29 août 2017 / 16:35 / il y a 3 mois

Le Medef presse Macron de ne pas "trembler" sur la réforme du travail

* Le gouvernement présente sa réforme du Code du travail jeudi

* Pierre Gattaz ne veut pas de “demi-mesures”

* Il demande à Macron une baisse des taxes sur la production

par Caroline Pailliez

JOUY-EN-JOSAS, Yvelines, 29 août (Reuters) - A deux jours de la présentation de la réforme du Code du travail, le président du Medef a exhorté mardi Emmanuel Macron à éviter les “demi-mesures” afin de créer “une dynamique de confiance” en France.

“Maintenant, on est au pied du mur. On est à 48 heures. C‘est extrêmement important que la main ne tremble pas”, a dit Pierre Gattaz à l‘ouverture de la 19e édition de l‘université d‘été de l‘organisation patronale, qui se tient à Jouy-en-Josas (Yvelines) jusqu‘à mercredi.

“Cette réforme, on a essayé de la faire avec la loi Rebsamen, ça n‘a pas marché, avec la loi El Khomri, ça n‘a pas marché. Emmanuel Macron a été élu avec ce programme (...). Est-ce qu‘on veut créer une dynamique de confiance et la garder ou est-ce qu‘on veut de nouveau faire des demi-mesures qui seront extrêmement décevantes?”, a-t-il ajouté.

Le gouvernement présentera jeudi les cinq ordonnances visant à réformer le Code du travail, après une ultime rencontre avec les partenaires sociaux.

Au programme: la redéfinition d‘une nouvelle articulation entre accords de branche et accords d‘entreprise, la simplification du dialogue social et la modification du régime juridique de la rupture du contrat de travail.

“Ce n‘est pas une réforme pour le Medef”, a dit Pierre Gattaz devant un parterre de dirigeants d‘entreprises. “C‘est pour la France, pour le pays, pour qu‘on reparte vers la croissance.”

Le patron du Medef dit surveiller de près la question du dialogue direct en entreprise en l‘absence de délégué syndical, principal point de friction entre les partenaires sociaux, qui n‘était pas encore tranché mardi. “C‘est un point vraiment important. J‘espère qu‘il y aura une solution. Parce que sinon on aura fait tout cela pour pas grand‘chose”.

PAS DE RIBAMBELLE D‘EXCEPTIONS

Il attend également d‘être fixé sur le plafond et le plancher des indemnités prud‘homales que le gouvernement souhaite encadrer pour “sécuriser” les relations de travail. Ce barème concerne les licenciements abusifs à l‘exception des cas de harcèlement et de discrimination.

“S‘ils sont positionnés pour être compatibles avec les TPE/PME, ce sera très bien”, a-t-il dit. “Mais si vous ajoutez toute une ribambelle d‘exceptions, (...) vous ruinez le principe.”

Pour que la réforme porte ses fruits, elle doit s‘accompagner d‘une réforme fiscale qui “s‘ancre dans la durée”, a estimé le président du Medef.

A ce titre, il salue la volonté d‘Emmanuel Macron de baisser le taux de l‘impôt sur les sociétés (IS) pour le ramener à 25% en 2022 et de réformer l‘impôt sur la fortune (ISF).

Mais il l‘exhorte à “s‘occuper des taxes de production”, comme la contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S), la cotisation foncière des entreprises (CFE) ou encore la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), qui ont augmenté “sournoisement de 10 à 20%” en quelques années.

“Une entreprise a besoin d‘avoir des marges restituées et un taux d‘impôts qui soit idéalement dans la moyenne européenne”, explique-t-il.

Il encourage encore le gouvernement à transformer le crédit d‘impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de charges, sous réserve que cela ne conduise pas à une augmentation du coût du travail, ce qui “serait absurde et contre-productif”. (Edité par Sophie Louet)

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