9 octobre 2017 / 11:23 / il y a 2 mois

Brexit-Des banquiers français de Londres prêts à revenir en France

* Le gouvernement s‘active pour améliorer l‘attractivité de la France

* La ville de Francfort reste la grande favorite

* Le gouvernement veut des gestes concrets des banques françaises-source

par Abhinav Ramnarayan, Anjuli Davies et Maya Nikolaeva

LONDRES/PARIS, 9 octobre (Reuters) - Alors que de nombreux banquiers installés à Londres rafraîchissent leur allemand en vue de leur départ pour Francfort après la sortie du Royaume-Uni de l‘Union européenne, les équipes des banques d‘investissement françaises se disent prêtes à répondre aux appels du pied du gouvernement pour relocaliser leurs activités en France.

Plusieurs banques étrangères ont d‘ores et déjà prévenu où elles envisageaient d‘installer leurs activités européennes actuellement domiciliées à Londres dans l‘hypothèse d‘un “Brexit dur” qui verrait la Grande-Bretagne perdre son passeport financier européen et du coup son accès au marché unique.

Pour l‘heure, la ville de Francfort a la préférence des banquiers car elle tire parti de l‘attractivité de l‘Allemagne du fait de la santé de son économie, de son régime fiscal et de sa note de crédit AAA par les agences de notation.

Mais les banques françaises n‘ont pas encore tranché, selon des sources bancaires, le gouvernement cherchant à les convaincre de rapatrier leurs activités londoniennes dans l‘Hexagone.

“Macron et le gouvernement insistent vraiment auprès des banques françaises pour qu‘elles rapatrient une partie de leurs équipes à Paris, en ouvrant des lycées internationaux et en parlant d‘exemptions fiscales”, déclare un banquier français installé à Londres.

“Personnellement, je suis prêt à vivre à Paris. A moins d‘un ”Brexit soft“ (sortie de l‘UE en douceur, NDLR), cela est quasiment inévitable.”

Ce sentiment est partagé par un autre banquier londonien au sein d‘une banque française.

“De nombreux Américains vont partir à Francfort et beaucoup d‘entre eux ont des projets très avancés. Il y a beaucoup de pression sur nous.”

Des sources au ministère de l‘Economie assurent qu‘il n‘y a aucune pression excessive sur les banques, tout en reconnaissant que le gouvernement souhaite voir les banques françaises relocaliser plus de postes en France.

“Ce gouvernement fait beaucoup en termes d‘attractivité, comme supprimer l‘impôt sur la fortune. Nous voulons que les banques tiennent leurs promesses, nous voulons d‘elles qu‘elles fassent des gestes concrets”, explique une source au ministère.

ATTENTISME DES BANQUES FRANÇAISES

Les deux grandes banques françaises BNP Paribas et Société générale n‘ont pour l‘instant pas établi de plans définitifs.

Frédéric Oudéa, le directeur général de la Société générale indiquait en juin à Reuters que la banque envisageait de transférer 300 à 400 postes à Paris sur les 2.000 postes de banque d‘investissement à Londres.

Le Crédit agricole a de son côté déjà transféré sa plate-forme européenne de trading d‘obligations souveraines à Paris. Mais une source a indiqué que ce transfert n‘était pas lié au Brexit.

Aucune des trois banques françaises n‘a souhaité faire de commentaire sur le sujet.

Le gouvernement français s‘efforce aussi de rassurer la communauté financière que le secteur n‘est plus son “ennemi”, comme l‘avait dit François Hollande lors de sa campagne électorale pour le scrutin présidentiel de 2012.

“Le gouvernement précédent était un gouvernement idéologique. Celui-là est pragmatique”, analyse un banquier français à Paris.

Pour améliorer son attractivité aux yeux des banques internationales, la France a pris un certain nombre de mesures pour réduire le coût du travail et assouplir la fiscalité. Elle a aussi promis de construire plus de lycées internationaux pour les enfants d‘expatriés.

L‘ancien gouverneur de la Banque de France Christian Noyer, chargé par l‘ancienne majorité de défendre les couleurs de Paris, a réalisé plus de 400 présentations à des banques à New York et à Londres dans les mois qui ont suivi le référendum britannique sur le Brexit en juin 2016.

Pour l‘heure, la banque britannique HSBC est la seule grande institution à avoir annoncé son intention de déplacer de Londres à Paris jusqu‘à 1.000 traders dans un scénario de Brexit dur.

La banque américaine Citi a de son côté fait savoir fin septembre qu‘elle avait demandé une licence en France pour ses activités de marché mais que le siège de ses activités de marché pour l‘Europe serait à Francfort.

Pour Christian Noyer, qu‘une banque demande une licence bancaire à Francfort ne signifie pas pour autant qu‘elle relocalisera ses équipes dans la ville allemande. (Avec Leigh Thomas et Michel Rose, Matthieu Protard pour le service français, édité par Dominique Rodriguez)

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