29 septembre 2017 / 08:20 / il y a 22 jours

ENQUÊTE-Pas de forte remontée des taux longs avec la faible inflation

* Les données détaillées de l‘enquête: reuters://realtime/verb=Open/url=cpurl://apps.cp./Apps/mm-bondyield-polls?s=6J&st=G

par Rahul Karunakar et Hari Kishan

29 septembre (Reuters) - Les rendements de la dette souveraine des pays développés n‘augmenteront que modérément au cours de l‘année à venir grâce à la persistance d‘une inflation faible, qui atténuera l‘impact du retrait progressif des mesures d‘accommodation exceptionnelles des grandes banques centrales, montre une enquête Reuters vendredi.

La croissance de l‘économie mondiale a accéléré cette année sans que les hausses de prix suivent et les banques centrales sont confrontées au dilemme d‘une réduction de leurs politiques ultra-accommodantes pour tenir compte de l‘amélioration de l‘économie réelle sans aller trop loin en raison de la faiblesse des pressions inflationnistes.

Dans de nombreux pays, l‘inflation reste inférieure aux objectifs des banques centrales et il n‘est pas anticipé qu‘elle les atteignent rapidement.

Dans ce contexte, les plus de 60 analystes et responsables de stratégies taux interrogés par Reuters entre le 21 et le 28 septembre ont revu à la baisse leurs anticipation de taux par rapport au mois de juin.

Ils s‘attendent à ce que le rendement à 10 ans des obligations du Trésor américain termine l‘année 2017 au même niveau qu‘il l‘a commencée, soit 2,43% en dépit des deux hausses de taux de taux directeurs déjà réalisées par la Réserve fédérale cette année et d‘une troisième attendue en décembre.

Le rendement des Treasuries à deux ans n, le plus sensible aux hausses de taux courts, devrait en revanche se tendre de près de 60 points de base à l‘horizon d‘un an pour atteindre 2,1% contre 1,47% jeudi.

Le rendement des Treasuries à 10 ans augmenterait de 50 points de base sur la même période pour atteindre 2,75% selon la médiane des prévisionnistes interrogés, qui était toutefois de 2,90% il y a trois mois.

En conséquence, l‘écart entre les rendements à deux ans et à 10 ans devrait se resserrer à 65 points de base environ à l‘horizon d‘un an, ce qui serait son plus faible niveau en près de dix ans et correspondrait pratiquement à celui qui prévalait au moment de la récession provoquée par la crise financière de 2007-2008.

INCERTITUDES PERSISTANTES

“A ce niveau dans douze mois, nous nous dirigerons très vraisemblablement vers la fin du cycle économique ou alors nous nous en rapprocherons rapidement: une courbe des taux plus plate ne fera que refléter les anticipations économiques”, a dit Guy LeBas, responsable de stratégies taux chez Janney Montgomery Scott.

“Nous sommes en ce moment beaucoup plus proche, selon toute vraisemblance, du prochain ralentissement économique que du précédent (...) mais les marchés ne commenceront à le prendre en compte dans les cours que six à 12 mois avant qu‘il n‘intervienne.”

Interrogés sur le plan de réduction de la taille du bilan de la Réserve fédérale, les 30 spécialistes des marchés taux qui se sont prononcés sur la question ont tous estimé qu‘il était “à peu près correct”, un seul l‘estimant “trop lent”.

“Un rythme plus rapide pourrait perturber les marchés et la Fed veut éviter des dégagements importants sur les Treasuries les plus à long terme”, a dit Cyril Regnat, de Natixis.

En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans a augmenté de 25 points de base depuis le début de l‘année à la faveur de l‘amélioration des conditions économiques et celui des Gilts britanniques de même échéance s‘est tendu de 15 points de base environ avec la hausse de l‘inflation provoquée par la chute de la livre.

En dépit de la perspective de voir la Banque centrale européenne annoncer en octobre une diminution de ses achats d‘actifs à compter de l‘année prochaine, les prévisionnistes interrogés ne s‘attendent qu‘à une hausse d‘environ 35 points de base, à 0,85% du rendement des Bunds à 10 ans d‘ici un an.

Le rendement des Gilts de même échéance devrait quant à lui augmenter de 10 points de base, à 1,50%, sur la même période malgré les anticipations d‘une hausse des taux directeurs par la Banque d‘Angleterre, peut-être dès le mois de novembre.

“A long terme, il est clair que de nombreuses incertitudes persistent, qui vont continuer à freiner la hausse des taux à l‘avenir”, a prévenu Sam Bullard, économiste chez Wells Fargo.

Enquête réalisée par Vivek Mishra et Sarmista Sen; Marc Joanny pour le service français, édité par Marc Angrand

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