9 octobre 2017 / 17:08 / il y a 12 jours

LEAD 1-La BCE reste préoccupée par le stock de prêts à risque-Mersch

* Chaque pays membre doit “mettre de l‘ordre” chez soi, dit Mersch

* Rome critique les propositions de la BCE sur les prêts à risque

* L‘Italie prête à se battre contre le projet-Calenda

* L‘économie s‘est améliorée mais l‘inflation déçoit-Mersch (Actualisé avec propos de Calenda)

par Valentina Za et Gianluca Semeraro

MILAN, 9 octobre (Reuters) - La Banque centrale européenne reste préoccupée par le stock de prêts à risque qui alourdit les bilans des banques de la zone euro, a déclaré lundi Yves Mersch, membre du directoire de la BCE.

La BCE a présenté la semaine dernière de nouvelles propositions imposant aux banques européennes d‘augmenter leurs provisions sur leurs nouvelles créances douteuses.

L‘Italie, dont les banques détiennent près de 30% de la montagne de 915 milliards d‘euros de créances douteuses en zone euro, a mal accueilli ces nouvelles exigences de provisions et a demandé à la BCE de les assouplir à la suite d‘une consultation publique qui doit se dérouler jusqu‘au 8 décembre.

Le ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan, a déclaré lundi au Luxembourg, juste avant une réunion de l‘Eurogroupe, que Rome avait des “doutes” sur la façon de la BCE de vouloir gérer le problème des prêts à risque.

“Nous en discuterons dans les semaines à venir”, a-t-il dit.

Le ministre de l‘Industrie, Carlo Calenda, a déclaré de son côté, dans un entretien télévisé pour diffusion lundi soir, que l‘Italie se battrait contre ce projet qui, s‘il était adopté, risquerait de provoquer, selon lui, une crise de crédit en Italie.

“Nous nous battrons contre au sein de l‘Union européenne, c‘est une affaire politique et non technique”, a-t-il dit.

A partir du 1er janvier, les banques auraient deux ans maximum pour constituer des provisions couvrant 100% de leurs nouvelles créances douteuses non-garanties, puis sept ans pour couvrir la totalité de leurs prêts à risque garantis, a précisé la BCE. Ces mesures n‘affecteront pas les créances douteuses figurant déjà dans les bilans des banques.

“Comme nous avons déjà trouvé une solution pour les prêts non performants à venir, nous restons préoccupés par les stocks existants”, a dit Yves Mersch lors d‘une conférence, en réponse à des questions sur ces propositions et la réaction de Rome.

“S‘il y a des règles en Europe, on ne peut pas toujours mettre en avant les exceptions culturelles, surtout si ces exceptions culturelles sont (...) faites maison”, a-t-il ajouté.

“QUELQUES DÉCEPTIONS” SUR L‘INFLATION

Il a souligné que ces règles ne visaient pas un pays en particulier, tout en notant que les prêts à risque posaient plus de problèmes à certains pays pour des raisons purement locales.

La longueur des procédures de recouvrement en Italie désavantage les banques italiennes, les nouvelles mesures proposées prévoyant de constituer des réserves de trésorerie à intervalles réguliers pour couvrir les prêts à risque.

“Les lois sur les faillites restent une compétence nationale et la réforme judiciaire est une compétence nationale. Donc pour accélérer l‘union bancaire européenne (...) chaque pays doit mettre de l‘ordre dans sa propre maison.”

Il a aussi rejeté les critiques de responsables italiens selon lesquelles ces nouvelles règles freineraient le crédit.

“Notre intention n‘est pas de réduire la capacité de crédit mais d‘avoir un système bancaire sain.”

A la question de savoir si la BCE fournirait ce mois-ci des indications fermes sur le calendrier du démantèlement de son programme de rachats d‘actifs, il a dit: “Même s‘il est vrai que les perspectives (économiques) se sont considérablement améliorées, globalement, géographiquement et dans tous les secteurs, il est également vrai que nous avons eu quelques déceptions sur l‘évolution des pressions inflationnistes.”

Il a noté que la BCE devait encore prendre en compte les dernières statistiques dans ses calculs avant de se décider.

Yves Mersch est considéré comme un “faucon”, plus proche de la position allemande en faveur d‘un démantèlement rapide du programme de rachat d‘actifs, mais ses propos de lundi vont dans le sens de l‘approche adoptée par le président de la BCE, Mario Draghi, qui privilégie “patience et persévérance”.

Les marchés s‘attendent à l‘annonce d‘une réduction d‘un tiers du programme de rachats d‘actifs lors de la réunion de la BCE, le 26 octobre, accompagnée d‘une prolongation de ce programme d‘assouplissement quantitatif de six ou neuf mois. (Avec Francesco Guarascio à Luxembourg; Juliette Rouillon pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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