27 septembre 2017 / 05:33 / dans 2 mois

RPT-ENCADRE-Les "fusions entre égaux", ça n'existe pas

(Répétition sans changement de l‘encadré transmis mardi soir)

par Gilles Guillaume

PARIS, 27 septembre (Reuters) - Le gouvernement français s‘est félicité d‘un rapprochement “entre égaux” à l‘annonce du projet de fusion entre Alstom et la branche ferroviaire de l‘allemand Siemens mais la tâche s‘annonce rude en la matière au vu de quelques précédents fâcheux.

Souvent présentées comme des fusions à parité pour ménager les susceptibilités nationales, en cas de fusion transfrontalière, ou culturelles en cas de mariage entre deux sociétés à l‘identité forte, les rapprochements redeviennent souvent avec le temps ce qu‘ils n‘ont jamais cessé d‘être : le rachat d‘une entité par une autre.

En moins de dix mois, la fusion d‘égaux entre Publicis et Omnicom, censée donner naissance à un nouveau numéro un mondial de la publicité, s‘est effondrée en 2014 sous l‘effet conjugué d‘une bataille de pouvoir, de la complexité de la structure fiscale du projet et de l‘impossibilité de faire converger assez vite deux cultures d‘entreprise trop affirmées pour accepter des concessions.

Le principal litige a porté sur l‘identité du directeur financier de la future entité, sur laquelle Français et Américains n‘ont jamais réussi à s‘entendre. Ce choix était important car il devait déterminer si la structure de gestion des coûts du nouveau groupe emprunterait davantage à Omnicom ou à Publicis.

Le choix d‘une gouvernance commune ou de la localisation d‘un siège n‘est jamais neutre, même s‘il ne constitue pas une garantie d‘égalité dans la durée.

En 2015, le rapprochement entre Lafarge et Holcim a été lui aussi présenté lors de l‘annonce de l‘accord comme une fusion à égalité, avec une stricte parité à la tête du nouvel ensemble d‘ailleurs baptisé LafargeHolcim , notamment deux coprésidents issus de chaque groupe, un comité exécutif totalement paritaire et un partage des sièges avec l‘opérationnel à Zurich et la R&D à Lyon.

Deux ans après, la balance penche sérieusement vers la Suisse. L‘ex-PDG de Lafarge Bruno Lafont a laissé la présidence à son homologue helvétique et Eric Olsen, autre ex-Lafarge, a démissionné de son poste de directeur général sur fond de scandale des paiements à des groupes armés en Syrie pour être remplacé par une autre personnalité du monde suisse des affaires.

En 2016, Emmanuel Macron, alors ministre de l‘Economie, avait même qualifié rétroactivement la fusion de “défaite” pour la partie française.

Voir aussi :

* ENCADRE-Siemens, l‘occasion dont Bouygues rêvait pour sortir d‘Alstom (Avec Gwénaëlle Barzic et Sophie Louet, édité par Dominique Rodriguez)

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