28 septembre 2017 / 12:43 / dans 21 jours

LEAD 2-"Nouvelle dynamique" sur le Brexit, mais "encore du travail"

* La quatrième session de négociations a permis de progresser

* Michel Barnier salue une “semaine constructive”

* David Davis parle de “pas en avant décisifs”

* Il reste d‘importants points de désaccord, dit Barnier (Actualisé tout du long)

par Jan Strupczewski et Alastair Macdonald

BRUXELLES, 28 septembre (Reuters) - Les négociations sur le Brexit ont profité de la “nouvelle dynamique” insufflée par Theresa May lors de son discours de Florence mais il reste du travail à faire, a déclaré jeudi le chef de la délégation européenne, Michel Barnier.

Des progrès ont incontestablement été enregistrés lors de la quatrième session de négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l‘Union européenne, ont observé les deux parties à l‘issue de ces quatre jours de discussions à Bruxelles.

Celles-ci ont été précédées d‘un discours de Theresa May le 22 septembre à Florence, durant lequel la Première ministre britannique a fait des concessions à l‘UE dans l‘espoir de relancer des négociations qui piétinaient.

“Nous avons eu une semaine constructive, oui, mais nous n‘avons pas encore atteint un niveau de progrès suffisant. Il faudra travailler encore dans les semaines et les mois qui viennent”, a dit Michel Barnier lors d‘une conférence de presse.

Le négociateur de l‘UE s‘est félicité de la “nouvelle dynamique” offerte par le discours de Florence, où Theresa May s‘est prononcée pour la première fois en faveur d‘une période de transition d‘environ deux ans après le divorce, programmé pour mars 2019, et s‘est efforcée de rassurer les Européens sur le respect des engagements budgétaires de Londres.

Selon les règles que Bruxelles a fixées l‘an dernier, l‘Europe attend que Michel Barnier l‘informe que des progrès “significatifs” ont été réalisés sur trois dossiers - facture du Brexit, droits des ressortissants de l‘UE au Royaume-Uni, frontière nord-irlandaise - pour ouvrir les discussions sur un accord de libre échange post-Brexit.

David Davis, le ministre britannique chargé du Brexit, a assuré que des progrès “considérables” et des “pas en avant décisifs” avaient été enregistrés en quatre jours de négociations à Bruxelles.

“Nous ne devons jamais oublier la toile de fond. La Grande-Bretagne souhaite être le meilleur ami et le meilleur partenaire de l‘Union européenne”, a-t-il dit en écho à Theresa May. “Je quitte Bruxelles optimiste pour l‘avenir”.

Il a renouvelé son souhait de passer rapidement aux discussions sur l‘après-mars 2019.

DÉSACCORD SUR LA FACTURE

Michel Barnier a déclaré quant à lui qu‘il ferait un bilan des progrès enregistrés lorsqu‘il rencontrerait les dirigeants des 27 autres Etats européens lors du Conseil européen des 19 et 20 octobre, soit une semaine après la prochaine session de négociations.

Il n‘a pas dit cependant dans quelle mesure il pourrait recommander l‘ouverture de négociations sur un accord de libre-échange avec Londres.

Dans les milieux diplomatiques européens, on doute que Michel Barnier soit alors suffisamment satisfait, et on juge plus probable que l‘ouverture des négociations de libre-échange soit annoncée lors du Conseil européen de décembre.

D‘autant que Michel Barnier a identifié deux grands points de désaccord persistants.

L‘un concerne les droits des ressortissants européens au Royaume-Uni après le divorce.

Le chef de la délégation européenne a eu confirmation par David Davis que l‘accord de divorce garantissant les droits des 3 millions de ressortissants de l‘UE au Royaume-Uni aurait une “conséquence directe” sur la loi britannique - Londres ne pourra pas les modifier par une nouvelle législation.

Mais Bruxelles continue de réclamer que les citoyens européens conservent le droit de porter leurs différends devant la Cour de justice de l‘UE.

Le deuxième point porte sur les engagements financiers.

A Florence, Theresa May a promis que les 27 autres Etats membres ne subiraient pas de préjudice financier en raison du Brexit sur la période budgétaire européenne pluriannuelle en cours, qui expire à la fin 2020.

Mais Bruxelles réclame que soient aussi pris en compte des engagements noués par Londres qui courent sur plusieurs années au-delà de 2020.

“Pour l‘UE, le seul moyen d‘atteindre des progrès suffisants est que tous les engagements pris par les Vingt-Huit soient honorés par les Vingt-Huit”, a déclaré Michel Barnier.

Bruxelles estime la facture en dizaines de milliards d‘euros. David Davis n‘a souhaité évoquer aucun chiffre devant la presse jeudi. Les nouveaux chiffres avancés jeudi par les commissaires aux comptes de l‘UE montrent que la somme en jeu pourrait augmenter à mesure que les négociations se poursuivent.

Les deux parties reconnaissent que cette question du solde des comptes est la plus difficile à résoudre.

Les négociateurs européens et britanniques doivent se retrouver dans onze jours, le lundi 9 octobre. (Jean-Stéphane Brosse et Eric Faye pour le service français, édité par Gilles Trequesser)

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