October 23, 2017 / 2:30 PM / 10 months ago

STRATEGIE-Neuflize OBC s'allège sur les actions, craint l'inflation

PARIS, 23 octobre (Reuters) - Neuflize OBC reste surpondérée sur les actions mais a réduit son exposition et pourrait opter pour la neutralité sur cette classe d’actifs au début de l’année prochaine en raison de ses interrogations sur le régime d’inflation et donc le régime monétaire dans les prochains mois.

** “De mi-2014 à mi-2016, la problématique des investisseurs portait sur la croissance, aujourd’hui la croissance va bien et c’est la raison pour laquelle nous restons surpondérés sur les actions”, a dit Olivier Raingeard, directeur des investissements de la banque, filiale d’ABN Amro, lors d’une présentation.

**Par rapport à un portefeuille équilibré dans lequel la pondération des actions serait de 50%, Neuflize OBC, qui était à près de 60%, est revenue à 55% au profit du cash, la sous-exposition à l’obligataire (22% contre une référence à 35%) et en particulier aux obligations d’Etat, n’ayant pas changé, tout comme le poids des placements alternatifs à près de 17%.

Au sein de la poche actions, la banque est sous-pondérée sur les Etats-Unis pour des motifs de valorisation et surpondérée sur les autres zones géographiques, en particulier l’Europe.

**Neuflize OBC s’inquiète du risque d’un changement du régime d’inflation et par conséquent du régime monétaire, en particulier aux Etats-Unis, en rappelant qu’au cours des cycles précédents l’ajustement des salaires - à la hausse comme à la baisse - à l’évolution du taux de chômage est intervenu avec beaucoup de retard.

Olivier Raingeard a souligné que les évolutions salariales prises en compte sont généralement des moyennes qui peuvent recouvrir des situations très différentes en fonction des catégories de salariés, des zones géographiques et des secteurs d’activité.

Il a notamment cité une récente contribution de la Réserve fédérale d'Atlanta montrant que les hausses salariales des personnes déjà en poste sont sensiblement supérieures à celle des nouveaux entrants et à la moyenne (here), ce qui impliquerait que la relation entre amélioration du marché du travail, hausse des salaires et accélération de l'inflation pourrait être sous-estimée ou ne se manifester qu'avec d'importants retards.

Il a aussi rappelé que dans les derniers chiffres mensuels du marché du travail aux Etats-Unis, le taux de chômage a reculé à 4,2% et la hausse des salaires s’est accélérée, passant de 2,5% à 2,9% en rythme annuel d’un mois sur l’autre.

**”Si la relation entre taux de chômage et croissance des salaires se renforce, alors il peut y avoir une conséquence assez importante sur la politique monétaire qui n’est pas anticipée par les marchés”, a prévenu Olivier Raingeard.

**A cet élément d’incertitude s’ajoute la perspective de la désignation imminente d’un nouveau président à la tête de la Réserve fédérale.

Le président américain Donald Trump, décisionnaire en la matière, a dit samedi qu’il envisageait de confier des fonctions élevées au sein de la Fed à l’actuel gouverneur de la Réserve fédérale Jerome Powell et à l’économiste John Taylor, professeur à l’université de Stanford, sans exclure une reconduction de l’actuelle présidente, Janet Yellen.

**”Powell et Taylor représentent deux logiques de politique monétaire profondément différentes”, a souligné Wilfrid Galand, responsable de la stratégie de marché de Neuflize OBC. La désignation du premier, gouverneur de la Fed, s’inscrirait dans une certaine continuité alors que celle du second, connu pour la règle de politique monétaire éponyme, établie en 1993 et qui lie de manière mécanique l’objectif des fonds fédéraux de la Fed à l’inflation, à un taux d’intérêt réel d’équilibre et à l’”output gap”, se traduirait par des anticipations de net resserrement de la politique monétaire.

“L’application de la règle de Taylor impliquerait un objectif des ‘fed funds’ à 3,7% aujourd’hui”, a dit Wilfrid Galand, ajoutant que si John Taylor prône la transparence et la prévisibilité de la politique monétaire, il préconise d’éviter les chocs de taux. Or les marchés anticipent pour l’instant un resserrement très lisse et très graduel des taux d’intérêt, un scénario qui pourrait être remis en cause.

**Wilfrid Galand note aussi que les marchés sont confrontés à des risques politiques et géopolitiques qui peuvent justifier une plus grande prudence, citant pêle-mêle les difficultés entourant la renégociation de l’accord de libre-échange nord-américain, les risques de remilitarisation en Asie après la très large victoire du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, aux élections législatives de dimanche et le retour des doutes sur la construction européenne, l’optimisme engendré par l’élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République français ayant été douché par les scores de partis populistes anti-européens ou xénophobes en Allemagne, en Autriche et en République tchèque ainsi que les velléités d’indépendance catalanes.

Marc Joanny, édité par Marc Angrand

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