8 septembre 2017 / 05:55 / dans 14 jours

LEAD 1-Japon-Nette révision en baisse de la croissance du T2

par Leika Kihara

TOKYO, 8 septembre (Reuters) - La croissance économique du Japon a été au deuxième trimestre bien moins mirifique qu‘on aurait pu le croire au vu des données provisoires publiées le mois dernier et les espoirs d‘un redressement réel de la demande intérieure s‘en trouvent d‘autant altérés.

Cela étant, ce retour à la réalité était largement prévisible, les derniers calculs ayant montré que la croissance de l‘investissement productif sur la période avril-juin avait ralenti par rapport au trimestre précédent.

Pour autant, disent les économistes, ces données ne remettent pas en cause une reprise régulière de l‘économie nippone s‘appuyant sur les exportations et sur des perspectives de revalorisation salariale grâce à un marché de l‘emploi tendu.

“Bien sûr c‘est une sacrée révision mais la croissance de l‘économie et de l‘investissement productif reste assez soutenue”, observe Yoshiki Shinke, chef économiste de l‘institut d‘études Dai-ichi Life.

“Nul besoin d‘être pessimiste pour l‘économie japonaise; l‘investissement productif restera solide grâce à des bénéfices de sociétés élevés et à un meilleur moral des entreprises”.

La croissance du Japon a été de 2,5% annualisés au deuxième trimestre et non de 4,0% comme cela avait été annoncé dans un premier temps, suivant les données officielles publiées vendredi. Les économistes attendaient un taux de 2,9%. Pour autant, l‘économie nippone affiche son sixième trimestre de croissance consécutif.

La statistique du PIB est sujette à de profondes révisions et cela tient à la manière dont les services gouvernementaux calculent l‘investissement productif, la consommation et les stocks dans les données provisoires.

La révision du moment, la plus importante depuis que la statistique sous sa forme actuelle existe, soit depuis 2010, s‘explique surtout par une nette revue à la baisse de l‘investissement des entreprises en biens d‘équipement.

La hausse de cet investissement a été révisée à 0,5% d‘un trimestre sur l‘autre, alors qu‘elle était de 2,4% en première lecture.

La consommation des ménages, qui représente 60% de la croissance du Produit intérieur brut (PIB), a augmenté de 0,8%, sans grand changement sur l‘estimation initiale qui donnait 0,9%.

“Les statistiques de la production industrielle et de la consommation des ménages de juillet laissent présager un ralentissement au troisième trimestre. Mais au-delà de ça, l‘économie n‘en est pas moins bien partie pour un septième trimestre de croissance d‘affilée”, observe Marcel Thieliant, économiste de Capital Economics.

Néanmoins, les salaires n‘augmentent guère et les dépenses des ménages n‘ont rien d‘exceptionnel même si l‘emploi va bien, ce qui oblige la Banque du Japon (BoJ) à rester très accommodante alors que ses homologues des Etats-Unis et de la zone euro s‘acheminent vers une normalisation progressive de leur propre politique monétaire.

A ce sujet, Hiroshi Nakaso, le vice-gouverneur de la BoJ, a dit ce vendredi qu‘un marché de l‘emploi tendu finirait par stimuler l‘inflation au Japon mais qu‘il faudrait attendre un peu plus longtemps que prévu pour qu‘elle atteigne l‘objectif de 2% fixé par la banque centrale.

Wilfrid Exbrayat pour le service français

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