7 septembre 2017 / 17:49 / il y a 2 mois

USA-Mester (Fed) favorable à une hausse graduelle des taux

7 septembre (Reuters) - La Réserve fédérale doit conserver son projet d‘un resserrement progressif de sa politique monétaire afin d‘éviter une surchauffe de l‘économie et des déséquilibres financiers, malgré l‘incertitude fiscale et politique qui nuit au climat des affaires, a déclaré jeudi Loretta Mester, présidente de la Fed de Cleveland.

La banque centrale américaine a relevé ses taux d‘intérêt deux fois cette année, et ses responsables ont laissé entendre en juin qu‘une nouvelle hausse était prévue cette année et trois autres l‘an prochain.

Une telle initiative serait une approche lente mais sûre pour resserrer la politique monétaire que la présidente de la Fed, Janet Yellen, a justifiée par l‘amélioration du marché du travail et la conviction que l‘inflation se redresserait à 2% au cours des deux prochaines années.

“Si les conditions économiques évoluent comme prévu, je crois que la poursuite de l‘abandon d‘une politique accommodante par une hausse graduelle du taux des fed funds sera nécessaire et contribuera à soutenir la croissance”, a déclaré Loretta Mester dans un discours préparé pour une conférence à Pittsburgh.

“Je considère cette cohérence comme positive en ce sens qu‘elle souligne notre approche systématique de la promotion de nos objectifs politiques et qu‘elle supprime l‘ambiguïté politique à un moment où l‘incertitude semble augmenter sur d‘autres fronts”.

Loretta Mester, qui retrouvera l‘an prochain un droit de vote aux réunions de politique monétaire, a réitéré plusieurs des prévisions qu‘elle avait données au cours des derniers mois, notamment la conviction que l‘économie américaine progressera à un rythme supérieur à 2% à long terme, un taux de chômage en dessous de 4,75% et un rebond de l‘inflation dans un an ou deux vers l‘objectif de 2% que s‘est fixé la Fed.

Elle a également noté que si l‘investissement et l‘activité des entreprises étaient des signes encourageants, “certains de (ses) contacts indiquaient que l‘incertitude croissante autour de la politique, notamment budgétaire, commençait à tempérer l‘élan d‘optimisme”.

Le président américain Donald Trump peine à transformer en réalité ses promesses de campagne allant d‘une réforme de fiscalité à l‘abrogation de l’“Obamacare”, le programme d‘assurance-maladie mis en place par son prédécesseur, Barack Obama.

Cela pèse sur le moral des investisseurs et entraîne une baisse de l‘investissement et des innovations qui pourraient affecter encore la croissance de la productivité, déjà très faible, a souligné Loretta Mester.

Elle a dit par ailleurs continuer à soutenir le projet de réduction du bilan de la Fed, qui avoisine 4.500 milliards de dollars (3.800 milliards d‘euros) après des années d‘achats de bons du Trésor et de prêts immobiliers titrisés dans le cadre de sa politique d‘assouplissement quantitatif (“quantitative easing”, QE).

Le projet, a-t-elle dit, a été bien annoncé à l‘avance et est tellement graduel qu‘elle n‘attend aucune augmentation importante des rendements à long terme.

Une fois enclenché, le processus de réduction du bilan ne sera pas réévalué à chaque réunion de politique monétaire comme c‘est le cas pour les décisions sur les taux d‘intérêt, a-t-elle ajouté plus tard, déclarant : “On voulait un plan nous permettant vraiment de dire ‘bon c‘est lancé et on n‘en parle plus’”. (Ann Saphir; Claude Chendjou pour le service français, édité par Véronique Tison)

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