October 15, 2017 / 8:05 AM / 6 months ago

L'armée turque poursuit son déploiement dans le nord de la Syrie

AMMAN, 15 octobre (Reuters) - L’armée turque poursuit son déploiement dans la province d’Idlib dans le nord de la Syrie en y installant des postes d’observation dans le cadre d’une mission de contrôle des milices kurdes, rapportent rebelles et témoins sur place.

Un premier convoi composé d’une trentaine de véhicules a franchi la frontière au poste de Bab al Haoua jeudi soir pour gagner la province d’Idlib.

La Turquie a expliqué que ce déploiement militaire entrait dans le cadre d’une mission d’observation des milices kurdes conformément à l’accord dit de “désescalade” conclu le mois dernier avec l’Iran et la Russie.

Samedi, la Syrie a exigé le retrait immédiat des troupes turques, jugeant que leur présence constitue “une agression flagrante” et une violation des conventions internationales.

Au moins quatre convois ont été vus entrer en Syrie depuis jeudi soir et “près de 200 soldats (turcs) sont maintenant stationnés dans des zones séparant les groupes kurdes de ceux de l’opposition”, a expliqué dimanche un conseiller militaire de l’Armée syrienne libre (ASL), Ibrahim al Idlibi.

Des hommes du génie équipés de bulldozers travaillent jour et nuit à l’installation de fortifications et de postes d’observation, rapportent des témoins.

Par sa présence militaire dans ce secteur de Syrie, Le gouvernement turc cherche à assurer la sécurité de sa frontière sud, à la fois contre les djihadistes du groupe Etat islamique (EI) et contre les milices kurdes qui contrôlent la majeure partie de la zone frontalière côté syrien.

Le plan de désescalade conclu à Astana au Kazakhstan ne concerne pas certains groupes djihadistes comme la puissante alliance Tahrir al Cham qui contrôle des territoires dans la province d’Idlib et dans le nord-ouest de la Syrie.

Les troupes turques ont pris position près du chateau Samaan, dans les montagnes de Cheikh Barakat, une zone surplombant un territoire tenu par les rebelles.

Les Turcs veulent aussi aller dans le canton d’Afrin contrôlé par les milices kurdes des Unités de protection du peuple (YPG).

Ces groupes combattants constituent le fer de lance des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de rebelles syriens soutenue par les Etats-Unis qui a enregistré de nombreux succès dans la guerre contre les djihadistes de l’EI.

La Turquie entend empêcher les YPG d’établir une continuité territoriale entre le canton d’Afrin et d’autres zones que les Kurdes contrôlent dans le nord-est de la Syrie.

Ibrahim al Idlibi a précisé que les Turcs allaient “établir des positions jusqu’à 40 km à l’intérieur de la province d’Idlib, comme convenu”.

L’objectif est de pouvoir contrôler une bande de territoire s’étendant de Bab al Haoua jusqu’à la ville de Jarablous, à l’ouest de l’Euphrate, et vers le sud jusqu’à celle de Bab. (Souleiman al Khalidi, Gilles Trequesser pour le service français)

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