7 septembre 2017 / 12:23 / dans 17 jours

LEAD 2-Macron plaide à Athènes pour une réforme ambitieuse de la zone euro

* “Avez-vous peur de l‘ambition ?”, demande Macron aux Européens

* Il devra convaincre Berlin pour créer un budget de la zone euro

* Il espère un accord l‘an prochain pour alléger la dette grecque (Actualisé avec conférence de presse et discours)

ATHENES, 7 septembre (Reuters) - Emmanuel Macron a plaidé jeudi à Athènes pour une réforme ambitieuse de la zone euro qui établirait davantage de solidarité entre ses membres et mettrait fin à une forme de “guerre civile”.

Le président français a répété qu‘il souhaitait la création d’“un vrai budget de la zone euro”, avec un ministre des Finances permanent et un contrôle démocratique.

Il devra, pour y parvenir, convaincre les dirigeants allemands, dont les propositions vont jusqu‘à présent bien moins loin et avec lesquels il prévoit d‘écrire une feuille de route de réformes européennes d‘ici la fin de l‘année.

“Il faut le maximum d‘ambition”, a-t-il dit au côté de son homologue Prokopios Pavlopoulos.

“Notre zone euro doit sortir d’une forme de guerre civile interne, où l’on regarde les petites différences.”

Avec le Premier ministre Alexis Tsipras, il a renouvelé son soutien à la Grèce, qui commence à sortir d‘une violente crise financière et économique qui a divisé l‘Europe, en faisant le lien avec les imperfections de la zone euro.

“A mes yeux, il s‘est toujours agi avant tout d‘une crise européenne”, a-t-il déclaré.

Emmanuel Macron précisera ses propositions après les législatives allemandes du 24 septembre, pour lesquelles la chancelière Angela Merkel est favorite. Il prévoit de le faire suffisamment tôt pour qu‘elles soient prises en compte dans les négociations d‘une future coalition gouvernementale à Berlin.

Il a souhaité que ce futur budget représente plusieurs centaines de milliards d‘euros et s‘accompagne d‘une capacité de lever de la dette en commun sur les marchés, dans un entretien publié la semaine dernière.

“AVEZ-VOUS PEUR ?”

Des responsables français confirment qu‘il faudra convaincre leurs partenaires allemands et espèrent que la réforme du droit du travail et les efforts pour ramener le déficit public sous la limite de 3% du PIB contribuent à prouver le sérieux de la France.

“Devons nous avoir peur de cette ambition extrême ?”, s‘est ensuite interrogé Emmanuel Macron lors d‘un discours en contrebas de l‘Acropole, en évoquant les fondateurs de l‘Union européenne. “Avez-vous peur de l‘ambition européenne ?”

Emmanuel Macron a évoqué une proposition du ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, à laquelle Angela Merkel a apporté son soutien, pour élargir le rôle du Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage de la zone euro. Mais en souhaitant aller plus loin.

“Nous devons en effet aller vers un Fonds monétaire européen - mais qui en rien ne se confond avec un budget”, a-t-il dit.

Il a souhaité que des “conventions démocratiques” sur les réformes de l‘Europe se tiennent au premier semestre 2018 dans les pays qui le souhaitent.

Le président français a parallèlement renouvelé son appel à un allègement du poids de la dette publique grecque, après le programme de soutien qui prendra fin à l‘été 2018.

Les discussions commenceront en janvier, a-t-il ajouté.

Il a souhaité que le Fonds monétaire international (FMI) agisse dans ces négociations avec “bonne foi et sans ajouter des conditionnalités supplémentaires”.

“J‘ai la certitude que nous saurons trouver avec le FMI un accord positif puisque la solution que nous défendons me paraît totalement compatible avec ce qui compte le plus pour le FMI et les membres de son board, c‘est-à-dire une situation crédible de sortie de crise”, a-t-il ajouté.

Le président français, qui voyage avec une quarantaine de chefs d‘entreprise, a évoqué la signature vendredi d‘accords sur l‘avenir du port de Thessalonique, des infrastructures, le numérique et l‘énergie.

Le PDG de Total, Patrick Pouyanné, a pour sa part dit s‘attendre à obtenir d‘ici la fin de l‘année le feu vert du Parlement grec en vue de l‘exploration pétrolière de la côte occidentale du pays. (Michel Rose à Athènes et Jean-Baptiste Vey à Paris, édité par Yves Clarisse)

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