27 septembre 2017 / 09:28 / il y a 23 jours

ENCADRE-Les syndicats d’Alstom très inquiets du mariage avec Siemens

STRASBOURG/BORDEAUX, 27 septembre (Reuters) - Pour les représentants syndicaux d’Alstom, le rapprochement avec Siemens, dans lequel l’entreprise allemande sera majoritaire, comporte un risque de suppressions d’emplois, voire de disparition de l’industrie ferroviaire en France.

Faute d’être présent au capital du futur groupe, l’Etat ne sera pas en mesure, selon eux, de peser sur la stratégie.

“C’est la pire chose qui pouvait nous arriver. Entre Siemens et Alstom, il y a des doublons partout. Ça va engendrer une restructuration avec probablement des centaines de suppressions d’emplois”, estime Olivier Kohler, délégué syndical CFDT à Belfort, où l’entreprise Alsthom (qui deviendra Alstom en 1998) a vu le jour en 1928.

“Nous avons beaucoup de regrets vis-à-vis de l’Etat. C’est un désengagement total vis-à-vis de l’industrie ferroviaire française. On aurait souhaité que l’accord soit beaucoup plus équilibré avec une participation de l’Etat au capital”, ajoute-t-il.

Pour Pascal Novelin, secrétaire CGT du comité d’entreprise, “c’est une mauvaise nouvelle”.

“On a bradé les chantiers navals en 2006 puis on bradé l’énergie en 2014. Aujourd’hui, le dernier pan, le transport, on le met sous pavillon allemand. Les 9.000 salariés français doivent s’inquiéter”, renchérit-il. Le site belfortain de fabrication de locomotives, où travaillent 491 personnes, se vit comme en sursis depuis qu’il n’a été sauvé de la fermeture, en 2016, que par un engagement de l’Etat à susciter des commandes de la SNCF.

CASSE SOCIALE INÉLUCTABLE

“Nous sommes tous conscients que, face aux Chinois, on est obligé d‘avoir un géant européen. Sauf que là, non seulement Siemens sera l‘actionnaire principal, mais il aura le pouvoir décisionnaire avec 6 membres sur 11 au Conseil d‘administration désignés par eux. On aurait espéré un véritable 50-50”, souligne Fabrice Cotrel, délégué FO à l‘usine Alstom d‘Aytré près de La Rochelle (Charente-Maritime), élu au Comité central d‘entreprise (CCE) d‘Alstom.

L’usine de 1.000 salariés, qui construit des TGV duplex et des tramways, dispose d’un plan de charge qui ne dépasse pas début 2019. “Et ça fait trois ou quatre ans que notre PDG nous explique qu‘il y a trop de sites Alstom en France”, ajoute le syndicaliste.

André Fages, délégué CFE-CGC d’Alstom Belfort, fait le même constat que ses collègues sur les doublons dans la production, la gouvernance allemande et la casse sociale inéluctable “comme chaque fois qu’il y a un mariage”.

“Ce qui pourrait nous rassurer un peu, c’est une communication de la direction sur sa stratégie pour éviter que des gens restent sur le carreau et une explicitation du gouvernement sur sa vision stratégique du ferroviaire en France et en Europe”, dit-il.

“Pourquoi le gouvernement est-il entré dans STX et pas dans Alstom ?”, s’interroge-t-il, y voyant des considérations essentiellement budgétaires, en contradiction avec la volonté affichée par le président de la République de “redynamiser l’industrie française”. (Gilbert Reilhac, avec Claude Canellas à Bordeaux, édité par Yves Clarisse)

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