7 octobre 2017 / 13:09 / dans 11 jours

Manifestations à Madrid et Barcelone pour le dialogue et l'unité

par Raquel Castillo et Sam Edwards

MADRID/BARCELONE, 7 octobre (Reuters) - Des dizaines de milliers d‘Espagnols se sont rassemblés samedi à Madrid et Barcelone pour réclamer l‘ouverture d‘un dialogue entre la Catalogne et le gouvernement central, six jours après le référendum d‘autodétermination controversé organisé par Barcelone.

Des rassemblements ont eu lieu dans une cinquante d‘autres villes d‘Espagne, qui vit une crise politique sans précédent depuis la tentative de putsch de février 1981.

“Je suis venue parce que je me sens très espagnole et que ce qui s‘est passé me rend très triste”, confesse Rosa Borras, secrétaire au chômage croisée parmi la foule rassemblée sur la plaza de Colón, dans le centre de Madrid.

Portant un autocollant “Cataluña te quiero (Catalogne, nous t‘aimons)” et entourée de milliers de manifestants agitant des drapeaux espagnols, elle ajoute, les larmes aux yeux: “Je voulais être ici pour l‘unité, parce que je me sens aussi très catalane. Ma famille vit en Catalogne.”

A quelques centaines de mètres de là, sur la place Cibeles et devant le conseil municipal de la capitale espagnole, des milliers de personnes vêtues de blanc ont répondu à l‘appel de la plate-forme “Parlem, Hablemos” (parlons).

A Barcelone, ils sont environ 2.000 à s‘être rassemblés sur la Plaza de Sant Jaume, certains portant des tee-shirts demandant en catalan: “Si us plau, dialoguer” (s‘il vous plaît, parlez-vous).

“Une fracture sociale se produit en Catalogne et nous devons la réduire par le dialogue, jamais par l‘unilatéralisme de l‘un ou de l‘autre”, explique José Manuel García, un économiste de 61 ans venu habillé en blanc.

“Je suis très inquiet, cela va mal se terminer et toute le monde perdra s‘il n‘y a pas de dialogue”, ajoute-t-il.

Ces toutes dernières heures, le ton était à l‘apaisement entre Madrid et Barcelone.

Le délégué du gouvernement espagnol en Catalogne, Enric Millo, a ainsi présenté vendredi des excuses pour les violences policières qui ont émaillé le déroulement du référendum de dimanche dernier. Mais la semaine à venir risque d‘être sous haute tension.

Le gouvernement de Mariano Rajoy n‘a de cesse de dénoncer l‘illégalité de la consultation, qui avait été interdite par le Tribunal constitutionnel.

Le gouvernement autonome de Catalogne a publié vendredi soir les résultats présentés comme définitifs du référendum, le “oui” l‘emportant avec 90,18% des voix exprimées par les quelque 2,3 millions d‘électeurs qui se sont déplacés aux urnes malgré le déploiement des forces de police, soit une participation de 43% des inscrits.

Le président de la Généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, a décalé de vingt-quatre heures son intervention prévue devant le Parlement régional pour évoquer la “situation politique”, désormais programmée mardi à 18h00 (16h00 GMT).

Le chef de la Generalitat pourrait profiter de cette allocution pour proclamer l‘indépendance de la région. (Jean-Stéphane Brosse et Henri-Pierre André pour le service français)

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