2 octobre 2017 / 05:01 / il y a 16 jours

POINT HEBDO-Les marchés gardent le cap malgré les remous

(Répétition sans changement d‘une dépêche diffusée vendredi)

* La volatilité reste faible en dépit des turbulences

* La Fed conforte les attentes d‘une nouvelle hausse de taux

* Le dollar et les rendements grimpent, l‘euro recule

* Les indices PMI et l‘emploi américain dans le viseur

par Patrick Vignal

PARIS, 2 octobre (Reuters) - L‘escalade verbale entre Washington et la Corée du Nord, les incertitudes politiques en Allemagne et le renforcement de la probabilité d‘une nouvelle hausse de taux aux Etats-Unis cette année ne sont pas parvenus à déstabiliser des marchés passés maîtres dans l‘art de naviguer calmement sur des flots turbulents.

Non seulement la volatilité ne monte pas, mais elle recule. Les indices mesurant celle des actions européennes et des actions américaines évoluent à des niveaux historiquement bas et le phénomène ne concerne pas simplement les actions mais aussi les devises, pourtant traditionnellement plus sensibles, ainsi que les obligations.

Malgré des remous persistants et des incertitudes sur de nombreux fronts, le mois de septembre a permis aux marchés actions européens et américains d‘enregistrer de nettes progressions, à l‘exception notable de la Bourse de Londres , pénalisée par un rebond de la livre sterling.

Le FTSE est très dépendant des fluctuations du sterling, comme l‘a illustré vendredi sa progression dans le sillage du reflux de la devise britannique après la révision à la baisse de la croissance de l‘économie du Royaume-Uni au deuxième trimestre.

“Parmi les principales classes d‘actifs, seul le pétrole conserve une volatilité relativement élevée, une tendance qui perdure depuis l‘effondrement des cours en 2014”, notent les experts de SYZ Asset Management dans leur dernière lettre macroéconomique.

Les marchés viennent pourtant de vivre une semaine agitée, qui a commencé avec l‘annonce d‘une poussée électorale de l‘extrême droite en Allemagne et d‘un succès plus étriqué que prévu pour la chancelière Angela Merkel, contrainte à des négociations délicates pour former une coalition.

Autre sujet de tension, le ton est encore monté entre le régime nord-coréen et le président américain Donald Trump, ce qui a incité la Chine et la Russie à renouveler leurs mises en garde contre tout recours à la force dont les conséquences pourraient être catastrophiques.

Dans ce climat guère paisible, la présidente de la Réserve fédérale, Janet Yellen, a pris la parole pour dire que la banque centrale américaine devait poursuivre dans la voie du resserrement monétaire malgré les incertitudes entourant la trajectoire de l‘inflation.

Les marchés ont bien reçu le message: ils évaluent désormais à plus de 75% la probabilité que la Fed relève à nouveau ses taux en décembre, selon la baromètre FedWatch de CME Group.

“Il s‘agit probablement du meilleur moment pour une nouvelle hausse des taux : les indicateurs de croissance à court terme sont solides, la volatilité est proche d‘un creux historique et les marchés financiers sont sains et à proximité de leurs records”, observe Yassir Benjelloun Touimi, gestionnaire de portefeuille chez Dalton Strategic Partnership.

L‘ENDETTEMENT DE LA CHINE INQUIÈTE

Tous ces événements auraient pu, et peut-être dû, faire remonter la volatilité mais il n‘en a rien été, remarquent les analystes de SYZ AM.

“Il est dès lors légitime de se demander ce qui pourrait engendrer une hausse durable de la volatilité sur les marchés financiers”, écrivent-ils.

L‘enquête “tankan” sur le climat des affaires au Japon et les derniers indices PMI sur l‘activité du secteur privé dans la zone euro (lundi et mardi) ne devraient pas modifier spectaculairement la donne, pas plus que les chiffres mensuels de l‘emploi aux Etats-Unis (vendredi), même si ces derniers sont toujours très suivis par les investisseurs.

Il ne faudra pas non plus compter sur les marchés actions de Chine continentale pour animer l‘actualité puisqu‘ils seront fermés toute la semaine pour cause de fête nationale.

La Chine, dont la récente dégradation de la note souveraine par Standard & Poor’s n‘a pas ému les marchés, reviendra bientôt sur le devant de la scène avec, à partir du 18 octobre, le congrès du Parti communiste chinois, qui se réunit tous les cinq ans.

Le président Xi Jinping, au pouvoir depuis près de cinq ans, devrait s‘efforcer à cette occasion d‘asseoir un peu plus son autorité sur le parti. Mais les marchés veulent surtout savoir comment il entend stabiliser la deuxième économie du monde et limiter le gonflement de son endettement, pointé du doigt par S&P comme un risque majeur.

Le congrès du PC chinois coïncidera avec les cérémonies marquant l‘anniversaire de la fondation de son homologue nord-coréen. Les autorités sud-coréennes ont dit craindre que le régime de Pyongyang ne profite de l‘occasion pour se livrer à de nouvelles provocations.

TRUMP LÈVE LE VOILE SUR SA RÉFORME FISCALE

Faible volatilité ne signifie cependant pas calme plat et la semaine que viennent de vivre les marchés n‘a pas manqué d‘activité, notamment sur le front des fusions et acquisitions avec le rapprochement d‘Alstom et Siemens dans le ferroviaire, salué en Bourse par la montée des deux titres.

Une certaine agitation a régné en outre sur le marché des changes, où l‘euro a reflué à un point bas d‘un mois face au dollar, pénalisé par les incertitudes politiques en Allemagne, tandis que le billet vert et les rendements des emprunts d‘Etat grimpaient dans la perspective d‘une hausse des taux américains en décembre.

Malgré un sursaut sur la fin de la semaine, le récent accès de faiblesse de la monnaie unique face à la devise américaine devrait se poursuivre, estiment les stratèges changes de Bank of America-Merrill Lynch (BAML), qui voient l‘euro revenir à 1,15 dollar à la fin de l‘année, contre un peu plus de 1,18 actuellement.

Le billet vert et les taux américains ont bénéficié de la présentation par Donald Trump d‘un projet de réforme fiscale prévoyant une réduction de l‘impôt sur les sociétés et sur les revenus des plus riches aux Etats-Unis.

Ce projet, très flou sur la manière dont les allègements d‘impôts seraient compensés, a été salué brièvement par Wall Street et pourrait maintenant être discuté pendant des mois par le Congrès.

“Il y a certainement de la place pour beaucoup de déconvenues étant donné le caractère imprévisible du président (américain) mais les investisseurs n‘en réintègrent pas moins ce qu‘ils avaient intégré en début d‘année”, quand la promesse de réformes favorables au monde de la finance avait fait grimper les marchés, commente l‘analyste Michael Hewson (CMC Markets).

édité par Marc Angrand

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