7 juillet 2017 / 18:27 / dans 3 mois

Le PDG de Total ne prend pas parti dans la crise avec le Qatar

AIX-EN-PROVENCE, 7 juillet (Reuters) - Le PDG de Total Patrick Pouyanné ne souhaite pas prendre parti dans la crise diplomatique qui oppose le Qatar à ses voisins du Golfe.

Le géant pétrolier français, qui est présent au Qatar depuis 1936, est l‘un des principaux actionnaires du gazoduc Dolphin Energy qui transporte du gaz naturel depuis le Qatar vers les Emirats arabes unis et Oman.

L‘Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l‘Egypte ont rompu le 5 juin leurs relations diplomatiques puis fermé toutes frontières aériennes, maritimes et terrestres avec le Qatar, qu‘ils accusent de liens avec le terrorisme et de rapprochement avec l‘Iran, des allégations que Doha réfute.

“Je suis qatari au Qatar, emirati aux Emirats, iranien en Iran. Je n‘ai pas à choisir entre ces pays”, a expliqué le PDG en anglais, en marge des rencontres économiques d‘Aix-en-Provence.

Le dirigeant a confirmé qu‘il se rendrait la semaine prochaine au Qatar où Total va prendre en charge l‘exploitation du gisement Al-Shaheen, le principal gisement pétrolier offshore du pays avec une production d‘environ 300.000 barils par jour.

Le groupe pétrolier avait remporté l‘an dernier un appel d‘offres pour prendre une participation aux côtés de la compagnie nationale Qatar Petroleum (QP).

“Un groupe comme Total, nous sommes là pour construire des ponts, pas des murs”, a-t-il ajouté en faisant valoir qu‘il existait par ailleurs une déconnection entre les tensions diplomatiques et les réalités économiques.

“Ils n‘ont pas utilisé les affaires pour aggraver les tensions. En particulier, la distribution de gaz, que nous possédons, entre le Qatar et Abou Dhabi fonctionne toujours”.

Total a par ailleurs fait son retour en Iran lundi dernier en signant un accord en vue de développer la phase 11 de South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel au monde, dans le cadre d‘un projet estimé dans sa première étape à quelque deux milliards de dollars.

Le français est ainsi devenu la première des majors pétrolières à signer un contrat en Iran depuis l‘accord conclu en juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances, qui encadre les activités nucléaires de la République islamique en échange d‘une levée ou d‘un allègement de sanctions commerciales.

Washington a toutefois récemment indiqué qu‘il pourrait durcir de nouveau les sanctions si Téhéran ne respectait pas les termes du protocole d‘accord sur le nucléaire iranien.

“Le contrat est signé. Nous respectons les règles internationales. Si ces règles devaient changer, nous nous adapterons”, a déclaré Patrick Pouyanné.

Gwénaëlle Barzic, Michel Rose et Mathieu Rosemain, édité par Jean-Michel Bélot

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