6 octobre 2017 / 14:42 / dans 2 mois

Le pape invite les géants de l'internet à protéger les mineurs

CITE DU VATICAN, 6 octobre (Reuters) - Le pape François a invité vendredi les dirigeants des géants de l‘internet à faire le maximum pour protéger efficacement les mineurs des risques d‘abus sexuels et autres dangers sur le net.

S‘exprimant à Rome lors d‘une conférence consacrée à “La dignité des mineurs à l‘ère du numérique”, en présence de représentants de Facebook et de Microsoft, le souverain pontife a rappelé que l‘Eglise catholique avait connu ces dernières années “des faits très graves” liés à la protection des mineurs.

L‘Eglise, a-t-il dit, a dû “reconnaître les responsabilités devant Dieu, les victimes et l‘opinion publique” et veut donc partager les leçons qu‘elle a retirées de ces épreuves.

Le monde numérique, a noté le pape, offre d‘énormes avantages mais présente aussi de graves dangers, dans son “côté obscur”.

“Nous nous demandons avec raison si nous sommes capables de conduire les processus que nous-mêmes avons mis en route, s‘ils ne nous échappent pas”, a-t-il dit.

Il a cité l‘exemple “des zones obscures, ‘le dark net’, où le mal trouve des moyens toujours nouveaux et plus efficaces, envahissants et capillaires pour agir et s‘étendre”.

François a parlé ainsi de “la commande et la vision en direct de viols et de violences sur mineurs commis ailleurs dans le monde”.

Parce que les mineurs représentent plus d‘un quart des trois milliards d‘utilisateurs d‘internet, les entreprises de ce secteur, a-t-il suggéré, devraient “investir une proportion conséquente de leurs gains considérables” pour protéger “l‘esprit malléable des enfants”.

Le pape a estimé que les garde-fous techniques n‘étaient pas la panacée, jugeant erroné de penser que “les solutions techniques automatiques, les filtres construits sur la base d‘algorithmes toujours plus précis pour identifier et bloquer la diffusion des images abusives et nuisibles soient suffisants pour faire face aux problèmes”.

Une autre erreur, a-t-il ajouté, serait de se cantonner dans “la vision idéologique et mythique du réseau comme règne de la liberté sans limites”.

Or, au-delà de la pornographie, des phénomènes très graves déferlent sur le net, a poursuivi le pape, citant le “sexting” ou encore “le harcèlement qui s‘exprime toujours plus en ligne et qui est une véritable violence morale et physique”.

L‘Eglise, a-t-il conclu, au vu des “dramatiques expériences” de ces dernières années - allusion aux multiples affaires de pédophilie ayant défrayé la chronique - “sent aujourd‘hui le devoir particulièrement grave d‘oeuvrer de manière toujours plus profonde et clairvoyante pour la protection des mineurs et de leur dignité”. (Philip Pullella, Gilles Trequesser pour le service français)

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