4 octobre 2017 / 03:02 / il y a 20 jours

France-L'exécutif passe à l'offensive pour défendre le budget 2018

* L‘exécutif accusé par l‘opposition de favoriser les “riches”

* Interview de Philippe à Libération, Macron sur le terrain

* Le chef de l‘Etat déplore “des passions tristes”

par Marine Pennetier

PARIS, 4 octobre (Reuters) - Interview d‘Edouard Philippe à Libération, rencontre avec les parlementaires et retour d‘Emmanuel Macron sur le terrain social : le couple exécutif tente d‘endiguer les critiques grandissantes sur une présumée “présidence des riches”.

“Il y a une image qui est en train de s‘installer, celle d‘un président des riches”, reconnaît un ministre. “Cette image n‘est évidemment pas justifiée mais il y a un vrai enjeu de communication”.

“On voit beaucoup les ministres dits de droite - Gérald Darmanin et Bruno Le Maire - dans les médias, on voit peu des gens de gauche”, ajoute ce membre du gouvernement. “Il peut y avoir ce sentiment de sens unique, c‘est à nous de remettre un peu de barre sociale et de protection”.

L‘enjeu est de taille pour Emmanuel Macron, qui après avoir connu un été mouvementé, commence pour la première fois depuis son élection en mai à reprendre des couleurs dans les sondages.

Six jours après la présentation du premier budget de son quinquennat, accusé de favoriser les Français les plus aisés, le chef de l‘Etat a renoué avec le terrain social après des engagements internationaux et européens.

Gilet jaune fluo siglé “visiteur”, le chef de l‘Etat a rencontré mardi des salariés du groupe d‘électroménager Whirlpool à Amiens (Somme) avant de se rendre au nouvel entrepôt du géant américain Amazon, à Boves. Mercredi, il est attendu à Egletons (Corrèze) pour une visite centrée sur la formation professionnelle, qui pourrait être perturbée par des salariés de l‘équipementier automobile GM&S.

Interpellé mardi par le député La France insoumise François Ruffin, venu défendre les “oubliés” sur le site de Whirlpool, Emmanuel Macron a défendu l’“efficacité” “du dialogue social”, pierre angulaire des ordonnances de la loi Travail.

“PASSIONS TRISTES”

Face aux accusations de l‘opposition sur une présidence “des riches”, il a déploré l‘utilisation de “formules dans lesquelles les passions tristes françaises aiment s‘enfoncer”.

Dérogeant à sa règle de ne pas évoquer les questions de politique intérieure à l‘étranger, le chef de l‘Etat avait d‘ores et déjà balayé vendredi les critiques sur le projet de budget en marge du sommet européen de Tallinn.

Le gouvernement peine pour l‘heure à convaincre. Selon un sondage ViaVoice publié mi-septembre dans Libération, 53% des Français interrogés considéraient que la politique économique profitait aux “catégories les plus aisées”.

Dans le collimateur de l‘opposition, la suppression de l‘impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et son remplacement par l‘IFI, concentré sur les seuls biens immobiliers - une promesse de campagne d‘Emmanuel Macron à laquelle une majorité des Français (57%) se disent opposés.

“C‘est une politique pour la France du CAC 40”, a fustigé la maire socialiste de Lille Martine Aubry. “Si l‘efficacité est atteinte au détriment de la justice, ce sera un échec”, a renchéri le leader du MoDem, François Bayrou.

Dans les rangs même de la majorité présidentielle, cette mesure à forte charge symbolique suscite des réserves.

“FLOTTEMENT”

Le député LREM et rapporteur du budget à l‘Assemblée, Joël Giraud, a sonné la charge la semaine dernière en jugeant souhaitable de “revoir” certains aspects de la réforme de l‘ISF.

Pour répondre aux interrogations et tenter de contenir une potentielle fronde, le Premier ministre Edouard Philippe a participé à la réunion du groupe LREM ce mardi.

“Sa présence était loin d‘être anodine”, indique un participant, selon lequel le ministre de l‘Economie Bruno Le Maire “lui-même s‘est dit inquiet de cette forme de flottement”.

La “présentation d‘un PLF c‘est toujours une épreuve et là, c‘est la première épreuve politique pour le gouvernement”, estime de son côté une élue LREM. “On savait parfaitement qu‘en transformant l‘ISF, ça allait avoir un impact très fort dans l‘opinion. Maintenant il est important d‘assumer.”

A l‘image d‘Edouard Philippe, qui, dans une longue interview à paraître mercredi dans Libération, classé à gauche, défend un “budget équilibré” avec des mesures qui redistribuent “du pouvoir d‘achat vers les plus faibles et les classes moyennes”.

“Ces mesures existent mais elles n‘intéressent pas ceux qui veulent à tout prix nous critiquer”, souligne-t-il, citant entre autres la hausse de la prime d‘activité et du minimum vieillesse. (Edité par Sophie Louet)

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