3 juillet 2017 / 09:59 / il y a un mois

LEAD 2-EDF relève le coût du projet Hinkley Point, risque de retard

* Le coût relevé de £1,5 md, à £19,6 mds

* Risque de retard de 15 mois pour le réacteur n°1, 9 pour le n°2

* Le taux de rentabilité baisse, estimé à 8,5% pour EDF

* Pas d'impact sur le contrat avec le gouvernement britannique

* Bruno Le Maire demande un plan d'action d'ici fin juillet (Actualisé avec communiqué du ministre et Moody's)

par Benjamin Mallet

PARIS, 3 juillet (Reuters) - EDF a annoncé lundi estimer désormais à 19,6 milliards de livres sterling - 22,3 milliards d'euros environ au cours actuel - le coût à terminaison de la future centrale nucléaire britannique d'Hinkley Point, en hausse de 1,5 milliard, le projet risquant en outre de subir des retards.

Les surcoûts identifiés à l'issue d'une revue du projet résultent essentiellement d'une adaptation de son design à la demande des régulateurs, du volume et du séquencement des travaux sur site, et de la mise en place progressive des contrats fournisseurs, a précisé l'électricien public français dans un communiqué.

Le taux de rentabilité prévisionnel (TRI) du projet, qui prévoit deux réacteurs nucléaires de type EPR, est ainsi désormais estimé pour EDF à environ 8,5% contre environ 9% initialement.

Le groupe a évoqué le risque d'un retard du chantier - de 15 mois pour le réacteur n°1 et de 9 mois pour le n°2 - qui induirait un coût supplémentaire potentiel de l'ordre de 0,7 milliard de livres sterling 2015. Dans cette hypothèse le TRI pour EDF serait d'environ 8,2%.

"CONFORTER LE CALENDRIER"

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, dans un communiqué diffusé en début de soirée, a demandé à EDF de présenter en conseil d'administration avant la fin juillet un plan d'action pour la maîtrise du projet.

"L'Etat veillera à ce que ce plan d'action permette de conforter le calendrier du projet tel qu'il a été convenu avec les autorités britanniques", a-t-il notamment ajouté.

La direction du projet Hinkley Point est "mobilisé(e) sur l'objectif initial de livraison de la tranche 1 fin 2025, et sur l'identification et la mise en place des plans d'actions destinés à réduire les coûts et les risques", a dit EDF dans son communiqué.

EDF, qui a dans la même temps confirmé ses objectifs financiers, a ajouté que le premier béton de sûreté nucléaire du bâtiment de la tranche 1, prévu mi-2019, était confirmé "dès lors que le design définitif, dont le calendrier est tendu, aura bien été arrêté fin 2018".

"(La revue) était un processus prévu et parfaitement normal pour un projet de cette ampleur", a déclaré lors d'une conférence téléphonique Vincent de Rivaz, le directeur général de la filiale britannique d'EDF.

"Il n'y a aucune perspective liée à la revue qui puisse créer la moindre inquiétude en termes de conséquences sur le contrat avec le gouvernement britannique", a-t-il ajouté.

"Le projet sur le terrain avance bien et conformément au planning ; les équipes sont mobilisées et font du bon travail."

L'action EDF, avec un gain de 0,71%, a sous-performé le marché lundi à la Bourse de Paris, où l'indice CAC 40 s'est adjugé 1,47%.

L'agence de notation Moody's a estimé que les annonces d'EDF avaient "une incidence négative" sur le profil de crédit du groupe.

Ces annonces illustrent aussi les risques que posent, pour EDF et son partenaire China General Nuclear Power Corporation (CGN), la construction de cette centrale et la nécessité d'assumer les conséquences financières d'une très longue phase de construction durant laquelle cet investissement ne génère pas de trésorerie, a ajouté Moody's.

UN PROJET CLÉ POUR RELANCER LA FILIÈRE NUCLÉAIRE FRANÇAISE

Après des mois de négociations tendues, la Grande-Bretagne, la France et la Chine avaient signé en septembre 2016 le contrat de construction par EDF et le chinois CGN du projet Hinkley Point.

Une partie des syndicats d'EDF avaient demandé le report du projet Hinkley Point en estimant qu'il mettait en péril les finances de l'entreprise.

Le groupe français, qui détiendra 66,5% de la nouvelle centrale d'Hinkley Point au côté de CGN (33,5%), avait indiqué en mai 2016 que le projet comprenait une marge pour "scénarios extrêmes" qui pouvait augmenter son coût de 2,7 milliards de livres.

Hinkley Point est considéré comme un projet clé pour relancer la filière nucléaire française à l'international.

Quatre réacteurs de type EPR du groupe Areva sont en construction dans le monde : un en France à Flamanville (Manche) et un en Finlande, qui connaissent d'importants retards et surcoûts ; et deux en Chine, dont un au moins devrait être cette année le premier du genre à entrer en service.

La nouvelle centrale d'Hinkley Point, la première qui sera mise en chantier en Europe depuis la catastrophe de Fukushima en 2011 et la première en Grande-Bretagne depuis 1995, devrait produire suffisamment d'électricité pour environ six millions de foyers pendant une durée estimée à 60 ans.

En vertu d'un contrat conclu avec le gouvernement britannique, EDF bénéficiera d'un tarif garanti de rachat de l'électricité qui sera produite par la nouvelle centrale d'Hinkley Point, à 92,5 livres (105,4 euros) par mégawatt/heure pendant 35 ans.

Ce prix, nettement supérieur aux prix de marché actuels, est garanti dans le cadre d'un mécanisme ("contract for difference") prévoyant qu'EDF recevra un paiement complémentaire lorsque le prix de marché sera inférieur au tarif et qu'il devra rembourser un trop-perçu lorsque le prix du marché dépassera ce tarif.

Le communiqué d'EDF:

bit.ly/2t8iPag (Avec Dominique Rodriguez, édité par Benoît Van Overstraeten)

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