28 septembre 2017 / 12:18 / il y a 25 jours

La BCE doit réduire ses achats mais garder une politique accommodante-Villeroy

PARIS, 28 septembre (Reuters) - La Banque centrale européenne doit réduire ses achats d‘actifs de façon “pragmatique” tout en maintenant une politique monétaire accommodante, a déclaré jeudi le gouverneur de la Banque de France.

François Villeroy de Galhau, qui est aussi membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a estimé ainsi que l‘institution ne devait pas envisager de relever ses taux avant d‘avoir observé “un ajustement durable de l‘inflation”.

Pour le moment, la dynamique sous-jacente de l’inflation en zone euro, si elle progresse, “n’est pas encore assez solide pour soutenir durablement les prix”, a-t-il estimé dans un discours prononcé devant le Centre des professions financières, à Paris, dont le texte a été transmis à Reuters.

Pour autant, la BCE n‘a “pas de doute sur la direction : la reprise et les créations d’emplois se traduiront par plus de salaires et, in fine, plus d’inflation” et sa seule interrogation concerne “le rythme de cet ajustement”.

Pour cette raison, “nous sommes donc à la fois confiants dans l’efficacité de notre politique monétaire, et prêts à être patients sur la durée de celle-ci”.

Les conséquences en matière de politique monétaire en sont que “nous sommes aujourd’hui face à une exigence simple, en lien avec notre mandat de maintien de la stabilité des prix, et les progrès vers notre cible d’inflation : nous devons réduire l’intensité de nos achats nets d’actifs, tout en conservant globalement une orientation significativement accommodante de notre politique monétaire.”

Cette nouvelle réduction des achats d‘actifs mensuels de la BCE, après celle décidée fin 2016, devrait être discutée lors de la réunion d‘octobre du Conseil des gouverneurs de la BCE.

Pour François Villeroy de Galhau, elle devra se faire de façon “pragmatique, car, tout en maintenant les règles actuelles, nous devons, d’une part, exploiter les marges de flexibilité du programme et, d’autre part, garder en réserve une capacité d’achat supplémentaire – si nécessaire.”

Il fait valoir aussi que la BCE peut maintenir une orientation “significativement accommodante” de sa politique monétaire même en réduisant ses flux d’achats nets mensuels, via notamment le maintien d‘un stock élevé d‘actifs sur une longue période dont des études font apparaître qu‘il permet d‘exercer une pression à la baisse sur la courbe des rendements.

Parallèlement, le gouverneur de la Banque de France estime que la BCE ne devrait “pas envisager de relèvement des taux d’intérêt avant d’avoir observé un ajustement durable de l’évolution de l’inflation.”

Evoquant la hausse de l‘euro depuis le début de l‘année, il a rappelé que le taux de change de la devise n‘était pas un objectif de politique monétaire pour la BCE.

“Mais le taux de change continue d’être un élément que nous surveillons étroitement en raison de ses implications possibles pour les perspectives d’inflation à moyen terme”, a-t-il dit. (Yann Le Guernigou, édité par Sophie Louet)

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