October 16, 2017 / 6:02 AM / 6 months ago

ECLAIRAGE-La Bourse préfère les équipementiers auto qui osent la rupture

* Qui des constructeurs ou des équipementiers gagnera la bataille?

* Sortie du thermique, électrification et automatisation, les principaux challenges

* Prime boursière aux sous-traitants qui misent sur la tech

par Gilles Guillaume

PARIS, 16 octobre (Reuters) - La disgrâce du diesel et l’accélération de l’électrification des voitures constituent deux défis de poids pour les équipementiers automobiles, mais aussi un test d’agilité que la Bourse est toujours prête à récompenser.

Transformation digitale, automatisation des boîtes de vitesse, véhicule autonome, électrification des voitures, désamour pour le diesel, dépollution de l’essence, autant de sujets qui se trouveront au coeur des débats au prochain salon de l’après vente Equip Auto, qui ouvre ses portes la semaine prochaine. Rarement depuis le début de l’aventure automobile les mutations auront été si nombreuses en même temps.

“Plus que jamais, la différentiation entre les business models invididuels des fournisseurs constituera la clé”, souligne UBS dans une note de recherche. Et la banque estime qu’il n’est pas acquis que tous les équipementiers, dans leur forme actuelle, tirent parti des nouvelles tendances qui émergent dans le secteur de la mobilité.

En Bourse, ceux qui ont tiré leur épingle du jeu ces derniers mois le doivent en effet presque tous à l’annonce de repositionnements parfois spectaculaires.

L’américain Delphi a ainsi décidé en mai dernier de scinder ses activités traditionnelles de transmission de ses activités plus technologiques; Faurecia prévoit de se doter d’un 4e métier plus technologique pour ne plus dépendre seulement de la dépollution, des sièges et des tableaux de bord; Plastic Omnium s’apprête à céder sa division environnement, dont la création remonte à 1965, tandis qu’Autoliv ambitionne de se scinder en deux entités autonomes, sécurité passive d’une part et électronique pour la conduite assistée, d’autre part.

“La pression des investisseurs pourrait s’accroître suite à l’annonce de Delphi et la réaction positive du cours de l’action qui a suivi”, ajoute UBS.

Dans tous les pays la filière s’interroge, à commencer par la puissante industrie automobile allemande, ébranlée par le scandale Volkswagen.

“L’Allemagne allie des activités qui sont plus traditionnelles, de la mécanique, du powertrain, du thermique traditionnel, à des nouvelles activités, Adas (Aides à la conduite), hybride, digital”, a expliqué fin septembre le directeur financier d’Akka, Nicolas Valtille, lors de la publication des résultats semestriels du spécialiste de l’ingénierie.

“Certains acteurs, qui sont très présents dans le nord de l’Allemagne, essaient du coup de compenser leur mauvais positionnement, mono-secteur, mono-client, expertise traditionnelle, en étant très agressifs sur les prix”, a-t-il ajouté.

LES FOURNISSEURS ONT DES PE DEUX FOIS PLUS ÉLEVÉS

Valeo, l’un des mieux positionnés pour tirer parti de l’électrification des voitures avec notamment son système d’hybridation 48 volts, estime que ces nouvelles technologies permettront aux fournisseurs bien positionnés de multiplier par entre deux et neuf le nouveau contenu qu’ils vendent par véhicule.

L’équipementier affiche un PE d’environ 15, contre 11,7 - le plus bas niveau du secteur - pour Schaeffler, qui a signé un avertissement sur résultats fin juin.

“Le premium de valorisation de Valeo est justifié par une croissance plus vigoureuse, dans un marché où la croissance est plus rare que le cash”, commente Jefferies.

Longtemps vedette du marché, Valeo a cependant sous-performé ses pairs au cours des derniers mois. Des analystes estiment que le groupe pourrait avoir du mal à maintenir le rythme de croissance impressionnant qu’il a affiché jusqu’ici.

“Entre les PE des fournisseurs et les PE de 6 des constructeurs, l’écart relatif s’est trop creusé à nos yeux”, souligne UBS.

Les équipementiers doivent en effet veiller à ce que les constructeurs ne cherchent pas à regagner leur part du gâteau en internalisant un nombre croissant de composants pour garder ou reprendre le contrôle de la chaîne de valeur.

“Nous devrions tourner la page sur ce débat interminable, ridicule et idéologique sur la meilleure technologie pour les véhicules motorisés”, a déclaré au dernier salon de l’auto de Francfort Roberto Vavassori, président de l’Association européenne des fournisseurs automobiles (Clepa).

“Pour l’industrie des fournisseurs européens, savoir quelle type de motorisation est adopté est hors sujet, ce qui compte c’est que la valeur ajoutée reste chez eux, dans l’industrie et la production européennes.”

Ce sujet est d’autant plus sensible qu’avec le développement des architectures électriques, dont la base est simplifiée par rapport à un moteur thermique optimisé et bardé de systèmes de dépollution, et l’essor de la connectique, où les sociétés technologiques ont une longueur d’avance, de nouveaux entrants sont prêts à se lancer dans l’aventure comme Tesla, Google... voire même Dyson.

“La liberté technologique favorise l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché. Fortes de technologies innovantes, voire ‘disruptives’, de nouvelles entreprises peuvent rapidement s’imposer”, a déclaré Astérès dans une étude réalisée le mois dernier pour le compte de Taddeo sur la transition du parc automobile.

Avec Emma Thomasson, édité par Jean-Michel Belot

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