27 septembre 2017 / 18:09 / dans 3 mois

PLF 2018-La Défense mieux lotie, mais cernée d'incertitudes

* Un bonus de 1,8 milliard d‘euros en 2018

* 650 millions pour les opérations extérieures

* Le surcoût des Opex, une charge exponentielle

* Le budget 2017 toujours pas bouclé

PARIS, 27 septembre (Reuters) - Pressé de tourner la page du psychodrame budgétaire de 2017, le ministère des Armées a défendu mercredi “un effort inédit” pour la Défense dans le cadre du budget 2018, qui prévoit une hausse de 5,6% des crédits à 1,82% du PIB, mais il est loin d‘en avoir fini avec le casse-tête financier de l‘année.

Emmanuel Macron l‘avait annoncé le 13 juillet : après une coupe de 850 millions d‘euros, à l‘origine de la démission du chef d‘état-major des armées Pierre de Villiers, la Défense est l‘une des gagnantes du projet de loi de finances pour 2018 avec un enveloppe de 34,4 milliards d‘euros, recettes exceptionnelles comprises (+1,8 milliard par rapport à 2017), dont 650 millions d‘euros (+200 millions) pour les opérations extérieures (Opex).

Les ressources allouées à la Défense augmenteront annuellement de 1,7 milliard d‘euros de 2019 à 2022, avec pour horizon ultime l‘engagement présidentiel de porter l‘effort à 2% du PIB en 2025, soit quelque 50 milliards d‘euros “à périmètre constant” hors pensions, une trajectoire qui sous-tendra la prochaine loi de programmation militaire (2019-2025).

On atteindrait autour de 40,7 milliards d‘euros en 2022, surcoûts des Opex compris, à seulement trois ans de l‘objectif fixé hors pensions (un coût de 8 à 9 milliards d‘euros) et hors Opex par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle.

Sur cette courbe “pentue”, concède-t-on au ministère, l‘un des principaux enjeux est donc de donner “un nouvel étiage réaliste” au surcoût des Opex qui de facto sera supporté majoritairement par les Armées. Une marge annuelle de 200 millions est prévue à partir de 2018, afin d‘atteindre 1,1 milliard en 2020.

“On reste sur une provision, ça ne porte pas sur l‘intégralité des crédits Opex”, souligne-t-on au ministère où l‘on n‘entend pas renoncer à la solidarité interministérielle pour financer le surcoût, conformément à ce qui est prévu par l‘article IV de la loi de programmation militaire.

700 MILLIONS À DÉGELER - OU PAS

Ce mécanisme usuel - et contesté par le ministère de l‘Economie et des Finances - sera au coeur des prochaines tractations pour boucler le budget 2017.

Il manque en effet 200 millions d‘euros au ministère pour couvrir le surcoût de l‘année.

Avec 7.000 militaires déployés sur les théâtres extérieurs, dont 4.000 au Sahel, le surcoût des Opex était de 1,14 milliard d‘euros en 2016, il devrait être de 1,32 milliard cette année.

“Il n‘y a pas de manque criant hormis le surcoût Opex”, précise-t-on au ministère en faisant valoir un niveau de recettes exceptionnelles “très correct” (250 millions) et “pas de difficulté sur la masse salariale”.

Sur les 2,66 milliards de crédits gelés par le précédent gouvernement, quelque 700 millions restent encore à “dégeler”. Du moins c‘est ce que le ministère espère pour combler le déficit. Car de difficiles négociations l‘attendent avec Bercy à la mi-octobre.

Le nouveau chef d‘état-major des armées, le général François Lecointre, a mis en garde début septembre contre “les réflexes de régulation budgétaire sauvages” et le renoncement au mécanisme de financement interministériel. “ Qu’on ne prétende pas atteindre l’inatteignable qui sera extrêmement dangereux”, avait-il lancé.

“Si on veut un dialogue constructif avec Bercy, il faut que dans la trajectoire des 2%, on fasse des propositions”, temporise le président de la commission de la Défense de l‘Assemblée, le député LREM Jean-Jacques Bridey.

Le ministère devra également composer avec un report de charges vraisemblablement légèrement supérieur à la “bosse budgétaire” de 3,1 milliards enregistrée fin 2016.

“Il reste des incertitudes sur la gestion. On anticipe une dégradation ‘supportable’ de la situation.”

“On solde le passé, on a eu des mesures difficiles à prendre, maintenant ce qui compte pour nous c‘est 2018 pour répondre aux attentes des armées”, dit-on au ministère.

Voir également :

France - Les principales mesures du PLF 2018

TABLEAU-Principales prévisions du budget 2018 et des finances publiques 2018-2022 (Sophie Louet, édité par Elizabeth Pineau)

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