27 septembre 2017 / 16:59 / il y a 22 jours

France-Soulagement et méfiance chez les syndicats de STX

NANTES, 27 septembre (Reuters) - Les syndicats de STX France étaient partagés mercredi entre soulagement” et “méfiance” après l‘annonce d‘un accord entre la France et l‘Italie pour que Fincantieri prenne le contrôle des chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).

Fincantieri aura 50% du capital, l’Etat français 34,34%, Naval Group 10%. Sous conditions de réalisation, 2% ira aux salariés de STX et 3,66% aux sous-traitants locaux de STX.

Mais l’Etat français prêtera 1% du capital à Fincantieri, ce qui permettra au groupe italien d’avoir 51% des droits de vote mais l’Etat pourra reprendre ce 1% au bout de 2, 5, 8 et 12 ans s’il estime que Fincantieri n’a pas respecté ses engagements.

“Ça paraît astucieux sur le papier, mais il faudra être très vigilant à l‘avenir dans la gouvernance de l‘entreprise, pour s‘assurer que Fincantieri respecte l‘accord”, met en garde Christophe Morel, délégué syndical CFDT au sein des ex-chantiers de l‘Atlantique.

“En attendant, cela met fin à un feuilleton qui n‘a que trop duré”, positive le responsable syndical. “On a besoin de stabilité : les salariés en ont assez d‘être trimballés sans savoir où ils vont… En cela, c‘est une forme de soulagement. Maintenant, place au travail !”

La seule ombre, à ses yeux, aurait été la nomination d‘un directeur général italien, en lieu et place de Laurent Castaing, ce qui n‘a finalement pas été le cas.

”Ça ne serait pas très bien vécu dans l‘entreprise si Laurent Castaing était débarqué, alors qu‘il a remis l‘entreprise sur les rails“, prévient Christophe Morel. ”Ce ne serait pas la meilleure des façons d‘entamer les relations franco-italiennes.

Du côté de la CGT, l‘annonce de l‘accord franco-italien est assimilé à un simple “coup de com’”. “On a l‘impression d‘avoir vu deux coqs monter sur un tas de fumier pour savoir qui allait être le chef”, raille Alain Georget, délégué syndical CGT aux ex-chantiers de l‘Atlantique. “Finalement, ils ont trouvé une astuce pour que chacun en redescende en faisant croire qu‘il avait gagné.”

Le syndicat entend donc faire preuve d‘une “méfiance égale et partagée” à l‘égard de Fincantieri et de l’État français.

“On ne nous fera pas dire qu‘il y a une solution meilleure qu‘une autre : en France, le gouvernement a su montrer qu‘il était à l‘offensive contre les salariés, et cela dans tous les domaines”, souligne Alain Georget. “Il faut que les salariés en soient conscients, et qu‘ils soient prêts à rendre les coups, qu‘ils viennent de France ou d‘Italie.” (Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse)

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