9 juillet 2017 / 17:37 / il y a un mois

LEAD 1-France-Bercy veut avancer vite sur les baisses d'impôt

* Le Maire veut concilier effort sur les dépenses et baisse d'impôts

* Face aux doutes, il affiche sa volonté d'aller vite

* Le calendrier n'est pas encore fixé définitivement, dit-il (Actualisé avec déclarations supplémentaires et source)

par Gwénaëlle Barzic, Michel Rose et Leigh Thomas

AIX-EN-PROVENCE, 9 juillet (Reuters) - Le ministre de l'Economie et des Finances s'est dit déterminé dimanche à mettre en oeuvre rapidement les réformes fiscales promises par Emmanuel Macron en dépit de contraintes budgétaires qui ont conduit l'exécutif à prévoir le report de certaines mesures.

Lors d'un déplacement aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, Bruno Le Maire s'est dit convaincu de la capacité de l'exécutif à mener de front baisse des impôts et réduction des dépenses publiques alors même que la France va devoir batailler pour contenir son déficit sous les 3%.

"Pour l'instant, aucune décision définitive n'a été arrêtée en matière de calendrier", a assuré le ministre devant des journalistes.

"Je suis convaincu qu'on peut à la fois (...) baisser les dépenses publiques et baisser les impôts pour les Français et pour les entreprises françaises (...) Je plaide auprès du Premier ministre, auprès du président de la République pour qu'on suive cette ligne-là".

Si les signaux sont favorables en termes de conjoncture économique , la partie s'annonce plus difficile sur le plan budgétaire.

Le gouvernement va devoir dégager quatre à cinq milliards d'euros d'économies sur le second semestre afin de tenir son engagement européen de ramener le déficit public sous le seuil de 3% du produit intérieur brut (PIB) en fin d'année.

LE MAIRE VEUT ALLER "VITE, LOIN ET FORT"

Et le casse-tête budgétaire va encore se compliquer en 2018, avec un objectif de stabiliser l'ensemble de la dépense publique, hors inflation, alors que les dépenses de l'Etat devraient progresser sous l'effet de décisions prises par le précédent gouvernement, comme le plan d'urgence pour l'emploi et les recrutements dans la police et l'armée, par exemple.

Cet impératif a déjà contraint l'exécutif à prévoir le report d'un an, à 2019, de la mise en oeuvre de la transformation du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse pérenne de cotisations sociales.

Lors de son discours de politique générale, début juillet, le Premier ministre Edouard Philippe a également annoncé que la suppression de la taxe d'habitation pour 80% des ménages n'interviendrait qu'après des discussions avec les collectivités locales.

Ces reports ont suscité des interrogations sur le rythme de la mise en oeuvre des réformes promises par le président face à un contexte budgétaire contraint.

"Il reste les deux blockbusters français - fiscalité et coût du travail - qui n'ont pas disparu", estime Jean-Frédéric de Leusse, président du directoire d'UBS France.

"Je pense qu'il y a encore des débats sur ce que seront les mesures fiscales du gouvernement et surtout s'il va faire un certain nombre de choses tout de suite ou s'il va attendre parce qu'il n'a pas d'argent".

Bruno Le Maire a affiché dans une interview diffusée en début de soirée sur BFMTV son souhait de voir un certain nombre de chantiers être lancés "l'année prochaine, dans la mesure du possible".

"Dès 2018, engageons le plus possible la baisse des impôts qu'attendent les Français", a-t-il déclaré, en plaidant également pour que l'allègement de la taxe d'habitation démarre "le plus vite possible".

La transformation du CICE en baisse pérenne de cotisations sociales représente "un coût qui est très élevé, c'est 20 milliards d'euros donc le faire tout de suite ça pèserait terriblement sur nos finances publiques", a-t-il expliqué mais "sur tous les autres sujets, la porte est ouverte à la discussion et ensuite à la décision."

La décision finale reviendra à l'Elysée et Matignon mais le ministre de l'Economie et des Finances a assuré que le président de la République, le Premier ministre et lui étaient "tous les trois sur la même ligne: il faut avancer loin, il faut avancer vite et il faut avancer fort."

Avec Myriam Rivet, édité par Jean-Philippe Lefief

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