30 septembre 2017 / 02:36 / il y a 22 jours

Kalanick relance au grand jour la lutte de pouvoir chez Uber

par Paresh Dave

SAN FRANCISCO, 30 septembre (Reuters) - Travis Kalanick, cofondateur d‘Uber écarté en juin de son poste de directeur général, a relancé vendredi de manière inattendue et publiquement la lutte de pouvoir au sein du spécialiste américain des véhicules de transport avec chauffeur (VTC) en nommant deux nouveaux administrateurs.

Les actionnaires d‘Uber sont divisés sur la question de savoir si Travis Kalanick peut lui-même siéger au sein du conseil d‘administration et désigner deux autres membres.

Uber a connu ces derniers mois de nombreuses turbulences et, sous la houlette de son nouveau directeur général Dara Khosrowshahi, nommé fin août, elle s‘efforce de renvoyer l‘image d‘une entreprise réformée et responsable, soucieuse de ne pas répéter ses éventuelles erreurs passées.

Travis Kalanick en reste néanmoins l‘un des principaux actionnaires et il a annoncé vendredi avoir nommé Ursula Burns, ancienne directrice générale de Xerox, et John Thain, ancien directeur général de Merrill Lynch, au conseil d‘administration.

“Je nomme ces administrateurs maintenant à la lumière d‘une récente proposition du conseil consistant à restructurer de manière spectaculaire le conseil et à modifier de manière importante les droits de vote de l‘entreprise. Il est dès lors essentiel que l‘intégralité du conseil soit en place pour qu‘une délibération convenable ait lieu, particulièrement avec des membres aussi expérimentés qu‘Ursula et John”, explique Travis Kalanick dans un communiqué, sans dire précisément quelles sont les propositions auxquelles il s‘oppose.

Ces deux nominations constituent une “surprise totale” pour Uber et son conseil d‘administration, a réagi l‘entreprise dans un communiqué. “C‘est exactement la raison pour laquelle nous nous efforçons de mettre en place une gouvernance de niveau mondial pour nous assurer que nous sommes en train de bâtir une entreprise dont chaque employé et chaque actionnaire puisse être fier”, ajoute-t-elle.

Les divisions entre les actionnaires d‘Uber ont éclaté au grand jour en août lorsque Benchmark Capital a saisi la justice pour expulser Travis Kalanick du conseil d‘administration et lui retirer le pouvoir de nommer deux administrateurs. D‘autres investisseurs, tels Yucaipa Companies, ont en revanche pris la défense de Travis Kalanick et demandé à Benchmark de renoncer à ses parts dans Uber et de quitter le conseil d‘administration.

Un juge a renvoyé le dossier devant une instance d‘arbitrage.

L‘initiative prise vendredi par Travis Kalanick pourrait elle aussi connaître des suites judiciaires.

Benchmark n‘a pas répondu dans l‘immédiat aux sollicitations de Reuters.

Sous la direction de Travis Kalanick, il a été reproché à Uber d‘avoir laissé prospérer en son sein une culture d‘entreprise favorisant l‘agressivité, le sexisme et les discriminations de toutes sortes.

Ses méthodes à l‘égard de ses chauffeurs sont en outre souvent décriées tandis que sa façon de bousculer le marché réglementé des taxis suscite dans de nombreux pays une vive opposition. (Avec Liana B. Baker; Bertrand Boucey pour le service français)

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