3 octobre 2017 / 12:19 / il y a 19 jours

LEAD 2-A Amiens, Macron défend une réindustrialisation sous conditions

* Retour chez Whirlpool-Amiens, menacé de fermeture il y a peu

* Ruffin (LFI) interpelle Macron sur les intérimaires

* Chez Amazon, des salariés soulagés par l‘ouverture du site (Actualisé avec visite chez Amazon)

AMIENS, Somme, 3 octobre (Reuters) - Emmanuel Macron s‘est rendu mardi dans la Somme, une région frappée par la désindustrialisation, pour marquer la renaissance du site Whirlpool d‘Amiens et l‘ouverture d‘un centre Amazon, qui emploie nombre d‘ex-salariés d‘entreprises disparues.

A Whirlpool, repris il y a quelques jours, le chef de l‘Etat a défendu l‘efficacité du dialogue social après avoir été interpellé par François Ruffin, député La France insoumise, venu défendre les “oubliés” d‘Amiens.

Ce site avait été le théâtre d‘un duel à distance entre Emmanuel Macron et la présidente du Front national, Marine Le Pen, dans l‘entre-deux-tours de l‘élection présidentielle.

Dans un nouveau centre logistique d‘Amazon, géant américain de la distribution, le président a dit vouloir “montrer qu’il y a un avenir, y compris industriel, dans la région”.

Devant les salariés, il a souligné que beaucoup d‘entre eux avaient travaillé dans des entreprises aujourd‘hui fermées et qu‘il fallait combattre une “nostalgie” qui laisserait penser qu’“on n‘arriverait plus à repartir”.

“Je crois à la réindustrialisation de la France”, a dit Emmanuel Macron. Mais quand les possibilités d‘activité et de croissance sont là, car “on ne crée pas l’emploi par décret”.

De nombreux salariés lui ont expliqué lors de la visite qu‘ils sortaient d‘une période de chômage ou qu‘ils travaillaient auparavant chez Whirlpool.

François Ruffin a demandé un engagement des pouvoirs publics en faveur des intérimaires, expliquant que, dans l‘accord de reprise de Whirpool, “des gens ont été oubliés”. “Ce n‘est pas un point de détail dans un coin du tableau, c‘est la moitié des salariés”.

L‘accord signé le 12 septembre avec l’entreprise de l’industriel picard Nicolas Decayeux doit permettre de préserver 277 postes sur les 290 du site.

MACRON VANTE LE DIALOGUE SOCIAL

“Je ne veux pas fragiliser le projet de reprise ici, parce que sinon, c‘est tous les autres qui vont trinquer”, lui a répondu Emmanuel Macron, avant d‘estimer que la situation du site était “exemplaire d‘un dialogue social qui fonctionne”.

“Jamais ils n‘ont pris l‘usine en otage, jamais ils n‘ont été dégrader l‘entreprise et jamais ils n‘ont joué la politique du pire”, a-t-il dit.

“Quand des salariés savent faire cela, ça paye”, a-t-il ajouté, avant de promettre de regarder comment protéger les droits des intérimaires.

Devant l‘usine du sous-traitant Prima, il a dit qu‘il souhaitait que l’“on puisse avoir une liste complète et qu‘on puisse accompagner les intérimaires, les privilégiant sur une politique de formation et, lorsque que le projet (...) se développera plus encore, permettre que ceux qui sont sur ces listes puissent être privilégiés dans l‘accès à un emploi”.

Il a expliqué ce recours à l‘intérim par une “rigidité du marché du travail”, jugeant la situation “pas satisfaisante”.

Le chef de l‘Etat a de nouveau défendu sa politique en faveur des entrepreneurs, repoussant les accusations de “président des riches” brandies par l‘opposition.

“On peut dire d‘un côté il y a les gens qui réussissent, qui gagnent trop d‘argent et puis à côté il y a les intérimaires, il faut se battre pour eux. Mais qui va donner un métier aux intérimaires ? Les entrepreneurs, les entreprises”, a-t-il dit. “Ces formules dans lesquelles les passions tristes françaises aiment s‘enfoncer ne permettent pas d‘avancer.”

Les échanges entre le président et des salariés se sont déroulés dans une atmosphère dépassionnée.

“Aujourd‘hui, on vous accueille dans un climat beaucoup plus apaisé que lors de votre dernière visite”, lui a dit le responsable de l‘usine, Carlos Ramos, vantant le projet de reprise et l‘engagement des pouvoirs publics.

Selon l‘Elysée, l‘entreprise WN reprendra 236 salariés, les autres “ayant fait le choix d’autres projets professionnels ou de départ à la retraite”, et “un objectif de 277 salariés doit être atteint à horizon 2020”.

Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, était aux côtés du chef de l‘Etat.

“On attend maintenant des actes et on attend que l‘Etat fasse tout ce qui nous a été aujourd‘hui confirmé”, a dit l‘ancien ministre à l‘issue de la visite. (Jean-Baptiste Vey, avec Cyril Camu à Paris, édité par Sophie Louet)

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