10 octobre 2017 / 12:00 / il y a 13 jours

Sécurité renforcée à Barcelone avant le discours de Puigdemont

par Angus Berwick

BARCELONE, 10 octobre (Reuters) - Carles Puigdemont, le président de la Généralité de Catalogne, pourrait inviter mardi le parlement régional à proclamer l‘indépendance, en s‘appuyant sur le résultat du référendum du 1er octobre.

Carles Puigdemont doit prendre la parole vers 18h00 (16h00 GMT). Mardi matin, il a présidé un conseil des ministres pour fixer sa stratégie.

La volonté des autorités catalanes de proclamer l‘indépendance a provoqué la pire crise en Espagne depuis le coup d‘Etat manqué de février 1981 et inquiète les partenaires européens de Madrid.

La police catalane a renforcé dans la matinée la sécurité aux abords du parlement régional à Barcelone. Des policiers armés de fusils d‘assaut ne permettent qu‘aux députés et aux journalistes de pénétrer dans le parc de la Ciutadella, à l‘intérieur duquel se trouve l‘élégant bâtiment XVIIIe du parlement.

Aucun membre de la police nationale espagnole n‘était en vue.

Selon la loi référendaire adoptée début septembre, un vote du Parlement en faveur de l‘indépendance ouvrirait la voie à six mois de négociations avec Madrid et à la tenue d‘élections locales, qui seraient le dernier acte de la rupture.

Lundi, la vice-présidente du gouvernement espagnol, Soraya Saenz de Santamaria, a lancé un appel à l‘exécutif catalan pour qu‘il renonce à proclamer l‘indépendance.

“NE SAUTEZ PAS DANS LE VIDE”

“J‘en appelle aux gens sensés au sein du gouvernement catalan (...): ne sautez pas dans le vide, parce que vous emporterez le peuple avec vous”, a-t-elle déclaré au micro de la station de radio COPE.

“En cas de proclamation unilatérale d‘indépendance, des décisions seront prises pour restaurer la loi et la démocratie”, a-t-elle averti.

Mariano Rajoy, chef du gouvernement conservateur, n‘exclut pas de dissoudre l‘exécutif catalan et d‘ordonner la tenue d‘élections anticipées si le Parlement catalan proclame l‘indépendance.

Des partisans de l‘indépendance ont prévu de se rassembler devant le parlement régional avant le discours de Carlos Puigdemont, sous le slogan “Salut, République !”

Dimanche, des centaines de milliers d‘adversaires de l‘indépendance ont manifesté dans le centre de Barcelone en brandissant des drapeaux espagnols et catalans.

Une semaine auparavant, la journée du référendum d‘autodétermination, illégal aux termes de la Constitution espagnole, avait été marquée par des violences. Neuf cents personnes avaient été blessées dans les charges de la police.

Selon les chiffres du gouvernement catalan, 90% des votants le 1er octobre se sont prononcés en faveur de l‘indépendance mais la participation n‘a été que de 43%, ce qui est loin de constituer une majorité pour la sécession.

QUELLE MAJORITÉ ?

Des sondages effectués avant le référendum montraient que seulement 40% des habitants de la Catalogne étaient en faveur de l‘indépendance voulue par Puigdemont, un ancien journaliste âgé de 54 ans.

La crise a des conséquences économiques car la Catalogne représente environ 20% du PIB espagnol et plus d‘un quart des exportations.

Dans le sillage des décisions prises par les banques Caixabank et Sabadell, le groupe immobilier Inmobiliaria Colonial et le groupe du BTP Abertis ont choisi lundi de transférer leurs sièges à Madrid.

L‘entreprise des télécommunications Cellnex a indiqué qu‘elle ferait de même si l‘incertitude politique persistait en Catalogne. Quant au groupe éditorial Planeta, il transférera son siège social de Barcelone à Madrid si le parlement catalan proclame unilatéralement l‘indépendance.

Le ministre espagnol des Finances, Cristóbal Montoro, a estimé que c‘était la faute du gouvernement régional catalan si les entreprises partaient.

Des Catalans ont entrepris de transférer leurs comptes en banque dans d‘autres régions d‘Espagne pour mettre leurs économies à l‘abri en cas de proclamation unilatérale d‘indépendance, qui pourrait entraîner une sortie de la zone euro.

Mardi matin, la Commission européenne a lancé un nouvel appel au dialogue entre le gouvernement espagnol et les autorités catalanes. (Avec Rodrigo de Miguel, Paul Day, Blanca Rodriguez, Emma Pinedo, Jesus Aguado, Carlos Ruano et Alba Asenjo; Guy Kerivel pour le service français)

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