26 septembre 2017 / 09:18 / il y a 24 jours

Pétrole-La vigueur de la demande accélère le rééquilibrage du marché

* Europe et Chine tirent la croissance de la demande en 2017-PIRA

* Les croissance des distillats intermédiaires a surpris - BP

* Le pétrole de schiste US plafonnera la hausse des cours à terme

SINGAPOUR, 26 septembre (Reuters) - Une solide croissance de la demande de pétrole dans les pays émergents, Chine et Inde en particulier, réduit les stocks plus rapidement que prévu, contribuant au rééquilibrage du marché et à la hausse des cours, ont dit mardi des dirigeants du secteur.

Le baril de Brent s‘est encore rapproché du seuil de 60 dollars mardi, au plus haut depuis début juillet 2015, après que la Turquie a menacé de bloquer les exportations de brut en provenance du Kurdistan irakien en représailles au référendum sur l‘indépendance organisé par le gouvernement régional.

Les cours du brut ont aussi été soutenus tout au long du troisième trimestre par les réductions de production liées aux accords entre l‘Opep et des pays non-membres du cartel ainsi qu‘en fin de période par les conséquences des ouragans qui ont frappé les Etats-Unis.

“Nous voyons le marché aller bien au-delà des 60 dollars (le baril) pour une raison simple... une demande étonnement solide”, a dit Adi Imsirovic, responsable du trading sur le pétrole chez Gazprom Marketing and Trading, lors d‘une intervention à la conférence S&P Global Platts APPEC à Singapour.

“Nous pensons que le déport va se poursuivre, nous pensons que le marché va se resserrer fortement, nous voyons le pétrole sortir des stocks assez rapidement.”

La prime sur les contrats à terme de première échéance par rapport à ceux échéant le mois suivant est au plus haut depuis avril 2016. Cette configuration de marché, dite en déport, signifie que la demande de pétrole à très court terme est forte. .

DEMANDE SUPÉRIEURE À L‘OFFRE EN 2019 ?

“Certaines prévisions tablent sur une demande de pétrole qui pourrait dépasser le seuil de 100 millions de barils par jour (bpj) de brut et de produits liquides dérivés dans les prochains mois ou l‘année prochaine”, a dit Franco Magnani, directeur général d‘Eni Trading and Shipping.

“La demande et l‘offre sont en train de lentement s‘aligner. La croissance est stable ou se poursuit dans la plupart des économies du monde. Après des années difficiles, notre région, l‘Europe, semble apparemment avoir digéré les conséquences de la crise que nous avons traversée il y a 6 ou 7 ans.”

La reprise de la croissance de la demande de pétrole dans les pays développés et une consommation solide en Chine contribuent à expliquer une hausse de 1,88 millions de bpj de la demande en 2017 par rapport à 2016, selon les prévisions du cabinet de consultants PIRA. Ce dernier s‘attend à ce que la hausse de la demande reste soutenue l‘année prochaine et atteigne encore 1,78 million de bpj avec l‘accélération de la demande indienne.

La demande mondiale de pétrole pourrait excéder l‘offre de 2 millions à 4 millions de bpj d‘ici la fin 2019 en raison de la baisse des investissements en exploration provoquée par l‘effondrement des cours de la mi-2014 à la fin 2015, a prévenu Ben Lucock, qui co-dirige l‘équipe des risques de marché du courtier Trafigura.

Au sein des produits pétroliers, la vigueur de la demande pour les distillats intermédiaires - le diesel et le kérosène - a surpris les intervenants de marché.

“La croissance de la demande mondiale est bien supérieure à ce que nous avons connu au cours des dernières années, s‘approchant de 1,6 à 1,7 million de bpj et soutenue par les distillats”, a dit Janet Kong, directrice générale de l‘offre et du trading pour l‘hémisphère oriental de BP.

“Il y a deux ou trois ans, on ne parlait que de la fin du cycle d‘industrialisation des pays émergents et en conséquence la croissance de la demande d‘essence devait devenir déterminante pour le cours du baril plutôt que les distillats mais 2017 est une année différente.”

Si les contrats à terme sur le brut léger américain sont aussi orientés à la hausse, l‘écart avec ceux sur le Brent s‘est creusé pour atteindre un plus haut depuis août 2015, en raison de la hausse de la production de pétrole de schiste.

La capacité des producteurs de pétrole de schiste à accroître leur production au fur et à mesure que les cours sur les échéances les plus éloignées vont augmenter limitera la volatilité, a dit Jeffrey Currie, responsable de la recherche sur les matières premières de Goldman Sachs.

L‘accord sur la réduction de la production entre l‘Opep et d‘autres pays non-membres du cartel devra aussi être prolongé au-delà du 31 mars 2018, sa date d‘expiration prévue, pour maintenir la dynamique de rééquilibrage du marché, a prévenu Nadia Martin Wiggen, du cabinet de consultants Rystad Energy.

“Si l‘Opep ne reconduit pas la réduction de production au-delà du premier trimestre 2018, nous ne constaterons plus de baisse des stocks à partir du deuxième trimestre et nous prévoyons qu‘ils recommenceraient à augmenter à partir du troisième trimestre”, a-t-elle dit. (avec Roslan Khasawaneh, Seng Li Peng, Rania El-Gamal et Mark Tay, Marc Joanny pour le service frnaçais, édité par Véronique Tison)

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