2 octobre 2017 / 12:16 / dans 15 jours

LEAD 3-Le président catalan demande une médiation internationale

* Barcelone sollicite l‘Union européenne

* Le résultat du référendum est contraignant, dit Puigdemont

* Le “oui” plébiscité à 90%

* La violence ne peut-être un instrument politique, dit Bruxelles (Actualisé avec citations, Macron)

par Sonya Dowsett

MADRID, 2 octobre (Reuters) - Le président de l‘exécutif catalan a réclamé lundi une médiation internationale pour sortir de la crise avec Madrid, au lendemain du référendum sur l‘indépendance de la région.

“Il ne s‘agit pas d‘une affaire intérieure. Il est évident que nous avons besoin d‘une médiation”, a déclaré Carles Puigdemont, souhaitant qu‘elle soit supervisée par l‘Union européenne.

Il a dit n‘avoir eu aucun contact avec le pouvoir madrilène et a souhaité que le président du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy, dise s‘il est ou non favorable à un tel scénario.

Avant cet appel du président catalan, la Commission européenne a appelé lundi à midi tous les acteurs concernés à “passer très rapidement de la confrontation au dialogue”.

“La violence ne peut jamais être un instrument politique”, a déclaré le porte-parole de la Commission, Margaritis Schinas. L‘exécutif européen rappelle toutefois le caractère “illégal” du référendum au regard de la constitution espagnole.

Jean-Claude Juncker, président de la Commission, devait s‘entretenir dans la journée avec Mariano Rajoy.

Lors d‘une conversation téléphonique avec le président du gouvernement espagnol, Emmanuel Macron a quant à lui souligné l‘attachement de la France “à l’unité constitutionnelle de l’Espagne et confirmé (...) qu’il n’avait qu’un seul interlocuteur en la personne de M. Rajoy”, selon l‘Elysée.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, a jugé vital qu‘un dialogue se noue entre Madrid et Barcelone. “Les images qui nous sont venues d‘Espagne hier montrent à quel point il est important d‘interrompre l‘escalade”, a déclaré le chef de la diplomatie allemande.

ÉVITER UNE RUPTURE TRAUMATISANTE

Près de 900 personnes ont été blessées pendant la consultation dans des heurts avec les forces de l‘ordre, selon le gouvernement catalan.

Carles Puigdemont a annoncé la création d‘une commission spéciale chargée d‘enquêter sur d‘éventuels abus commis par la police espagnole durant le vote.

Le chef de l‘exécutif catalan a également réclamé le départ de toutes les forces de police nationale envoyées par Madrid pour empêcher le déroulement du scrutin.

A Genève, le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l‘homme, Zeid Ra‘ad al Hussein, a appelé les autorités espagnoles à procéder à une enquête approfondie et impartiale sur les violences du week-end.

Carles Puigdemont a réaffirmé que le résultat de la consultation de dimanche, jugée illégale par le gouvernement central, était à ses yeux contraignant.

“Ce référendum est valide, le résultat contraignant et nous devrons l‘appliquer”, a déclaré le président de la Generalitat de Catalogne.

Il a ajouté que le résultat définitif ne serait probablement pas présenté lundi ni mardi au Parlement catalan, qui sera chargé de proclamer l‘indépendance de la région du nord-est de l‘Espagne.

Carles Puigdemont a dit vouloir éviter une rupture “traumatisante” avec l‘Espagne mais a appelé à la conclusion d‘un nouvel accord entre Madrid et Barcelone.

Mariano Rajoy, qui a estimé dimanche soir qu‘il n‘y avait pas eu de référendum en Catalogne, devait rencontrer le chef du Parti socialiste (PSOE) Pedro Sanchez afin de réfléchir aux prochaines étapes.

Selon le gouvernement catalan, environ 2,26 millions de Catalans ont voté lors du référendum et 90% d‘entre eux se sont prononcés en faveur de l‘indépendance.

L‘issue du référendum plombe les banques catalanes, avec des replis de plus de 5% pour Banco de Sabadel ou encore Caixabank.

La Bourse de Madrid chute de 1,8% quand les autres places boursières en Europe sont orientées en hausse.

Dans le même temps, l‘écart de rendement entre l‘obligation d‘Etat espagnole à 10 ans et le Bund allemand de même échéance s‘est creusé à près de 126 points de base, contre autour de 116 points de base vendredi, ce qui constitue son niveau le plus important depuis la mi-juin.

avec Blandine Henault à Paris,; Nicolas Delame, Jean-Stéphane Brosse et Jean-Philippe Lefief pour le service français

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below