3 juillet 2017 / 12:14 / dans 3 mois

LEAD 1-Total fait son grand retour en Iran avec le contrat South Pars

(Actualisé avec précisions)

par Benjamin Mallet

PARIS, 3 juillet (Reuters) - Total a signé lundi un accord avec l‘Iran en vue de développer la phase 11 de South Pars, le plus grand gisement de gaz naturel au monde, dans le cadre d‘un projet estimé dans sa première étape à quelque deux milliards de dollars.

D‘une durée de 20 ans, ce projet, dont le coût total pourrait atteindre 4,8 milliards de dollars, avait fait l‘objet d‘un protocole d‘accord en novembre 2016 entre le groupe pétrolier français et NIOC, la compagnie nationale iranienne.

Conformément à ce protocole d‘accord, Total sera l‘opérateur du projet Pars Sud 11 et son actionnaire à 50,1%, aux côtés de Petropars, filiale de la NIOC (19,9%), et de la compagnie nationale chinoise CNPC (30%).

La production débutera 40 mois après la signature de l‘accord, a déclaré une source au ministère iranien du Pétrole.

Total avait déjà joué un rôle majeur en Iran dans les années 2000 en développant avec succès les phases 2 et 3 de South Pars, avant de quitter le pays après les sanctions prises à l‘encontre de Téhéran en raison de son programme nucléaire.

“Il s’agit d’un accord majeur pour Total, qui marque officiellement notre retour en Iran pour y écrire une nouvelle page dans l’histoire du partenariat que notre groupe a su tisser avec ce pays”, a souligné Patrick Pouyanné, PDG du groupe, dans un communiqué.

UN DÉVELOPPEMENT EN DEUX PHASES

Avec South Pars, en développement depuis les années 1990, le français est devenu la première des majors pétrolières à signer un contrat en Iran depuis l‘accord conclu en juillet 2015 entre Téhéran et les grandes puissances, qui encadre les activités nucléaires de la République islamique en échange d‘une levée ou d‘un allègement de sanctions commerciales.

Washington a toutefois récemment indiqué qu‘il pourrait durcir de nouveau les sanctions si Téhéran ne respectait pas les termes du protocole d‘accord sur le nucléaire iranien.

“Ça vaut la peine de prendre un risque d‘un milliard de dollars car c‘est un énorme marché. Nous sommes parfaitement conscients de certains risques. Nous avons pris en compte la possibilité d‘un revirement (sur les sanctions), nous devons tenir compte des changements de réglementation”, avait déclaré en juin Patrick Pouyanné à Reuters.

“Les exemptions américaines ont été renouvelées et elles le seront tous les six à huit mois. Nous devons vivre avec ce degré d‘incertitude”, avait-t-il ajouté.

Le développement de SP11 se fera en deux phases : la première, d’un montant estimé à deux milliards de dollars, verra le forage de 30 puits, la construction de deux plateformes et l’installation de deux lignes de connexion à des installations de traitement à terre déjà existantes.

Ultérieurement, lorsque cela sera rendu nécessaire par les conditions du gisement, une seconde phase d’investissement prévoit la mise en place d’installations de compression offshore, précise Total.

Le gaz produit sera exclusivement réservé au marché intérieur iranien, en plein croissance. Total ne serait pas rémunéré en cash mais en condensats, un pétrole léger qui est un sous-produit de la production de gaz.

Le communiqué de Total:

bit.ly/2sykJCi

Avec Bertrand Boucey, Bozorgmehr Sharafedin et Rania El Gamal, édité par Jean-Michel Bélot

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