28 août 2017 / 21:45 / dans un mois

France-Gattaz encourage Macron à "ne rien lâcher" sur la réforme du Code du travail

PARIS, 28 août (Reuters) - Le président du Medef engage Emmanuel Macron à aller jusqu‘au bout de la réforme du Code du travail, estimant que le chef de l‘Etat doit profiter de la légitimité qu‘il tire des dernières élections et de la bonne conjoncture économique pour la mener à bien.

Dans un entretien à paraître mardi dans Le Parisien, Pierre Gattaz appelle également le président à concrétiser ses intentions dans le domaine de la fiscalité dès le budget 2018, qui sera présenté fin septembre.

L‘organisation patronale organise mardi après-midi et mercredi son université d‘été à Jouy-en-Josas (Yvelines), autour du thème “Confiance et croissance, l‘avenir c‘est la France !”.

A la veille de la présentation des cinq ordonnances qui formaliseront la réforme du Code du travail, prévue jeudi, ni Emmanuel Macron, ni son Premier ministre Edouard Philippe, ni la ministre du Travail Muriel Pénicaud n‘y assisteront.

Douze membres du gouvernement sont en revanche attendus sur le campus d‘HEC, dont les trois locataires de Bercy, Bruno Le Maire et son secrétaire d‘Etat Benjamin Griveaux (Economie et Finances), ainsi que Gérald Darmanin (Action et Comptes publics).

Alors que le chef de l‘Etat a vu sa cote de popularité reculer au cours de l‘été, Pierre Gattaz, qui affirme ne pas sentir “du tout de baisse de confiance de la part des chefs d’entreprise”, “l’encourage à aller au bout de la réforme du Code du travail” et à “surtout ne rien lâcher”.

“Il est légitime pour la mener à bien. Il l’a mille fois annoncée et cela a été confirmé par les élections présidentielle et législatives”, déclare Pierre Gattaz.

Si le président du Medef déclare comprendre que la perspective des réformes “ambitieuses” envisagées par Emmanuel Macron “suscite de la nervosité chez certains”, il estime que “toutes les planètes sont alignées pour engager cette réforme” du fait de l‘amélioration de la conjoncture économique.

Selon lui, “la France ne doit pas rater cette opportunité”, car elle risquerait alors de compromettre la confiance des chefs d‘entreprises et son attractivité à l‘égard des investisseurs étrangers.

Entre autres points susceptibles de faire échouer ce projet, le président du Medef évoque notamment la question de la négociation directe au sein des entreprises, principal point de friction, qui figure parmi les questions encore en suspens.

“Si ce verrou n’est pas levé, on passera à côté de la réforme”, dit-il.

Pierre Gattaz invite également le président de la République à “ancre(r) dans la durée sa réforme fiscale” dès le budget 2018, qui sera présenté le 27 septembre.

Il salue sa volonté de baisser le taux de l‘impôt sur les sociétés (IS) pour le ramener à 25% en 2022, de réformer l‘impôt sur la fortune (ISF), de mettre en place un prélèvement forfaitaire unique sur la fiscalité du capital et de transformer le crédit d‘impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de charges, sous réserve que cela ne conduise pas à une augmentation du coût du travail, ce qui “serait absurde et contre-productif”.

“Et surtout la baisse de la dépense publique parce que, si vous ne baissez pas le niveau de la mer, vous ne baisserez pas les impôts sur les ménages et les entreprises. Le niveau de la mer, c’est la dépense publique”, note-t-il. (Myriam Rivet, édité par Sophie Louet)

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