October 24, 2017 / 11:12 AM / 9 months ago

Le Parlement européen veut interdire le glyphosate dans cinq ans

STRASBOURG, 24 octobre (Reuters) - Le Parlement européen s’est prononcé mardi pour l’interdiction d’ici cinq ans du glyphosate, l’herbicide le plus répandu dans le monde, à la veille d’une décision que doit prendre la Commission européenne sur le renouvellement de son autorisation pour dix ans.

La France a dit qu’elle voterait contre le projet et le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, s’est prononcé pour une prolongation de l’autorisation du pesticide pour trois ans, le temps de développer des solutions alternatives pour les agriculteurs.

Dans une résolution adoptée par 355 voix contre 204 et 11 abstentions, le Parlement européen demande à la Commission européenne de retirer sa proposition en l’accusant d’abus de pouvoir et de méconnaissance du principe de précaution.

Il l’exhorte à “adopter les mesures nécessaires à l’élimination progressive de la substance active glyphosate dans l’Union européenne d’ici au 15 décembre 2022”.

C’est un amendement socialiste qui a conduit le Parlement à retenir cette date quand sa commission de l’environnement s’était arrêtée sur 2020, comme le prône la France. Le Parti populaire européen (centre droit) soutenait une autorisation jusqu’en 2022 sans en faire une date butoir.

Le Parlement demande également que l’utilisation du glyphosate à des fins non professionnelles soit interdite dès le 15 décembre 2017.

Les eurodéputés reprochent à la Commission de ne tenir compte que de l’avis de l’Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments), favorable au produit de la firme Monsanto , et non de celui du Centre international de recherche sur le cancer (Circ), une agence des Nations Unies, qui le classe comme “probablement cancérogène”.

Le glyphosate est un herbicide non sélectif qui entre notamment dans la composition du Roundup de Monsanto et est très critiqué par les défenseurs de l’environnement. Son autorisation d’utilisation dans l’Union européenne expire à la fin de l’année.

Une grande partie des agriculteurs “conventionnels” estiment ne pas pouvoir s’en passer à court terme.

Leurs fédérations européennes, le Copa et le Cogeca, demandaient à l’UE, le 19 octobre, “de ré-autoriser pour 15 ans cette substance active au vu des preuves scientifiques qui confirment son innocuité”, ajoutant que “l’absence de ré-autorisation menacerait l’approvisionnement en denrées alimentaires produites dans le respect de l’environnement.” (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)

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