26 septembre 2017 / 14:39 / il y a 22 jours

ECLAIRAGE-Alstom-Siemens-Peu de synergies, mais des atouts face à CRRC

* Synergies surtout sur les coûts d‘achat et la R&D-analystes

* Siemens-Alstom peinera à réduire l‘écart avec CRRC sur les prix

* Signalisation et services, facteurs de compétitivité

par Cyril Altmeyer

PARIS, 26 septembre (Reuters) - Une fusion des activités ferroviaires d‘Alstom et de Siemens créera des synergies limitées pour l‘essentiel aux coûts d‘achats et à la R&D, ne permettant pas au nouvel ensemble de réduire l‘écart de manière décisive face au géant chinois CRRC sur les prix, estiment des analystes.

Siemens, Alstom et son actionnaire Bouygues réunissent leurs conseils ce mardi afin de statuer sur la création d‘un acteur franco-allemand dans le ferroviaire capable de concurrencer CRRC qui s‘est lancé dans une offensive mondiale pour rafler des parts de marché.

En doublant de taille Siemens-Alstom aura plus de pouvoir de négociation sur les prix face aux fabricants qui fournissent actuellement aux deux groupes les portes ou les vitres de leurs trains, estime un analyste.

“Une alliance Siemens-Alstom va réduire les coûts et pourra potentiellement leur faire réduire leurs prix mais probablement pas au niveau de CRRC”, estime cet analyste, qui a souhaité garder l‘anonymat.

Mais même bien plus petit que CRRC (16 milliards d‘euros de chiffre d‘affaires contre quelque 37 milliards estimés), Siemens-Alstom aura cependant pour lui de proposer en plus des trains eux-mêmes des systèmes de signalisation et des services, notamment de maintenance, soulignent des analystes.

Fort d‘un réseau bien réparti en Europe, en Afrique et aux Etats-Unis, Siemens-Alstom serait de loin le leader mondial dans les TGV et les trains régionaux, estime Morgan Stanley dans une note.

Tant Alstom que Siemens ont d‘énormes capacités en termes de recherche et développement qui pourront les aider à réduire l‘écart avec CRRC, ajoute Morgan Stanley.

Et tous les appels d‘offres ne se gagnent pas sur le seul critère du prix, soulignent des analystes.

Alstom avait remporté un méga-contrat de quatre milliards d‘euros en Afrique du Sud en 2013 notamment parce qu‘il avait accepté d‘y construire une usine.

PAS VRAIMENT UN AIRBUS DU FERROVIAIRE

Le fait qu‘il y ait peu de synergies - lesquelles servent en général d‘argument majeur pour défendre les fusions auprès des actionnaires - pourrait faciliter le rapprochement en réduisant les risques liés à la concurrence et aux conflits sociaux, un an après le psychodrame autour du projet avorté de fermeture de site de Belfort d‘Alstom.

Et il est difficile de promettre de nouvelles économies d‘échelles dans la construction de trains, un marché par essence très local, souligne une source proche du dossier.

“Un Airbus du ferroviaire n‘a pas vraiment de sens : autant on peut faire circuler un modèle unique d‘avion partout dans le monde, autant les trains doivent s‘adapter à chaque marché national en termes de normes, d‘écartements des rails et de spécifications des quais”, estime cette source.

“Les municipalités, les Etats, les régions ont envie d’avoir du matériel bien identifié”, ajoute-t-elle pour illustrer les limites des synergies en termes de conception. (Edité par Marc Joanny)

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