qu’il avait invité Carles Puigdemont à se présenter devant lui jeudi à 17h00 (15h00 GMT) ou vendredi matin à 10h00 (08h00 GMT).

APPEL À LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE

Le gouvernement espagnol, jusqu’ici, a refusé de rencontrer le dirigeant catalan tant qu’il n’aura pas officiellement renoncé à la déclaration d’indépendance.

Rafael Catala a ainsi souligné que si Puigdemont se rend devant le Sénat, cela doit se faire dans un cadre légal et constitutionnel.

“S’il vient dans le cadre de la Constitution et de la loi, nous apprécierions la chose... Mais s’il s’agit simplement de confirmer sa position sur l’indépendance de la Catalogne, alors, malheureusement, nous ne pourrions que poursuivre sur la voie fixée par le gouvernement” espagnol, a-t-il souligné.

Face à la menace d’une gestion directe de la Catalogne par le pouvoir central, les dirigeants et certains partis politiques de la Généralité ont appelé lundi à la désobéissance civile.

Pour les partisans de l’indépendance catalane, le résultat du référendum d’autodétermination du 1er octobre - 43% de participation, 90% de oui à l’indépendance - leur donne un mandat pour faire sécession.

Des dirigeants politiques et des hommes d’affaires espagnols, ainsi que la plupart des journaux catalans, ont pour leur part appelé Carles Puigdemont à organiser des élections avant d’être privé de son autorité.

Ils ont souligné qu’une mise sous tutelle de la région par Madrid serait une humiliation et risquerait d’entraîner des troubles sociaux et économiques.

Lors des élections régionales de 2015, les indépendantistes (listes “Ensemble pour le oui” et CUP) ont obtenu la majorité des sièges (72) mais pas la majorité absolue des voix (47,8%). (Paul Day et Angus MacSwan; Guy Kerivel pour le service français)

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