29 septembre 2017 / 13:55 / dans 18 jours

France-Les industriels déçus par le PLFSS, les mutuelles mitigées

PARIS, 29 septembre (Reuters) - Les industriels du médicament ont fait part vendredi de leur déception, au lendemain de la présentation du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2018, tandis que la Mutualité française a livré un constat en demi-teinte.

Ce texte prévoit un retour du régime général dans le vert l‘an prochain, moyennant d‘importantes économies principalement concentrées sur les dépenses de santé.

Pour le Leem (Les entreprises du médicament), les orientations fixées par le gouvernement “font une nouvelle fois du médicament la principale variable d‘ajustement des comptes de l‘Assurance maladie”.

Sur les 4,2 milliards d‘économies prévues pour la branche maladie de la Sécurité sociale en 2018, environ un milliard d‘euros concerneront le médicament, dont 480 millions d‘euros liés à des baisses de prix.

Si Patrick Errard, président du Leem, salue dans ce communiqué les efforts de la ministre de la Santé Agnès Buzyn “en faveur de la prévention, de la juste prescription et du bon usage du médicament”, il estime que le PLFSS 2018 s‘inscrit dans la continuité de “la politique du rabot menée depuis huit ans”.

Les industriels du médicament estiment également que ce texte “n‘est pas de nature à relancer la compétitivité de notre secteur au sein de l‘Union européenne”, un reproche déjà formulé mercredi par le Medef au sujet du projet de loi de finances.

De son côté, la Mutualité française se déclare satisfaite de la trajectoire fixée par le gouvernement pour les comptes de l‘Assurance maladie et des évolutions annoncées en faveur de la prévention (vaccination, lutte contre le tabagisme), du développement de la chirurgie ambulatoire, de la télémédecine, et des collaborations entre professionnels de santé.

Cette organisation fédérant les mutuelles dénonce en revanche l‘augmentation de deux euros (à 20 euros) du forfait journalier hospitalier (+1,50 euro en psychiatrie, à 15 euros).

L‘impact de cette mesure (de l‘ordre de 200 millions d‘euros) vient s‘ajouter aux effets des négociations conventionnelles avec les médecins et les pharmaciens, dont les tarifs ont été revalorisés.

“La facture s‘élève déjà à plus de 400 millions d‘euros pour 2018 ! Et les Français ne sont pas naïfs : quand on augmente les dépenses des mutuelles, on augmente les dépenses des Français”, déclare Thierry Beaudet, président de la Mutualité française, cité dans ce communiqué.

Lors de la présentation du PLFSS jeudi, Agnès Buzyn a précisé que les 200 millions d‘euros correspondant au relèvement du forfait journalier hospitalier constituaient un transfert de charges “acceptable” représentant entre 0,5% et 1% du montant des cotisations des mutuelles et des complémentaires.

En annonçant cette mesure mercredi sur BFM TV, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a précisé que cette augmentation visait à rattraper l‘inflation, alors que ce tarif est resté inchangé depuis 2010.

France Assos Santé, qui réunit plusieurs dizaines d‘associations de patients et d‘usagers du système de santé, a alors évoqué “une punition pour les malades”, dénonçant une mesure “injuste qui va surtout peser sur les plus pauvres”. (Myriam Rivet, édité par Sophie Louet)

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below