9 juillet 2017 / 11:31 / dans 4 mois

LEAD 5-Irak-Haïdar al Abadi à Mossoul pour annoncer la "victoire"

(Actualisé avec réactions américaine et britannique)

par Stephen Kalin

MOSSOUL, Irak, 9 juillet (Reuters) - Le Premier ministre irakien, Haïdar al Abadi, s‘est rendu dimanche à Mossoul, dans le nord du pays, où il a annoncé la “victoire” des forces gouvernementales sur les djihadistes de l‘Etat islamique qui tenaient la ville depuis trois ans.

“Le commandant en chef des forces armées Haïdar al Abadi est arrivé dans la ville libérée de Mossoul et a félicité les combattants héroïques et le peuple irakien pour cette grande victoire”, lit-on dans un communiqué de ses services.

Les raids aériens et les échanges de tirs n‘ont pas pour autant cessé dans la vieille ville aux rues étroites, où des membres de l‘EI doivent être toujours retranchés.

Haïdar al Abadi a rencontré les officiers qui ont dirigé la bataille dans l‘ouest de Mossoul et doit toujours faire une proclamation officielle annonçant que la ville a été reconquise.

Selon son porte-parole, Saad al Hadithi, la reconquête ne sera pas proclamée tant que des djihadistes se trouveront à Mossoul.

Emmanuel Macron n‘en a pas moins salué dimanche la reprise de la ville et a rendu hommage aux forces locales qui ont permis, avec l‘aide de la coalition internationale, de chasser l‘EI.

“Mossoul libérée de Daech : hommage de la France à tous ceux, avec nos troupes, qui ont contribué à cette victoire”, écrit le chef de l‘Etat français sur son compte Twitter.

“Je félicite le Premier ministre Abadi et les forces irakiennes qui combattent un cruel adversaire avec beaucoup de bravoure et d‘abnégation”, dit quant à lui le secrétaire britannique à la Défense, Michael Fallon, dans un communiqué, tout en soulignant que les opérations militaires ne sont pas terminées.

“Ce mouvement barbare reste implanté à l‘ouest de l‘Euphrate et des opérations de nettoyage seront nécessaires à Mossoul et aux alentours en raison de la menace des engins explosifs improvisés”, ajoute-t-il.

A Washington, Michael Anton, porte-parole du Conseil de sécurité national, a jugé que la situation n‘était “pas réglée”.

Les troupes irakiennes avaient atteint dimanche en début de journée les berges du Tigre, dans la partie ouest de Mossoul, où se sont déroulés les derniers combats.

Acculés dans leurs derniers réduits, les djihadistes avaient dû recourir à des femmes kamikazes recrutées parmi les civils.

Une trentaine de djihadistes ont été tués en tentant de s‘enfuir à la nage par le Tigre, dimanche en début de journée, a déclaré le général Yahya Rassoul, porte-parole de l‘armée irakienne, à la télévision publique iranienne.

UN MILLIARD DE DOLLARS

Samedi encore, l‘EI jurait de “se battre jusqu‘à la mort” dans Mossoul.

Des milliers de civils souffrant de malnutrition, souvent blessés et traumatisés, ont émergé des ruines après l‘arrêt du gros des affrontements.

L‘EI s‘est emparé de Mossoul en juin 2014 à la faveur d‘une offensive éclair qui lui avait permis de prendre une grande partie du nord et de l‘ouest de l‘Irak, mais aussi de la Syrie voisine. C‘est dans la grande mosquée Al Nouri, dans la vieille ville de Mossoul, que le chef de l‘EI, Abou Bakr al Baghdadi, avait proclamé l‘instauration d‘un “califat” à cheval sur l‘Irak et la Syrie.

La reconquête de Mossoul a débuté à la mi-octobre 2016. En janvier dernier, après une centaine de jours de combats, la partie orientale de la ville est passée sous le contrôle de l‘armée, qui a lancé en février l‘attaque contre la partie à l‘ouest du Tigre.

Ces neuf mois d‘affrontements ont laissé des parties entières de la ville à l‘état de ruines, fait des milliers de morts parmi les civils et près d‘un million de déplacés.

Privé de ce centre - de loin la plus grande ville à être tombée sous le contrôle de l‘EI - les djihadistes ne sont plus maîtres, en Irak, que de zones désertiques à l‘ouest et au sud de Mossoul.

Après la reconquête de la grande mosquée Al Nouri, il y a une semaine, Haïdar al Abadi avait proclamé la fin du “faux Etat” des djihadistes.

Selon les Nations unies, la remise en état des infrastructures de base de la ville coûtera sans doute plus d‘un milliard de dollars. Dans certains des quartiers les plus touchés, pratiquement aucun bâtiment ne semble avoir échappé aux destructions et la densité des constructions dans Mossoul laisse penser que l‘ampleur des dévastations a peut-être été sous-estimée, déclarent des responsables de l‘Onu. (avec Maher Chmaytelli; Pierre Sérisier et Eric Faye pour le service français)

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