5 juillet 2017 / 17:33 / dans 4 mois

CORR OFFICIELLE-LEAD 1-Macron et Philippe face à un "difficile" défi budgétaire

(Correction officielle après précision de Matignon : l‘objectif n‘est pas de stabiliser la masse salariale mais de la maîtriser. Ajoute précision sur la stabilisation de l‘ensemble de la dépense publique §9)

* L‘exécutif veut stabiliser l‘ensemble de la dépense publique en 2018

* Pas d‘objectif annoncé de suppressions de postes

* L‘équation budgétaire s‘annonce compliquée

PARIS, 5 juillet (Reuters) - Le gouvernement est parfaitement conscient que les engagements pris en matières économique et budgétaire sont lourds et difficiles à atteindre, a déclaré mercredi le Premier ministre.

Edouard Philippe avait annoncé la veille que le gouvernement engagerait dans les deux prochaines années toutes les réformes fiscales promises pendant la campagne électorale par Emmanuel Macron, tout en réduisant le déficit public.

“L‘ensemble du gouvernement a parfaitement conscience de l‘ampleur de la tâche”, a-t-il dit mercredi lors de la première séance des questions au gouvernement à l‘Assemblée nationale.

Personne ne souhaite faire preuve de forfanterie et ne pense que ces engagements seront faciles à atteindre, a-t-il ajouté. “Nous savons qu‘ils sont lourds, nous savons qu‘ils seront difficiles à atteindre.”

Le chef du gouvernement a annoncé mardi dans son discours de politique générale que le déficit serait ramené sous la limite européenne de 3% du PIB fin 2017, comme la France s‘est engagée à le faire, malgré le risque de dépassement identifié par la Cour des comptes.

Pour y parvenir, des annulations de crédits seront décidées “dans les tout prochains jours”, a-t-il été acté mercredi lors du conseil des ministres.

Le Premier ministre a répété mercredi au Sénat qu‘il voulait une stabilité des dépenses publiques l‘an prochain par rapport à 2017, hors inflation.

“Le PIB augmentera, le niveau des dépenses restera identique”, a-t-il dit.

Son entourage a précisé que l‘ensemble de la dépense publique était bien concerné : les dépenses de l‘Etat, des collectivités locales et des administrations de sécurité sociale.

Il a dans le même temps souhaité que la masse salariale de l‘ensemble des fonctions publiques soit maîtrisée en 2018.

Dans son discours, il a dit vouloir une stabilisation de cette masse salariale en 2018 par rapport à 2017, et ce pour “l‘ensemble des administrations publiques, l‘ensemble des fonctions publiques”, mais son entourage a précisé qu‘il s‘agissait d‘une volonté de maîtrise et non de stabilisation.

“C‘est un objectif dont je sais bien qu‘il est difficile à atteindre”, a-t-il dit, invitant les exécutif locaux, dont le gouvernement ne gère pas les embauches, à suivre cette règle.

ÉQUATION COMPLEXE

Le Premier ministre a fixé mardi un double objectif : réduire le taux de dépense publique de 3 points de PIB sur le quinquennat, soit plus de 60 milliards d‘euros, et baisser le taux de prélèvements d‘un point, soit plus de 20 milliards.

Ces ajustements s‘annoncent complexes alors que le gouvernement veut dans le même temps lancer un plan d‘investissement de 50 milliards d‘euros et sortir de la procédure européenne de déficit excessif, ce qui impose de rester sous les 3% de déficit.

“Aucun ministère, aucun opérateur, aucune niche fiscale ne sera sanctuarisé. Partout nous chasserons la dépense inefficace et le saupoudrage de crédits”, a prévenu mardi Edouard Philippe.

C‘est dans ce contexte que la transformation du crédit d‘impôt compétitivité emploi (CICE) en baisse de cotisations sociales, qui entraînera un surcoût d‘environ 20 milliards pendant un an, aura lieu en 2019 et non en 2018.

La trajectoire prévisionnelle des finances publiques sera précisée dans la loi de programmation couvrant l‘ensemble du quinquennat, qui sera présentée après la pause estivale.

Interrogé mercredi sur les moyens que l‘exécutif compte mettre en oeuvre pour résoudre cette équation, le porte-parole du gouvernement n‘a guère apporté de précisions.

Sur la nécessité de réduire le nombre de fonctionnaires pour stopper l‘inflation de la masse salariale, Christophe Castaner a souligné qu‘il y aurait 570.000 départs à la retraite sur les cinq ans et précisé que le gouvernement ne se fixait pour l‘heure pas de ratio de non remplacement.

Le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, a déjà annoncé que le point d‘indice des fonctionnaires serait gelé, mais les rémunérations progressent selon d‘autres modalités.

Prié de dire si des missions ou des politiques publiques seraient confiées au secteur privé, Christophe Castaner a dit qu’“il n‘y a aucun dogme sur ce sujet et si on a des solutions plus rapides, plus efficaces et moins chères pour les contribuables, qui relèvent du privé, n‘ayons pas de dogme”.

Selon la Cour des comptes, il faudra pour atteindre la cible de 3% cette année confirmer les 2 à 3 milliards d‘euros d‘annulation de crédits effectuées par le précédent gouvernement et dégager 4 à 5 milliards supplémentaires au second semestre. (Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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