4 octobre 2017 / 13:58 / dans 2 mois

GRAPHES-Déçus par la Trumpflation, les marchés regardent vers Berlin

par Abhinav Ramnarayan

LONDRES, 4 octobre (Reuters) - Les promesses de relance du président américain Donald Trump tardant à se concrétiser, les investisseurs se prennent à rêver d‘une Allemagne qui affecterait ses confortables excédents aux baisses d‘impôts et à une hausse des dépenses publiques et prendrait le relais pour alimenter la hausse des actifs risqués, en particulier en Europe.

Le départ annoncé de Wolfgang Schäuble, le “père la rigueur” de l‘Allemagne et de l‘Europe, du ministère des Finances à Berlin après les élections législatives du 24 septembre nourrit tous les espoirs.

Schäuble occupe le poste influent de ministre des Finances depuis 2009 mais les résultats des élections ont profondément modifié le paysage politique de l‘Allemagne et contraignent la chancelière Angela Merkel à envisager une coalition tripartite réunissant son bloc conservateur, les libéraux du FDP et les écologistes (Grünen).

Le FDP, qui a déjà fait savoir qu‘il convoitait le portefeuille des Finances, a proposé 30 milliards d‘euros de baisses d‘impôts dans son programme électoral.

S‘il n‘est pas acquis que cette proposition sera reprise dans la plate-forme de la “coalition jamaïque”, aux couleurs des trois formations, le noir pour la CDU-CSU, le jaune pour le FDP et le vert pour les écologistes, qui correspondent à celles du le drapeau jamaïcain, les confortables excédents allemands, budgétaire et des comptes courants, laissent des marges de manoeuvre.

Les principaux instituts économiques allemands prévoient des excédents records dans les deux prochaines années et recommandent aux gouvernements de les utiliser pour réduire les impôts et les prélèvements sociaux.

Toute mesure de cette nature serait susceptible de déclencher un “reflation trade” comparable à celui déclenché par l‘élection de Donald Trump qui avait été suivi de paris à la hausse du dollar, de l‘inflation, des taux et de Wall Street avant de s‘essouffler au gré des difficultés du président américain avec sa majorité au Congrès.

“Je m‘attends à ce que dans une nouvelle coalition les Verts soient récompensés par une hausse des dépenses publiques et le FDP par une baisse des impôts”, a dit Patrick Barbe, un des responsables des investissements obligataires de BNP Paribas Asset Management, qui gère 566 milliards d‘euros d‘actifs.

“Et si vous baissez les impôts, cela devrait être positif pour les actifs sensibles à la relance”, a-t-il ajouté.

En plus des actions, candidates naturelles à la hausse dans un environnement de relance, il a aussi mentionné les obligations indexées sur l‘inflation et l‘immobilier.

Il n‘y a pas de favori évident pour succéder à Schäuble qui devrait prendre la présidence du Bundestag. Le dirigeant du FPD, Christian Lindner, considéré comme un possible candidat, a dit qu‘il préférait assurer la présidence de son groupe au Bundestag, ce qui pourrait ouvrir la voie au numéro deux du parti, Wolfgang Kubicki.

Mais le FDP est loin d‘être prodigue et reste un fervent partisan d‘un budget en excédent et de toute façon au moins à l‘équilibre.

Les espoirs d‘un assouplissement budgétaire n‘en vont pas moins bon train.

Markus Schomer, économiste en chef de la société de gestion Pinebridge qui gère 85 milliards d‘euros d‘actifs, estime qu‘une “coalition Jamaïque” pourrait se traduire par 30 milliards d‘euros de baisses d‘impôts et 10 à 20 milliards d‘euros de dépenses publiques supplémentaires.

“Il y a du potentiel pour renforcer les actifs européens dans notre portefeuille multi-actifs en conséquence. Nous ne sommes pas si exposés que cela actuellement.”

Pinebridge prévoit une hausse du produit intérieur brut allemand de 2,2% en 2018 et 2019 mais estime que cette relance fiscale pourrait ajouter 0,2 point de pourcentage à la croissance sur chacune des deux années.

Sous la férule de Schäuble, l‘Allemagne a été l‘un des rares pays européens à présenter des comptes publics à l‘équilibre, voire en excédent, à tel point que la Commission européenne a critiqué Berlin pour sa trop grande rigueur.

“Si l‘Allemagne avait opté pour la reflation plus tôt (...) cela aurait accru la demande adressée aux pays périphériques qui auraient enregistré une croissance plus forte et par conséquent des déficits (publics) plus faibles”, a dit Willem Verhagen, économiste chez NN investment Partners dont les actifs sous gestion atteignent près de 200 milliards d‘euros.

Le départ de Schäuble et son remplacement par un représentant du FDP ne devraient en revanche pas changer l‘attitude de l‘Allemagne vis-à-vis de la politique monétaire de la Banque centrale européenne et ses réticences à une poursuite de ses achats massifs d‘actifs dans un contexte d‘amélioration de la situation économique de la zone euro.

Marc Joanny pour le service français, édité par Véronique Tison

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